Promouvoir l'égalité et la diversité au travers du langage - OnisepTV : l’information pour l’orientation en vidéo
Promouvoir l'égalité et la diversité au travers du langage
Accompagnement des Equipes Educatives
Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans ce quatrième rendez-vous de l'Orientation organisé par l'ONISEP. Je suis Marie-Hélène Minot, responsable d'accompagnement pédagogique à l'ONISEP des Hauts-de-France. Nous sommes ravis d'accueillir aujourd'hui Pascal Gygax dont nous suivons avec intérêt et depuis longtemps les travaux. Pascal Gygax est psycholinguiste expérimental. Ses travaux portent sur les liens entre le langage, la pensée et les constructions sociales liées au genre. Il dirige l'équipe de psycholinguistique et de psychologie sociale appliquée à l'Université de Fribourg en Suisse. Enfin, en 2001, il a publié "Le cerveau pense-t-il au masculin ?" avec deux de ses collègues, Sandrine Zufferey et Ute Gabriel. Monsieur Gygax, bonjour, et au nom de l'ONISEP et de toutes les personnes derrière leur écran, merci d'être avec nous aujourd'hui. Alors concrètement, comment ça va se passer ? Nous allons passer environ une heure ensemble. Pendant les 40 premières minutes, M. Gygax, vous nous expliquerez, notamment, comment le cerveau traite les différents sens possibles du masculin et ensuite, si vous le voulez bien, vous répondrez aux questions de notre audience pendant environ 20 minutes. Cher public, pour proposer vos questions, vous pouvez utiliser le tchat qui est situé à droite de votre écran et je relaierai vos questions à M. Gygax. M. Gygax, c'est à vous. Bonjour. Voilà, merci. J'ai partagé mon écran. Tout fonctionne. Merci beaucoup pour cette invitation. Je suis vraiment heureux de vous présenter aujourd'hui nos travaux sur le langage et le genre. Et comme tout universitaire, j'ai promis que j'allais faire 40 minutes, mais je vais probablement faire à peu près une heure et demie, deux heures, mais c'est normal. Non, je plaisante. Je vais vraiment essayer de faire 40 minutes et je vais essayer, durant ces 40 minutes, de vous présenter le sujet de manière la plus complète possible. Avant qu'on parle de langage plus égalitaire ou avant qu'on parle également de langage inclusif, je vais d'abord asseoir un petit peu les fondements de ces questions-là, parce que je pense que les gens parfois oublient quelques éléments assez importants de notre société et de notre fonctionnement cognitif. Alors, pour commencer, avant de parler de langage et de genre, il est très important de définir deux concepts. Le premier concept à définir ici, c'est la notion de genre. Alors, la notion de genre, c'est une construction sociale. D'ailleurs, la notion de sexe, on pourrait également la voir différemment, mais le genre ici, c'est une construction sociale, c'est une fabrique sociale, qui finalement est assez étonnante en termes binaires en fait. Le genre, pour des psychologues, c'est une dimension qui est beaucoup plus intéressante à considérer dans un continuum et même peut-être dans un espace. Et j'aimerais que vous gardiez cette idée en tête ici parce que lorsqu'on parle d'écriture inclusive, lorsqu'on parle d'égalité, lorsqu'on parle de langage égalitaire, c'est important de considérer le genre autrement que par sa binarité. Alors aujourd'hui, dans ma présentation, je vais beaucoup parler de femmes et d'hommes, mais gardez toujours cette idée en tête de continuum. La deuxième chose, et j'hésite souvent dans mes présentations à présenter ça tout de suite, mais la deuxième chose, c'est quand même qu'on vit dans une société qu'on appelle androcentrée. Alors ça veut dire quoi ? C'est qu'on vit dans une société où tout tourne autour des hommes. Donc quand on regarde les habits, par exemple, et on parle de l'habit neutre, en fait l'habit neutre n'existe pas, c'est un habit qui a été stéréotypé masculin. Donc le tee-shirt, le pantalon avec des chaussures, c'est un habit finalement qui est masculin. On le voit, cet androcentrisme, partout, en fait, partout autour de vous. Vous le voyez dans les cours d'école, vous le voyez même dans la manière dont les cours d'école ont été construites. Elles ont été construites pour laisser plus de place aux garçons. On le voit également dans les classes, on le voit à la place qui est laissée aux garçons par rapport aux filles, à ce qu'on permet de faire aux garçons mais qu'on ne permet pas de faire aux filles. Et même, je vous invite vraiment à comprendre cet effet d'androcentrisme lorsque vous marchez dans la rue. Si vous êtes un homme, vous marchez dans la rue, vous croisez une femme et vous regardez qui c'est qui va se pousser en premier. Et on voit très bien ici que les garçons apprennent très vite à l'école à prendre l'espace, à prendre la place. Et on le voit bien sûr après, plus tard, dans les séances... je mets ma main au feu que vous avez été dans des séances où il y avait des hommes qui prenaient tout l'espace, toute la place, etc. Mais c'est presque normal puisque c'est comme ça qu'on nous a habitués, dès le plus jeune âge, dans cette société androcentrée. Alors pourquoi moi je parle d'androcentrisme ici ? Eh bien parce que le langage n'y a pas échappé. Le langage a été modelé en fonction de cet androcentrisme, on le verra aujourd'hui, mais le langage le nourrit aussi. Et moi aujourd'hui, je vais m'intéresser à des caractéristiques formelles de la langue, on va parler du genre grammatical, mais je vais également m'intéresser à ce que j'ai appelé certaines pratiques langagières. D'ailleurs, on va commencer par ces pratiques langagières et ensuite, on passera sur le genre grammatical. Alors, quand je dis pratiques langagières, j'utilise un terme un petit peu de manière très intuitive. Évidemment, le genre grammatical va également faire partie des pratiques langagières. Maintenant, ces pratiques langagières, elles sont importantes et je vais essayer de les recadrer toujours en fonction de l'éducation et surtout des aspirations aussi professionnelles des enfants. Ce qui est important ici, maintenant, avant de parler de langage, je vais encore définir un dernier concept, c'est le lien entre langage et pensée. S'il n'existe aucun lien entre langage et pensée, je peux m'arrêter ici. Je peux m'arrêter ici et puis on prend les questions et puis on parle de ce que je viens de dire jusqu'à maintenant. Maintenant, ce qui est intéressant, c'est que les anthropologues du début du XXe siècle, peut-être que vous les connaissez, Édouard Sapir et Benjamin Lee Whorf, se sont déjà intéressés à ce lien entre langage et pensée. Si vous avez lu George Orwell, "1984", vous avez connu cette hypothèse de Sapir, puisque George Orwell était complètement fasciné par ces anthropologues du début du XXe siècle. Pour George Orwell, dans son livre, c'est un régime totalitaire qui invente une langue qui s'appelle "Newspeak", ou "Novlangue" en français, et dans cette langue le mot "liberté" n'existe pas. Si le mot « liberté » n'existe pas, l'idée de George Orwell, c'est que les gens ne peuvent pas penser la liberté. Alors nous, à Fribourg, on travaille sur une idée un petit peu différente de ces anthropologues et de George Orwell. On travaille sur une idée que je vais illustrer par une petite expérience qu'on a faite avec mon collègue Michał Parzuchowski, à l'université de Sopot en Pologne. En fait, ce qu'on fait dans cette expérience, c'est qu'on s'approche, dans la librairie universitaire, on s'approche, dans la bibliothèque pardon, on s'approche de personnes qui travaillent à leur table et on dit :"voilà, vous venez de gagner 2 francs, on fête les 10 ans du département de psychologie, vous venez de gagner 2 francs". Les personnes nous regardent et on dit : "oui, on vous a tiré au sort, et puis voilà, 2 francs", et puis la pièce est collée sur un petit bout de papier. Sur le bout de papier, c'est écrit « Tiens, une pièce de 2 francs » ou bien « Tiens, une petite pièce de 2 francs ». C'est exactement la même pièce, c'est une pièce que tout le monde voit. Alors le mot « petit », il n'est pas en bleu, il est en bleu juste pour vous, pour voir la différence entre les deux phrases. Et ensuite, on revient trois minutes plus tard et on regarde à quel point les personnes sont contentes. Allant de 1, elles ne sont pas du tout contentes, à 9, elles sont très contentes. Et regardez ce qui se passe, les personnes qui ont reçu la pièce sont plus contentes que les personnes qui ont reçu la petite pièce. Alors on pourrait disserter longtemps pour savoir pourquoi on n'aime pas les choses qui sont petites, pourquoi quand vous êtes dans un restaurant, vous recevez une assiette et il n'y a pas beaucoup, et vous dites : « Oh là là, ça va vraiment, c'est nul ». Alors ça, c'est un autre débat. Ici, ce qui est intéressant pour nous, c'est que le langage offre un nombre limité d'options pour parler d'un monde illimité. Et du coup, le langage va attirer notre attention vers des propriétés du monde qui ne sont pas forcément pertinentes. Ici, le fait que cette pièce soit petite ou pas ne va absolument avoir aucune incidence sur cette pièce. Pourtant, ça va avoir une incidence sur comment les gens vont voir cette pièce et, ici même, sur leur humeur après par rapport à ce qui s'est passé. Alors gardez ça en tête, si vous gardez une seule chose en tête maintenant par rapport à vos pratiques langagières, par rapport à vos questionnements, gardez ça en tête parce que c'est vraiment un aspect qui est très très important ici, pour déterminer finalement le lien entre langage et pensée, et tout ce que je vais vous dire à partir de maintenant. Alors on va maintenant s'intéresser au langage et aux représentations du genre, surtout. Et on commence par ce que j'ai appelé ces pratiques quotidiennes ou l'usage de la langue. Ici, je vais diviser cet usage en deux parties. Une première partie que je vais appeler "contenu" et une autre partie que je vais appeler "forme". Alors, ici, ce sont des catégories que j'invente, moi ici, pour simplement illustrer mon propos. Lorsque je parle de contenu, je parle surtout des mots qu'on utilise et de leur sens. Et si je vous mets cette liste par exemple à l'écran, cette liste d'adjectifs, vous allez assez vite remarquer très vite, quels sont les mots qui sont habituellement associés à des filles ou des femmes et quels sont les mots qui sont habituellement associés à des hommes ou des garçons. Ce qui est intéressant maintenant par rapport à ces associations, c'est que dès le plus jeune âge, nous on commence à travailler avec des enfants à partir de 24 mois, de deux ans, on voit que ces associations sont récurrentes. En fait, les enfants sont exposés à ces associations, et du coup, ces associations vont devenir très fortes. Vous, en tant qu'adulte, c'est la même chose. Vous avez des associations qui sont très fortes, et du coup, quand vous allez chercher un adjectif pour parler d'une personne, c'est ces adjectifs-là, qui sont le plus souvent associés, qui vont apparaître plus facilement. C'est très simple, en fait. Mais le problème, c'est que vous allez vous-même les utiliser et du coup exposer les personnes qui sont autour de vous. Je vous invite à regarder les manuels scolaires qui existent encore à l'heure actuelle et vous verrez que ces associations sont très fortes. Donc on devient soi-même un véhicule de ces associations. Alors ensuite, ce qu'on voit également dans le sens des mots qu'on utilise et notre manière de nous adresser aux femmes et aux hommes, aux filles et aux garçons, c'est qu'on a tendance à infantiliser les femmes dans notre société. Encore une fois, on est dans une société androcentrée, qui tourne autour des hommes. Les femmes, pendant très longtemps, pendant beaucoup de siècles, n'ont pas eu de droits, aucun droit. Elles avaient autant de droits que les enfants, finalement. Et on voit que dans notre société, on continue d'infantiliser les femmes. Ici, c'est un titre d'un journal suisse, je peux le nommer, c'était un titre du "Temps", il y a deux ans, "Les filles de la Fed cup et les hommes de la Coupe Davis", donc ici on parle de tennis. On voit que cette infantilisation elle passe également par l'utilisation des prénoms. Et je vous invite même, vous, dans une prochaine séance, vous êtes avec des collègues que vous ne connaissez pas, regardez à quelle vitesse les gens vont commencer à utiliser le prénom des femmes, et par contre, le prénom des hommes prend beaucoup plus de temps à arriver. Et ça, c'est intéressant. Il y a un autre terme qu'on utilise également pour infantiliser, c'est le terme de "mademoiselle". Mais le terme de "mademoiselle", je vais en parler un petit peu plus tard parce qu'il me fascine tellement ce terme, que je vais en parler un petit peu plus tard. Le dernier point qui est assez important, c'est les questions qui sont posées. Ce n'est pas le dernier, les questions qui sont posées. Je vous invite à suivre un site qui est fascinant qui s'appelle "covertheathlete.com". [https://www.youtube.com/hashtag/covertheathlete] C'est un site où des journalistes sportifs et sportives ont commencé à poser des questions à des athlètes, et ont posé des questions à des hommes qui sont habituellement posées à des femmes, et vous pouvez voir la réaction de ces hommes par rapport à ces questions. Typiquement, « parlez-nous aujourd'hui de votre T-shirt, votre T-shirt a une très belle couleur, parlez-nous de votre T-shirt ». Et là, vous voyez un homme qui dit « mais pourquoi vous me posez cette question, c'est complètement débile ». Et en fait, ce qu'on voit, c'est que cette question pourtant est habituellement posée à des femmes dans ces domaines-là. Je m'arrête quand même sur ce dernier point ici. Encore une fois, les exemples qui sont donnés dans les manuels scolaires : on pense encore qu'à notre époque, on a changé ça, mais on le voit, les exemples qui sont donnés pour illustrer finalement des règles de grammaire, par exemple, sont des exemples qui sont encore très, très stéréotypés. Par exemple, là, j'ai pris un manuel scolaire ici de Fribourg : "quand il rentre du travail, papa lit le journal, maman fait de la cuisine", etc. Et on croit qu'on a dépassé ça, mais pas du tout, on y est encore. Et j'invite toujours les enseignantes et enseignants à en parler avec les élèves. Donc, on peut très bien le voir et on peut très bien en parler avec les élèves parce que c'est une bonne porte d'entrée pour discuter de la notion de stéréotype. OK. C'est assez difficile de changer les stéréotypes, il faut vraiment y être sensible, il faut essayer de voir ça. Ce que je dis souvent typiquement à des journalistes, je leur dis : "mais quand vous écrivez un texte sur une personne, quand vous avez terminé le texte, essayez de relire votre texte en changeant simplement le genre de la personne. Et vous regardez si votre texte vous semble un peu bizarre ou pas. S'il vous semble bizarre, c'est probablement parce que vous avez genré votre texte." Donc vous pouvez essayer au travers de cet exercice de changer cet aspect-là. L'autre aspect que je trouve fascinant également, on travaille dessus à l'Université de Fribourg, c'est l'ordre de mention. Quand on parle de deux éléments, par exemple d'une table et d'une chaise, on a tendance à utiliser un ordre qui est hiérarchique, en tout cas qui est sémantique, qui a du sens. Quand on parle d'objet, typiquement, on parle du plus grand en premier, du plus petit en deuxième. Quand on parle d'être humain, en fait, ce qui est intéressant, il y a également une hiérarchie. L'âge, par exemple, est un facteur de hiérarchie. On parle de mère et fille, de père et fils. Mais maintenant, quand on parle de genre, quand on parle de femmes et d'hommes, et là je le fais exprès, on a tendance à mettre les hommes en premier. Les exemples sont nombreux. D'ailleurs, on parle des hommes et des femmes. Vous pouvez essayer. Vous allez remarquer qu'on le fait. Les bureaux de l'égalité, ici en Suisse d'ailleurs, étaient les bureaux de l'égalité entre hommes et femmes. Donc vous pouvez regarder, vous pouvez voir cet ordre-là. « mari et femme », vous ne l'avez jamais entendu comme « femme et mari ». Et là, c'est intéressant ici, parce qu'il y a clairement une hiérarchie qui a été explicite. Ce n'est pas une théorie du complot. Le mari a été considéré comme la personne la plus importante du couple. Maintenant, ce qui est intéressant pour « mari et femme », c'est que le mari peut être un mari, mais peut également être un homme. D'accord ? C'est un mari, et des fois, c'est un homme. Tandis que le mot « femme », ici, le mot qui détermine son statut marital, se confond avec le terme qui la décrit elle-même. Et là, on voit qu'on a vraiment beaucoup de problèmes avec le statut marital des femmes dans notre société, encore à l'heure actuelle. Vous voyez, par exemple, la Sainte-Catherine. Je vous mets au défi de me dire quand, à quel moment, des hommes vont devoir s'humilier dans la rue, parce que ces hommes à 25 ans ne sont pas mariés. Et là, ça n'existe pas. Évidemment, il n'y a pas de pendant de ça. Il y a eu dans l'histoire des célibataires qui ont participé à la Sainte-Catherine, mais ces hommes devenaient du coup évidemment les rois de la Sainte-Catherine. L'autre élément qui est assez intéressant par rapport au statut marital, maintenant, je reviens sur ce "mademoiselle". Et typiquement, des gens me disent, souvent des gens qui sont plus âgés, qui disent : "bon, ouais, mais moi, ça m'embête "mademoiselle", j'utilise ça parce que voilà..." En même temps, je dis : "bon, si vous utilisez "mademoiselle" et vous tenez à utiliser "mademoiselle", alors utilisez son pendant masculin. La prochaine fois, vous commandez une bière ou un café au restaurant, et c'est un serveur, vous levez la main, et je vous invite à le faire, c'est hyper marrant comme expérience, vous dites : "damoiseau, est-ce que je pourrais avoir..., mon damoiseau, est-ce que je pourrais avoir une bière, s'il vous plaît ?" D'accord ? Alors là, vous me dites maintenant : "bon, mais cet ordre, c'est quoi l'impact de cet ordre ?" Et en fait, ce qui est intéressant, c'est réfléchissez maintenant aux couples que vous connaissez, que ce soit des couples hétérosexuels, homosexuels ou des couples lesbiens, c'est égal. Réfléchissez aux couples que vous connaissez autour de vous. La première personne que vous mentionnez, c'est une personne que vous mentionnez pratiquement toujours en premier. Et c'est celle qui vous est la plus importante. C'est celle que vous avez rencontrée en premier, qui vous est plus proche, etc. Mais vous remarquez, en réfléchissant à ça, que l'ordre n'est pas anodin. Et l'ordre, dans notre société, il est, en tout cas pour des personnes qu'on ne connaît pas, il est habituellement : homme en premier et femme en deuxième. Alors, vous le remarquez avec les prénoms. Moi, je termine l'exemple avant de parler du seul contre-exemple qui existe. Je vais vous parler d'Adam et Ève parce qu'Adam et Ève, ce qui est assez fascinant, c'est que vous n'avez jamais entendu parler d'Ève et Adam. Et c'est assez drôle parce que si vous le dites, c'est hyper bizarre en fait. On a l'impression qu'il y a un truc d'articulation qui ne va pas, alors que l'articulation d'Ève et Adam est plus facile qu'Adam et Ève. Donc ça, c'est assez intéressant ici. Mais ce qu'on voit, c'est que des peintres qui peignent Adam et Ève et qui parlent des langues qui vont de gauche à droite, ont tendance à peindre Adam à gauche et Ève à droite. Et des peintres qui parlent des langues qui vont de droite à gauche, comme le farsi, ont tendance à peindre Adam à droite et Ève à gauche. On voit que cet ordre hiérarchique, on le retrouve également dans l'espace. Et là, je vous invite aussi à aller regarder les manuels scolaires, aussi par rapport à ça. Il y a d'autres choses dans les images des manuels scolaires. Il y a également "actif", "passif", "qui est actif ?", "qui est passif ?", etc. Et on voit encore l'androcentrisme ici. Alors, je termine par le contre-exemple. Il y en a un qui nous vient du XVIIIe siècle d'ailleurs. Un seul contre-exemple, c'est : "Mesdames et Messieurs". "Mesdames et Messieurs", c'est le seul, en fait, et il vient d'une époque où les femmes n'ont absolument aucun droit, n'ont pas la possibilité de faire des études supérieures, etc., à moins de venir de familles très riches, etc. Donc, on voit que, finalement, "Mesdames et Messieurs" est arrivé d'une manière très paternaliste, en fait. Mon collègue parle de l'effet "titanique", c'est vraiment : "les femmes et les enfants d'abord". Mais c'est le seul exemple finalement qui est resté et qui est resté ancré. Il y a d'autres exemples qui ont un peu bougé : "père et mère", "mère et père" ont bougé, mais toujours pour des raisons stéréotypées, et encore une fois de statut. Voilà, je m'arrête sur ces usages parce que votre vie, votre quotidien va devenir déjà un cauchemar à cause de moi, vous allez déjà me détester. Mais maintenant, on va parler d'autre chose. Avant, je voudrais quand même juste terminer par rapport aux stéréotypes. C'est quand même important de souligner pourquoi ces stéréotypes sont problématiques, surtout en termes de compétences. Regardez ici, je vais vous montrer un tour de magie à l'écran. Et ce tour de magie, on l'a montré à des personnes à qui on a demandé de nous dire, allant de 1, "ce tour est nul" , à 7, "ce tour est vraiment très bien", "comment vous mettez..., quel score vous lui mettez ?" Et en fait, on montre 14 tours de magie comme celui-ci. Alors attention, je vais lancer le tour. Voilà. Pour moi, il est génial ce tour, mais peut-être pas pour vous. Mais ce qui est intéressant ici, c'est qu'en fait, la magie est un domaine stéréotypé masculin pour différentes raisons. Les premières femmes qui faisaient de la magie aux 14, 15, 16e [siècles] sont brûlées, donc ça, c'est clair. Les femmes reviennent dans la magie par Houdini, mais comme les... ... j'aime bien, je fais le geste ici, les assistantes, comme ça. Mais ce qui est intéressant, c'est qu'à la moitié des personnes, on leur a dit que : "ce tour que vous venez de voir, c'est Nathalie qui nous l'a envoyé en vidéo pour qu'on puisse l'évaluer". Et à la moitié, on a dit : "c'est Nicolas qui nous l'a envoyé pour l'évaluer". C'est la même vidéo. Et puis, en fait, ce qu'on voit, c'est quand on dit que c'est Nathalie, le tour est moins bien. Les gens l'évaluent comme étant moins bien que quand c'est Nicolas. Donc ici on voit le poids du stéréotype sur notre propre perception de la compétence. Réfléchissez en termes professionnels ici. Alors nous, on a mis quand même une sorte de cadre ici, parce que c'est important ce cadre, de dire : "est-ce qu'on est capable d'évaluer la compétence d'une personne, dans un domaine pour lequel cette personne n'appartient pas au genre stéréotypé ?" Et là, ça, c'est une question qu'il faut se poser. Et ici, on le montre ici que non, finalement, on n'est pas forcément capable de le faire puisque notre évaluation de compétences est complètement biaisée par les stéréotypes qui sont attribués à ce domaine-là. Voilà, je m'arrête sur les stéréotypes. Maintenant, on va passer sur une partie plus formelle du langage et on va s'intéresser ici à cette question : "le politicien a demandé aux collégiens de porter le masque en classe". Totalement au hasard, un exemple totalement au hasard, pas du tout en contexte quand même. Mais ici, ce qui est fascinant, et je vais vous le présenter vraiment comme ça. Pour nous, en psycholinguistique, en psychologie du langage, cette phrase est fascinante. Pourquoi elle est fascinante ? Alors pourquoi ? Parce qu'il y a ici une marque grammaticale masculine, cette forme masculine : "le politicien" et "aux collégiens". Alors pourquoi c'est fascinant pour des psychologues ? C'est fascinant parce que c'est ambigu. C'est ambigu. Et l'ambiguïté, ça nous fascine. Évidemment, pour des psychologues, l'ambiguïté fascine toujours. Mais ici, pourquoi c'est ambigu ? Parce que la forme masculine peut avoir plusieurs sens. Un sens qu'on appelle "le sens spécifique". Ici, "le politicien" est un homme, "les collégiens" sont tous des garçons. Cette interprétation est tout à fait possible. Il n'y a absolument rien dans cette phrase qui nous dit que ce n'est pas possible. Par contre, cette forme masculine peut avoir un autre sens qu'on appelle "le sens générique". Maintenant, ce sens générique, il peut avoir plusieurs sens. Il peut tout d'abord avoir "un sens neutre". D'accord ? Alors maintenant, juste, je trouve intéressant ce "sens neutre". Ça veut dire quoi, en fait, "un sens neutre" ? Par exemple, "le politicien" : ça veut dire que c'est une personne androgyne dont vous ne connaissez pas le genre, ou bien c'est neutre, ça veut dire que le cerveau ne va simplement pas y mettre..., ne va rien mettre dessus, parce qu'on ne sait pas, en fait. Est-ce que ça veut dire ça, "neutre" ou "neutre" ? Ça veut dire une personne dont on ne connaît pas le genre. Mais moi, je vais vous demander ça, juste pendant deux secondes. Réfléchissez, pensez dans votre tête à une personne... Imaginez une personne dont vous ne connaissez pas le genre. Et en fait, c'est très intéressant. Nous, on l'a fait à Fribourg. En fait, si vous montrez ça rapidement, faites ce soir, vous dessinez une tête d'une personne dont on ne connaît pas le genre et vous demandez à quelqu'un de vous dire le plus rapidement possible quel est son genre. Et la personne ne va pas vous dire : "c'est neutre". Elle va vous dire : "c'est un homme". En fait, il y a beaucoup de raisons pour lesquelles c'est le cas. Mais la question se pose toujours pour moi, en termes conceptuels. Que veut dire neutre, en fait ? L'autre sens, le sens mixte, c'est celui qui est plus adapté, évidemment, au pluriel. Ici, [l'expression] "les collégiens" serait un sens mixte. Ça veut pouvoir vouloir dire beaucoup de choses. Ça peut vouloir dire : 1 garçon, 50 filles. Ça peut vouloir dire : 1 fille, 50 garçons. Ça peut aussi vouloir dire : 50 %, 50 %. Bon, imaginons qu'on garde 50 %, 50 % juste pour faciliter la discussion. Mais quand même, imaginez, on a un cerveau qui est économiste. Alors je vais le dire, je ne veux pas vous vexer, c'est votre cerveau, mais c'est le mien aussi. On a des cerveaux, un cerveau qui est paresseux. Il est paresseux, notre cerveau, il n'a pas envie de faire ce travail, il n'a pas envie de ramer derrière pour savoir de quel sens il s'agit. Il va aller au plus facile. On pourrait se dire qu'il ne va pas le faire, il ne va peut-être pas le faire, il va peut-être laisser le flou, il va laisser l'ambiguïté jusqu'à ce qu'il ait une information pour résoudre cette ambiguïté. Eh bien non ! Si vous regardez le ciel suffisamment longtemps, vous regardez les nuages suffisamment longtemps, Vous allez y voir apparaître une forme. Votre cerveau va essayer de résoudre cette ambiguïté. Vous allez peut-être voir Jean-Claude Killy. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit "Jean-Claude Killy", mais ça, c'est peut-être un autre problème. Ce n'est peut-être pas un problème, je ne sais pas. Mais vous allez y voir une forme. Donc ici, on peut se poser la question : comment le cerveau va gérer cette ambiguïté et quel est le sens que le cerveau va prioriser ? Quel est le sens que le cerveau va prendre en premier ? Alors, je fais une petite pause historique ici, parce que c'est important, avant de passer à la suite de la psychologie. Ici, je fais une petite pause quand même par rapport à ce masculin. Ce masculin n'a pas toujours eu cette valeur par défaut ou cette valeur qui l'emporte. Le français a vécu plusieurs vagues de masculinisation, dont certaines peut-être moins intéressantes en termes psychologiques. Par exemple, au moment où le français, l'usage commence à devenir « il pleut » au lieu de « ça pleut ». Alors, on voit qu'en anglais, on continue de dire : "ça pleut, it rains", mais en français à partir du 13e, 14e [siècle], on dit : "il pleut". Mais nous, ce n'est pas cette vague qui nous intéresse, nous, la vague qui nous intéresse, c'est celle du 17e [siècle]. Alors pourquoi le 17e ? Parce qu'au 17e, des termes comme : une autrice, une mairesse, une médecine, une compositrice, une philosophesse, etc. Ce sont des termes qui existent, ... une poétesse..., ce sont des termes qui existent. Alors c'est plus difficile pour les femmes, de toute façon à cette époque, puisque depuis le XVe, les femmes n'ont pas accès à l'éducation supérieure, mais c'est plus difficile, mais ces termes existent. Et dans ces premières versions de dictionnaires, l'Académie française décide de les retirer. D'accord ? Alors c'est le terme « autrice » probablement qui a posé le plus de problèmes, parce qu'à ce moment-là, il y a des femmes qui écrivent, qui commencent à être lues. Et ces femmes, quand même, posent un peu des problèmes, et l'Académie décide de les retirer du dictionnaire. Mais ce n'est pas du tout caché, c'est pour signaler aux femmes que ces métiers sont réservés aux hommes. « Boulangère » n'a jamais disparu du dictionnaire, c'est important ça. Donc ça c'est intéressant, on voit ici ça, et en même temps, on voit des règles grammaticales qui vont changer. Donc typiquement jusqu'au 17ème, certaines règles comme : l'accord de proximité, l'accord de choix, l'accord en nombre, sont des accords qui existent pour les déterminants, les attributs, les adjectifs, les participes passés. Maintenant, à ce moment-là, les grammairiens, de Port-Royal notamment, décident de ne garder que l'accord masculin, donc d'éliminer les autres. Pourquoi ? Parce que le mâle est plus noble que la femelle. C'est Nicolas Beauzée qui le dit au XVIIIe, mais c'est important au XIXe. C'est important de voir ça. Maintenant, ce qui est intéressant, c'est que ce n'est pas seulement en français. En anglais, la même chose arrive pour le "they" singulier. "This person came out of the room. They seemed very happy."
Donc le "they" singulier était utilisé lorsqu'on ne connaissait pas le genre de la personne. Et à ce moment-là, les grammairiens en Angleterre et aux États-Unis, au XIXe, pardon, plus tard, décident de prendre le "il" générique, "he" générique, "because males are worthier than females". Et c'est intéressant parce que ce "il" générique n'a pas tenu, en fait, puisque depuis la fin des années 1990, depuis la fin du XXe, vers les années 2000, ce "il" générique, on ne le voit plus. On ne le voit plus, il a été remplacé très vite par "he or she". Et maintenant, le "they" singulier, qui avait disparu à la fin du 19e, est revenu en force. Donc ça, c'est assez intéressant ici. Pour terminer ici, c'est ma petite partie historique. Je vous invite à lire Eliane Viennot, qui est bien plus qualifiée que moi, pour parler de cette partie-là. Mais je vais vous montrer une caricature de Nicolas Beauzée, du 19e, sur la caricature d'une écrivaine. Voilà comment on considérait une écrivaine à l'époque. Alors regardez ici, on voit maintenant, si une femme commence à écrire, c'est vraiment ici ce qu'on dit finalement, ce qu'on exprime pour ces femmes : "si les femmes commencent à écrire, voilà ce qui va se passer : qui va s'occuper des enfants et qui va s'occuper du ménage ?" Donc on voit très bien les rôles qui sont attribués ici et pourquoi ces vagues de masculinisation se sont gentiment mises en place. Ce qui est intéressant, c'est qu'en 2021, j'aimerais tellement pouvoir dire que ça, ça a changé. Mais en fait, avoir les dernières rotations ici en Suisse sur le congé paternité, les choses n'ont pas beaucoup évolué. En tout cas, ici en Suisse, ça, c'est sûr. Bon, je m'arrête pour cette partie historique. Et maintenant, je reviens sur la psychologie. Alors juste, si vous êtes intéressés par ces questions de français et surtout sur l'évolution du français, par rapport à ce que je viens de dire et par rapport à ce que je vais dire après, je vous invite à lire ces livres-ci, soit d'Eliane Viennot, de Christophe Benzitoun ou de Maria Candea et Laélia Véron. Ou, si vous n'avez pas le temps de lire ces livres, je vous invite déjà au moins à écouter Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, « La faute d'orthographe", c'est 17 minutes, c'est un "TEDx Talks" à Nantes, qui est très intéressant sur l'évolution du français. Voilà, là je m'arrête sur cette question-là et je reviens maintenant à la psychologie. Donc la question maintenant est de se dire : comment nos enfants apprennent cette règle ? Comment on apprend cette règle ? Et surtout, moi, ce qui m'intéresse, c'est la séquence d'apprentissage. En fait, ce qui est intéressant, la règle de l'interprétation du masculin, c'est que le genre grammatical, on l'apprend de cette manière-là. Pour des êtres inanimés, comme "une table" ou "un verre", le genre grammatical est aléatoire. Pour des personnes qui arrivent en Suisse, c'est vraiment difficile parce qu'ils parlent une langue qui n'a pas de genre grammatical, parce qu'évidemment, par exemple, en français, c'est "le soleil", en allemand, c'est "die Sonne", donc le genre grammatical change. Après, on vous dit : "après-midi", puis vous vous dites : "je ne suis pas très sûr, en fait, du genre grammatical", etc. Mais c'est aléatoire. Par contre, on vous dit : "si vous parlez d'une fille ou d'une femme, vous utilisez le féminin. Si vous parlez d'un homme ou d'un garçon, vous utilisez le masculin." Alors évidemment, les enfants apprennent cette règle-là, de l'interprétation spécifique, bien avant l'entrée à l'école. Une fille, vous lui dites : « dis donc, toi, t'es courageuse », vous ne lui dites pas : « dis donc, toi, t'es courageux », vous utilisez le féminin. Cette fille apprend que quand on parle d'elle, on utilise le féminin. Quand on parle de l'autre, du garçon qui est à côté, on va utiliser le masculin. C'est seulement plus tard, alors ça dépend des pays, ça dépend des contextes, mais c'est quand même plus tard qu'on apprend formellement la règle de l'interprétation, d'une interprétation en tout cas générique du masculin. Et on l'apprend de cette manière-là : "si vous parlez d'un groupe de garçons ou d'hommes, vous utilisez le masculin". Je vous donnerai l'exemple après. "Si vous parlez d'un groupe de femmes ou de filles, vous utilisez le féminin". Dans le manuel scolaire ici à Fribourg, il y a encore l'exemple, je devrais vérifier encore, je ne suis pas sûr si la nouvelle édition a gardé cet exemple, mais il y a par exemple pour une fille ou une femme, on dit : "une actrice". Pour un homme ou un garçon, on dit : "un directeur". C'est intéressant ici, on rajoute une petite couche de stéréotypes sur l'apprentissage de la règle grammaticale. Et regardez bien maintenant votre écran parce que ça va aller très vite et c'est une animation de folie. Et vous allez remarquer qu'à l'Université de Fribourg, on met des moyens impressionnants dans nos présentations. Attention, c'est comme ça qu'on apprend la règle. Attention. Bing ! J'espère que vous l'avez vu, ça m'a pris du temps pour faire ça. Mais voilà. Et là, on vous dit : "tout le groupe passe au masculin". Alors, la règle, on l'enseigne avec les termes de : "le masculin l'emporte", "le masculin domine", etc. Là, je caricature un peu. Mais quand même, quand même, c'est intéressant de voir ces règles-là. Et je sais qu'il y a un collectif d'enseignantes et d'enseignants en France, et peut-être qu'il y a des personnes ici qui appartiennent à ce collectif, qui ont décidé de ne plus l'enseigner, cette règle-là, de ne plus dire : "la règle l'emporte", "le masculin l'emporte", et d'utiliser l'accord de proximité aussi, qui est un accord qui a existé pendant très longtemps, et qui, d'ailleurs, n'a jamais disparu et qu'on retrouve dans "Le Bon Usage" de Maurice Grevisse également. On pourra en reparler dans la discussion, si vous voulez, de cet accord de proximité. Donc nous, ce qui nous intéresse finalement, c'est de dire :" bon, voilà comment la séquence d'apprentissage arrive et du coup, comment en termes psychologiques, comment on va gérer cette ambiguïté au travers de cet apprentissage séquentiel". Je vais vous montrer notre première expérience ici, une des premières qu'on a faite avec ma collègue Ute Gabriel et d'autres. Et cette première expérience, elle est importante parce que à ce moment-là, on a deux hypothèses. On a une hypothèse qui va plutôt dans le sens d'une interprétation générique et une hypothèse qui va plutôt dans le sens de l'interprétation spécifique. Dans le groupe, ici, on est cinq personnes, nous n'étions pas d'accord par rapport à ces hypothèses, par rapport à laquelle, finalement, prioriser. Donc, on a les deux hypothèses ici. Dans cette expérience, ce qu'on fait, c'est qu'on présente des phrases comme celle-ci : "Les musiciens sortirent de la cafétéria." On fait l'expérience en français et en anglais. On l'a aussi faite en allemand. Et ensuite on a une phrase comme celle-ci « À cause du temps nuageux, une des femmes avait un parapluie ». En psychologie, on peut faire beaucoup de choses. On peut mesurer le temps de lecture, on peut regarder l'activité électrique de votre cerveau quand vous lisez la deuxième phrase. On peut faire de l'imagerie mentale, utiliser des appareils très chers pour regarder ce qui se passe dans cette deuxième phrase. À Fribourg, on ne peut pas parce qu'on met tous nos moyens dans nos présentations. Mais du coup, ici, dans cette expérience, ce qu'on fait, c'est qu'on demande aux gens simplement de nous dire : "est-ce que cette deuxième phrase est une suite possible de la première ?" Grammaticalement la réponse est "oui", en fait, ici, en anglais comme en français. Dans l'expérience, il y a une centaine de paires comme ça, et il y a des phrases où ce n'est pas possible. Si vous dites « les rois sortirent du château à cause du temps nuageux, une des femmes avait un manteau », ce n'est pas possible, si en tout cas on lit « une des femmes avec les rois ». Donc ici, on va s'intéresser aux résultats, au nombre, aux réponses "oui, cette deuxième phrase est possible". Dans la première, il y a des stéréotypes masculins, des termes sans stéréotypes comme "musiciens", des termes stéréotypes et féminins comme "esthéticiens". On a dans la deuxième phrase soit une mention d'un homme, soit la mention d'une femme. Regardez ce qui se passe en anglais. En anglais, vous avez le graphique maintenant, les stéréotypes féminins comme "nurse", stéréotypes masculins comme "mechanics", sans stéréotypes comme "musicians", le pourcentage de "oui" à une des femmes ou un des hommes. Regardez ce qui se passe en anglais, c'est que pour les paires où normalement la réponse devrait être "oui" en fait, il n'y a rien grammaticalement qui nous dit que la réponse ne peut pas être positive. Ce qu'on voit en anglais, c'est que les gens ont plus de peine à dire "oui" lorsque la personne représentée dans la deuxième phrase ne correspond pas au stéréotype qui a été activé dans la première phrase. Quand il n'y a pas de stéréotype, c'est la même chose. Donc en fait, les gens ont de la peine à dire "oui" quand c'est un homme qui suit une phrase qui parle de "nurse", quand c'est une femme qui suit une phrase qui parle de "mechanics". Par contre, sans stéréotype, on n'a pas d'effet. Regardez ce qui se passe en français maintenant. Vous avez le même graphique ici. Les stéréotypes en bas. Une des femmes, un des hommes et le pourcentage de "oui". Regardez ce qui se passe. J'aime bien faire un petit temps d'attente ici, ça fait un petit suspense comme ça, comme une enquête. Et regarder ce qui se passe, en fait, c'est intéressant. C'est que quel que soit le stéréotype, les personnes interrogées ont toujours plus de peine à dire "oui" lorsque c'est une femme qui suit la phrase qui est introduite par un masculin. Maintenant, ce résultat nous a quand même pas mal étonnés au départ. Ce résultat nous a étonnés. Et on a fait énormément d'études. Alors, on n'est pas les seuls. Il y a d'autres laboratoires qui ont également testé ça. C'est très rare en psychologie. Il n'y a absolument aucune controverse sur cet effet, que ce soit en français ou dans d'autres langues. Nous avons fait partie à Fribourg d'un consortium de 11 laboratoires, en Europe. Et cet effet-là, il est incroyable à tel point il est solide. On a même des expériences, je ne vais pas vous montrer ici, je n'ai pas le temps malheureusement, on a des expériences où on essaye de pousser, de forcer les gens à voir le masculin comme une valeur générique. Alors évidemment, on ne fait pas des chocs électriques, on n'a plus le droit de faire ça, on le faisait dans les années 70, les années 70, pardon. Mais enfin, ce n'est pas bien, c'est bien qu'on ait arrêté ces chocs électriques. Mais du coup, on a vraiment essayé beaucoup de choses. Et en fait, l'activation "masculin égal homme", c'est une activation spontanée. On appelle ça un mécanisme de résonance. Donc, c'est passif. Vous ne pouvez rien faire. Et nous, on a un modèle qui explique pourquoi ce mécanisme est autant fort pourquoi c'est autant difficile pour notre système de quitter ce "masculin égal homme". Alors maintenant, juste pour terminer ma présentation, je vais quand même parler un petit peu des implications que ça peut avoir. Alors une première implication, et ça c'est important, c'est que la représentation du genre est automatique. Donc quand on parle d'êtres humains, où on réfléchit à des êtres humains, on a tendance à se représenter le genre de manière automatique. Pour diverses raisons, on est dans une société où on pense le genre comme étant une catégorie saillante, alors que dans, je dirais, 99% de cas, elle n'est pas du tout pertinente. Dans le langage, quand il y a une marque grammaticale, et cette marque grammaticale a la règle qu'on a en français, "homme" est activé de manière passive. Quand je dis passive, c'est que vous ne pouvez rien faire par rapport à ça. On ne peut rien faire. "Homme" va être activé parce que c'est le plus facile, parce qu'on l'a appris plus tôt, parce qu'on y est exposé beaucoup plus, etc. "Femme" peut être activée avec le masculin, mais difficilement et sans jamais supplanter la première activation qui est la plus rapide, qui prend à peu près 200 millisecondes. Maintenant, s'il n'y a pas de marque grammaticale dans des langues comme le finnois, le genre va être basé sur les stéréotypes. Donc ici, en termes de contraintes, de limitations de société, on a une forme grammaticale ici qui va soutenir, qui va générer un prisme masculin, ou une représentation basée sur des stéréotypes. Donc on est quand même dans quelque chose d'assez contraignant pour nos enfants. Et ça, c'est important ici. Nous, à Fribourg, on travaille beaucoup sur les aspirations professionnelles. Et par exemple, dans cette étude avec mon collègue Dries Vervecken en Belgique, on est allé présenter des métiers à des élèves entre 14 ans et 17 ans. Et à ces élèves, on présente à la moitié des élèves, on ne présente les métiers qu'au masculin et à l'autre moitié, on présente au féminin et au masculin. Donc, on utilise ce qu'on appelle en français des doublets. Et en fait, ce qui est intéressant, c'est que la représentation, elle change. Alors, pour les termes stéréotypés masculins, les enfants perçoivent plus de succès pour les femmes lorsque les métiers sont présentés au féminin et au masculin. Pour les métiers sans stéréotypes, la même chose, plus de succès pour ces métiers-là. Pour les métiers stéréotypés féminins comme "infirmière" ou "infirmier", là on voit que même quand on le présente au masculin, les enfants pensent que les femmes ont plus de chances de réussite. Par contre, quand on présente avec les doublets, on voit que là, les chances de succès commencent à s'équilibrer entre les femmes et les hommes. Et c'est intéressant de se poser la question : "pourquoi ici on présente en doublet et les enfants voient quand même le métier de manière plus large ?" Alors, pour l'instant, nous, on a un projet très important ici, enfin très important, je veux dire très large, très grand, sur la représentation des métiers. On ne s'arrête plus maintenant à la perception du succès. On essaye de voir si ça change aussi la manière dont les enfants se projettent dans ces métiers. "Est-ce que moi, je me sentirais bien dans ce métier ?" "Est-ce que je pense que si je fais ce métier, les gens autour de moi vont m'apprécier ?", par exemple. Et ça, c'est important parce que les enfants ont beau peut-être se représenter le succès de manière très stéréotypée ou très masculine suivant le genre grammatical, mais la question se pose, c'est : "est-ce qu'on peut maintenant, grâce au langage notamment, changer la manière, l'intérêt de ces enfants pour ces métiers ?" Et on a même une expérience qu'on va faire où l'enfant, on lui présente des métiers, les élèves de 12 à 18 ans cette fois, et en fait, ensuite, les enfants peuvent avoir plus d'informations sur les métiers. Donc, qu'est-ce qu'on va suivre comme filière, qu'est-ce qu'on doit faire comme formation, etc. Et notre mesure va être le nombre d'informations qui vont être demandées par rapport à la présentation des métiers. Et ça, c'est ce qui nous intéresse. Maintenant, c'est d'aller un peu plus loin par rapport à ces implications. Alors une grande partie de ce qu'on a fait, aussi par rapport aux enfants, et là par rapport aux enfants même plus jeunes, c'est la visibilité des femmes en fait. On a beaucoup travaillé sur la visibilité des femmes, qu'on a liée, nous, à l'identité sociale, en fait. Et là, je donne toujours le même exemple, mais si vous dites à une fille de 9 ans : "le métier de chirurgien est génial" ou vous lui dites : "le métier de chirurgienne est génial". Vous n'avez franchement pas besoin d'avoir fait 15 ans de recherche avec nous à Fribourg pour vous dire que peut-être, que la fille va considérer ce métier différemment et va considérer ce que vous venez de dire de manière différente. Et surtout les filles. Alors nous, on a remarqué, pas par rapport au fait que c'est vrai qu'on a beaucoup travaillé sur les filles pour l'instant et on a peu travaillé sur les garçons pour aussi leur présenter des métiers qui sont contre-stéréotypés. Mais ce qui est important ici pour les filles, c'est de garder en tête que pour les filles, le biais masculin, le prisme masculin arrive plus tôt. Pour les garçons il arrive aussi évidemment, mais pour les filles il arrive plus tôt. Il arrive plus tôt parce que pour les filles c'est un contraste : "c'est que moi jusqu'à 4 ans on me parle au féminin et tout à coup on utilise le masculin". Donc ce prisme il arrive un peu plus tôt pour les filles. Mais il arrive aussi chez les garçons, ça c'est sûr. Donc en pratique, finalement, maintenant par rapport aux discussions que vous pourriez avoir par rapport à vos propres pratiques, que ce soit dans votre quotidien, que ce soit en classe, que ce soit avec vos enfants, ce qui est important, c'est de remettre le débat au centre. C'est qu'on peut discuter de l'écriture inclusive, on peut discuter des formes contractées. Je réponds volontiers aux questions par rapport aux formes contractées, si vous en avez. Maintenant, ce qui est important, c'est que moi, j'avais tendance à donner cette présentation en disant, il faut changer les pratiques. C'est vrai, au début. Et là, j'ai changé. Maintenant, j'ai changé mon discours parce que ce n'est pas à moi de vous dire de changer ou de ne pas changer. Par contre, ce que je peux vous dire, c'est que si la société dans laquelle vous vivez, cette société androcentrée, patriarcale, vous plaît, et puis que vous êtes bien, que vous vous sentez bien dans cette société, et que vous pensez que cette société, finalement, ce prisme masculin ne pose aucun problème, parce que ça va bien, ce n'est pas le meilleur, mais on vit quand même dans quelque chose de bien, continuez d'utiliser le masculin, en fait, continuez, il n'y a pas besoin de changer. Tous les livres..., la littérature nous a déjà habitués à ce prisme, donc continuez. Par contre, si vous avez l'impression qu'il y a quand même des changements de société qui sont nécessaires, que notre société peut évoluer maintenant, qu'on peut sortir de ce prisme, là il y a des changements de pratiques qui doivent s'opérer ou qui peuvent s'opérer, et il y en a pas mal à part ça, des changements qui sont possibles. Et la première chose, c'est la démasculinisation. Je sais que des fois, les hommes n'aiment pas tellement quand je dis ça, parce qu'ils ont l'impression que je viens avec des ciseaux, mais pas du tout. C'est juste le fait de dire que le langage a vécu des vagues de masculinisation, qu'ont vit dans une société patriarcale, androcentrée. La démasculinisation, c'est de sortir de ce prisme-là. On peut ensuite discuter de comment on veut organiser maintenant cette société en termes de diversité. Ça, c'est important. Mais ne jamais oublier que la base du débat, c'est la démasculinisation. Tout le reste, maintenant, devient constructif. Tout le reste, c'est maintenant de se dire on sort de ce prisme et maintenant on agit de manière constructive. Voilà, je termine ici ma présentation en remerciant évidemment toutes les personnes qui ont travaillé sur les travaux que je vous ai présentés aujourd'hui. J'espère ne pas en avoir oublié. Et je me permets de dire que tout ce que je vous ai dit ici, vous le retrouvez dans ce livre qui a été mentionné au début, qui vient d'être publié cette année : "Le cerveau pense-t-il au masculin ?", un livre qui retrace un petit peu tout ce que je vous ai dit, qui donne aussi des arguments par rapport aux nouvelles formes d'écriture inclusive et qui présente les petites expériences que je vous ai présentées aujourd'hui. On les a préparées pour vous permettre de les essayer aussi en classe. J'ai beaucoup d'amis qui enseignent et j'ai essayé de tout faire pour que ces petites expériences, on puisse également les transférer dans la classe, pour commencer une discussion avec des élèves, par exemple. Voilà. Merci beaucoup M. Gygax, c'était tout à fait passionnant. Si vous le voulez bien, on va aller regarder les questions de notre public et je vais vous les relayer. Je pense qu'on en aura beaucoup. Voilà, c'est en train d'arriver. Voilà, alors là, par exemple, on a des questions sur... Vous êtes donc... psycholinguiste expérimental, est-ce que vous pourriez nous expliquer ce que sont ces expériences finalement et que fait un psycholinguiste expérimental ? Bien sûr. Ce qui est important pour la psycholinguistique expérimentale, il y a deux choses qui sont importantes. Premièrement, c'est le fait de s'intéresser au langage et au processus langagier avec une perspective de psychologie. Parfois, je débats souvent avec des linguistes qui s'intéressent finalement au langage lui-même. Pour nous, ce qui nous intéresse, c'est comment notre système cognitif, comment notre cerveau va traiter finalement le langage et comment du coup le langage va créer des représentations particulières, des représentations parfois biaisées, des représentations différentes. Ça, c'est une chose. L'autre aspect, c'est la partie expérimentale. Nous, en psychologie expérimentale, en psycholinguistique expérimentale, on est beaucoup intéressés aux relations de cause à effet. Donc ça, c'est important. Donc on ne fait pas juste de mettre en lien des éléments, on essaye de comprendre comment un effet..., qu'est-ce qui va causer un effet ? Par exemple, le prisme masculin dont j'ai parlé ici, comment on peut montrer quels sont les éléments, les facteurs principaux, ici les facteurs linguistiques, mais on s'intéresse également aux facteurs psychologiques, mais qui vont créer ce prisme. Donc en fait c'est ça. L'expérimental, ce qui est souvent intéressant, c'est qu'il essaie d'établir un lien entre une cause et un effet. Et ça c'est quelque chose que je dois souvent dire. Merci. Alors je vais regarder si on a d'autres questions. Alors j'avais... On a beaucoup de gens qui vous remercient. Il y a quelqu'un qui nous dit : "merci de ne pas avoir peur d'utiliser des mots comme "patriarcat" ou "androcentrisme". Effectivement, c'est quelque chose qui ne nous a pas échappé. Je me dis que ça serait peut-être intéressant de faire réagir notre public, avec l'anecdote du chirurgien. Est-ce que vous voulez bien nous en faire part ? Moi je l'adore et après vous pourrez nous expliquer comment elle a évolué au fil du temps. J'aimerais juste dire aussi qu'au début, Ute et moi, on n'utilisait pas "androcentrisme". Finalement on utilisait la notion de sexisme et c'est vraiment intéressant parce que, parce qu'en fait, si vous parlez de sexisme ou de féminisme dans une conférence, il y a tous les boucliers qui montent. Tous les boucliers vont, tous les murs, boum, c'est fini, on ne peut plus parler à personne. Et ce qui a été intéressant avec l'androcentrisme, c'est que personne ne savait ce que ça voulait dire, et du coup ça intrigue. Et comme ça intrigue, c'est une porte très très intéressante pour commencer à parler de l'androcentrisme et parler du patriarcat, etc. Donc si vous avez envie d'engager la conversation, je trouve, avec des élèves, et moi j'interviens beaucoup dans les écoles, la semaine passée j'étais dans un collège, et c'était très intéressant de voir que l'androcentrisme m'a permis de commencer des discussions sur finalement d'autres notions qui bloquent un peu plus. Donc ça c'est assez intéressant. L'histoire dont vous parlez, c'est une histoire qu'il faut penser d'abord en anglais. C'est une histoire qui a beaucoup été étudiée en anglais. C'est l'histoire d'un père et de son fils qui vont en vacances. Et puis, sur le chemin, ils ont un accident et le père meurt sur le coup. Le fils est amené à l'hôpital. Arrivé à l'hôpital, un chirurgien de garde arrive et dit : "je ne peux pas opérer, c'est mon fils." Et du coup, comment c'est possible ? J'invite notre public à répondre. Comment c'est possible ? Alors, j'aurais bien aimé, vous êtes trop nombreux, on aurait ouvert les micros, mais... Et ça, c'est une histoire que... Oui, allez-y. C'est juste une histoire qui est très intéressante parce que, justement, moi, j'ai des collègues qui enseignent et qui ont utilisé cette histoire pour commencer la discussion. Et pour commencer la discussion sur deux choses, d'abord sur la notion de stéréotypes, mais également sur la notion de langage. Et je trouve que cette histoire, qui est une des premières d'ailleurs du livre, est une histoire assez intéressante. Je vais vous raconter deux petites anecdotes après sur cette histoire, parce que c'est marrant. Est-ce que vous avez quelques réponses ? Est-ce qu'il y a des réponses qui apparaissent ? Alors certains nous disent : "je connais déjà, donc voilà, je ne veux pas spoiler." Alors moi j'avoue qu'évidemment je connaissais parce que je m'intéresse à ces questions depuis longtemps. Et je vois que Jean-Manuel lève la main. Non, non, bon, ce n'était pas pour moi. Donc voilà, moi la première fois je pensais avoir l'esprit large et être féministe et je me suis complètement plantée. C'est la force des stéréotypes et du masculin dit générique. Alors voilà, on a quelques personnes qui ont trouvé. Allez-y, enchaînez, dites-nous. Bien sûr, c'est la mère, c'est la mère qui explique la personne. Et juste deux anecdotes. La première, c'est qu'en Angleterre, quand mes collègues ont fait passer cette expérience, un des participants lui a dit : "c'est la mère". Et le participant a dit : "mais non, mais non, ce n'est pas possible, c'est le père qui s'était... En fait, c'est le beau-père en fait, c'est le beau-père, la mère s'était remariée, c'était le père qui est mort et c'est le beau-père en fait qui est chirurgien..." En fait, on lui disait : "non, non, c'est la mère." Il disait : "non, non, non, ce n'est pas possible". Ça, c'est une première anecdote. Et cette année, je suis passé dans une école, j'ai présenté ça, et une des premières réponses qui est arrivée, c'est qu'en fait, le père vivait dans un couple homosexuel. Et du coup, c'était très intéressant qu'en fait..., on voit maintenant une sorte de diversité de pensée. Mais n'empêche que la mère, elle n'arrive toujours pas. Elle n'arrive toujours pas. Et c'était vraiment intéressant de voir ça. Je ne sais pas ce que ça veut dire. Il faudrait voir maintenant, vraiment, ce que ça veut dire. Mais voilà, ça, c'était assez intéressant. Et un journaliste l'a fait au Brésil, a fait un micro trottoir et "Dieu", la réponse "Dieu" arrivait avant la mère. Ça, c'est aussi assez intéressant. Il me reste encore un petit peu de temps. On voulait vous demander aussi concrètement, au sein de ma classe par exemple, si j'aborde les métiers, est-ce que vous auriez un conseil ? Pour discuter des stéréotypes et de ces aspects-là ? Par exemple, quand on évoque les noms de métiers des professions, par exemple si on est en classe et on traite d'orientation, comment est-ce qu'on peut faire pour éviter d'allumer cette représentation masculine ? Comment est-ce qu'on peut faire ? Bon, moi, il y a deux questions ici. C'est les deux questions sur lesquelles nous, on travaille dans les écoles. C'est la première question, c'est la notion de stéréotype, de faire comprendre aux élèves d'où viennent leurs choix. Parce qu'on parle souvent de choix, mais en fait, ce choix, il est tout relatif. Et sans rentrer dans de la philosophie, je trouve que c'est important de discuter avec les enfants de leur parcours, finalement, et ce parcours qui a été imprégné de cinéma, de livres, de beaucoup de choses, en fait, qui les amènent maintenant à penser que leur choix a été libre, en fait. Et non, en fait, c'est ça qui est intéressant. Moi, je trouve que c'est intéressant de commencer la discussion par la fabrique sociale, de discuter : qu'est-ce qu'une fabrique sociale ? Je commence mes présentations, surtout quand il y a beaucoup de monde, pour dire aux garçons, par exemple, quand vous êtes assis comme ça un peu, les jambes écartées, il n'y a absolument rien, il n'y a rien de biologique qui va dire que vous devez vous asseoir comme ça. Et là, tout à coup, tous les garçons se lèvent, se marchent. Et je dis aussi, les jambes croisées, il n'y a rien qui dicte... Et puis, du coup, c'est intéressant pour commencer à discuter de cette fabrique sociale. Alors moi, j'aime bien faire ça. Ensuite, par rapport au langage, Nous, les données qu'on a, c'est que ça change en fait. Et ce qui change aussi, c'est l'ordre quand vous faites les doublets. Quand vous utilisez des doublets, c'est intéressant aussi de changer l'ordre. Par exemple, vous pouvez faire une petite expérience en classe, c'est de présenter des paires comme ça, et vous mettez une fois le masculin en premier, une fois le féminin en premier, et vous demandez aux élèves d'écrire une petite histoire sur ces métiers. Et c'est assez drôle parce que les histoires vont être centrées sur les premières personnes qui sont mentionnées. Donc moi, j'aime bien utiliser ces petites expériences pour ensuite démarrer la discussion sur les stéréotypes, sur le langage, à quel point le langage nous influence. Là, maintenant, je parle aux enseignantes et enseignants de français. J'aime bien aussi démarrer cette question sur l'accord de proximité. Pourquoi ne pas enseigner l'accord de proximité, en fait ? L'accord de proximité n'a jamais disparu, il est tout le temps là. Certaines régions et départements, personne ne dira certains régions et départements. Cet accord, il existe, donc pourquoi ne pas l'enseigner et dire, alors après c'est une question... moi, j'ai ma nièce qui a 14 ans, elle a fait un travail en français, elle est revenue avec dix fautes parce qu'elle a fait dix fois l'accord de proximité. Et sa prof lui a dit, ici, on enseigne comme à l'Académie française. J'ai dit déjà, l'Académie française n'enseigne pas. La dernière fois que l'Académie française a parlé de grammaire, c'était dans les années 30, elle s'est fait ramasser parce que c'était n'importe quoi. Donc du coup, bon, maintenant, ma nièce m'a demandé de donner une copie du livre dédicacé pour sa prof. Mais bon, voilà. Mais tout ça pour dire que je trouve ça important de faire..., non seulement de discuter de ces choses-là, mais de faire un peu de méta aussi, c'est-à-dire de discuter avec les enfants, de ne pas dire "vos choix ne sont pas libres". Ce n'est pas ça, mais de dire : "comment vos choix ont été construits ?". Et c'est intéressant de revenir finalement sur l'historique de la fabrique sociale. Et les enfants, ça leur parle, ça leur parle vraiment. Quand je parle d'Hermione Granger, quand je parle de Rey dans "La guerre des étoiles", enfin je devrais dire "Star Wars", c'est des personnages qui parlent et du coup on peut s'intéresser à ces personnages. Pourquoi Hermione Granger, elle est agaçante ? Pourquoi J.K. Rowling a dû la faire agaçante ? Pourquoi de l'autre côté, Rey, elle est parfaite ? Elle n'a aucun défaut. Et ça, c'est intéressant. Pourquoi c'est ça ? Pourquoi on fait ça ? Comment on fait ? Et comment on avance ? Donc, moi, j'invite toujours les enseignantes et enseignants à aussi faire un peu de la méta-analyse avec leurs enfants, avec les élèves, parce que c'est aussi en français, évidemment, de réfléchir à la langue. Il n'y a pas de faute. C'est ça qui est intéressant, c'est d'envisager, d'explorer la langue et de ne pas l'imposer, de ne pas nourrir ça un peu aux forceps aux enfants. Malheureusement, notre rendez-vous touche à sa fin. Je pense qu'on aurait encore pu vous écouter une heure et on aurait encore eu plein de questions. Évidemment, au nom de l'ONISEP et de notre public, je vous remercie. Il me reste un petit peu de temps pour annoncer le prochain rendez-vous. Le 19 janvier 2022, nous accueillerons Aziz Jellab, que la plupart d'entre nous connaissent. Je rappelle qu'il est inspecteur général de l'éducation, du sport et de la recherche, qu'il est docteur en sciences de l'éducation et en sociologie et professeur des universités associé à l'INSHEA. Le sujet sera : "L'orientation, un analyseur des inégalités sociales dans une société en mutation ? Constats et perspectives pour des parcours scolaires réussis". En attendant, vous aurez bientôt accès au replay avec M. Gygax. Encore une fois, un grand merci à vous pour cette intervention instructive, décapante et, je dirais, salutaire. Merci beaucoup. Merci pour l'invitation. Au revoir.
Psycholinguiste expérimental, Pascal Gygax cherche à comprendre les liens entre le langage, la pensée et les constructions sociales liées au genre. Ses travaux portent principalement sur la manière dont notre cerveau traite les différents sens possibles du masculin. Cette phrase anodine "Le médecin a demandé aux collégiens de se laver les mains" comporte plusieurs ambiguïtés que notre cerveau peine à résoudre. Le médecin est-il une femme ou un homme ? Les collégiens sont-ils un groupe de garçons ou un groupe mixte constitué de filles et de garçons ? Les règles actuelles du français ne permettent pas de le déterminer.
Vidéo publiée en octobre 2021
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Ariane Fréhel, directrice nationale des formations au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), propose d'explorer les microcertifications et de comprendre les besoins en nouvelles compétences. Comment les métiers doivent-ils s'adapter aux...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Ariane Frehel
Bien définir le projet professionnel de la personne qu'on accompagne en formation et vérifier son alignement avec ses valeurs, à tout moment de la vie : c'est ce que pourrait être, une orientation réussie, selon Ariane Fréhel, directrice nationale des formations au Cnam (Conservatoire...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Gregoire Borst
Une orientation réussie est une orientation choisie et ambitieuse. L'information sur les filières de formation et les métiers reste essentielle pour faire des choix éclairés. Et si l'angle mort aujourd'hui résidait dans la promotion de la façon dont on prend des décisions ? Comment...
Projection et prises de décision : quels enjeux pour les adolescents ? 3 questions à Grégoire Borst
Grégoire Borst, professeur de psychologie du développement et de neurosciences cognitives de l’éducation, propose de réfléchir au développement du cerveau à l'adolescence : celui-ci est asynchrone. Avec quelles conséquences sur le système émotionnel, sur le...
Compétences psychosociales et choix d’orientation au lycée professionnel. 3 questions à Michel Lugnier
Michel Lugnier, inspecteur général de l’éducation nationale, du sport et de la recherche, propose d'aller au-delà de la définition des CPS proposée par Santé publique France, afin d'en comprendre les enjeux dans le monde scolaire. La problématique ne...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Michel Lugnier
Peut-on réellement parler d'orientation réussie ? Pour qui le serait-elle ? À quel moment peut-on parler de "réussite" ? Ne serait-ce pas un oxymore ? Selon Michel Lugnier, inspecteur général de l’éducation nationale, du sport et de la recherche, une orientation la moins subie possible...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Jean-Luc Bernaud
Selon Jean-Luc Bernaud, professeur des universités en psychologie au Cnam-Inetop, "une orientation réussie" est une questions complexe car elle relève d'une grille de lecture très personnelle. Trouver sa place dans le monde des humains, garder son libre arbitre et assumer pleinement son...
Peut-on mieux comprendre le sens qu’a le travail pour les jeunes aujourd'hui ? 3 questions à Jean-Luc Bernaud
Composantes du sens de la vie et du travail, rôle de la société et de la culture dans l'accompagnement des jeunes, trouver sa place dans le monde et réussir son orientation selon des critères personnels : ce sont les pistes de réflexion proposées par...
Peut-on mieux comprendre le sens qu’a le travail pour les jeunes aujourd'hui ? Illustrations et perspectives
Jean-Luc Bernaud, professeur des universités en psychologie au Cnam-Inetop, décrypte le sens que les jeunes donnent à la vie professionnelle. Il donne des clés de réflexion pour permettre aux professionnels de l’accompagnement à l’orientation...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Julie Pelhate
Julie Pelhate, maîtresse de conférences en sociologie à l’INSEI (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation inclusive) souligne : si une orientation réussie diffère selon les protagonistes (professionnels, parents, enfants ), les questions du sens et de...
L’orientation scolaire des élèves : une affaire de professionnels ? 3 questions à Julie Pelhate
Pour chacune des trois questions posées dans cette vidéo, Julie Pelhate, maîtresse de conférences en sociologie à l’INSEI (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation inclusive), propose d'adopter le point de vue des différents...
L’orientation scolaire des élèves : une affaire de professionnels ?
Cette présentation s’intéresse à la place et au rôle des différents protagonistes lors des discussions sur l’orientation, à l’école primaire ou au collège. Julie Pelhate est maîtresse de conférences en sociologie, ses travaux de recherche adoptent une démarche ethnographique et une...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Aurélie Dupré
Adéquation entre appétences et valeurs indiviuelles, compétences réelles et objectifs à atteindre, avec la formation choisie : c'est ce que propose Aurélie Dupré, Docteure en sciences de l'éducation et de la formation, pour tenter de définir une orientation réussie.
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Simon Pineau
Est-il si facile de définir une "orientation réussie" ? C'est la réflexion proposée par Simon Pineau, Docteur en psychologie. Finalement, la réponse à cette question ne se pose-t-elle pas tout au long d'une vie ? Ou bien à certaines périodes d'une vie ? Et si l'une des réponses possibles...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Pierre Périer
Et si une orientation réussie permettait de rétablir une équité des possibles, reposant sur la valeur scolaire de l'élève et sur ses aspirations ? Si elle donnait à voir les possibles que l'élève et la famille ne connaissent pas ? Si c'était cheminer et gagner en apprentissage, en...
Est-on libre de s'orienter ? 3 questions à Samah Karaki
Samah Karaki est une neuroscientifique franco-libanaise, auteure et experte en santé mentale, en apprentissage et en culture organisationnelle. Elle est titulaire d’un doctorat en neurosciences, d’un master en neurobiologie et d’une maîtrise en biodiversité et écologie. Elle est également la fondatrice...
Coéducation et orientation : quelle place et quel choix pour les familles ? 3 questions à Pierre Périer
Pierre Périer, sociologue et professeur en sciences de l'éducation, nous donne des clés pour mieux appréhender la notion de coéducation, âgée de plus d'un siècle et revisitée depuis la loi de l'orientation en 2013. Quels rôles et quelles responsabilités...
Qu'est-ce que MonProjetSup?
MonProjetSup (MPS) est un outil numérique conçu pour accompagner les élèves de la seconde à la terminale des filières générales, technologiques et professionnelles dans la construction de leurs projets d'orientation et pour préparer leur orientation post-bac et leur voeux Parcoursup.
Coéducation et orientation : quelle place et quel choix pour les familles ?
Lorsque l’on évoque la coopération entre école et famille, de quelle coopération parle-t-on ? Entre quelles écoles et quelles familles ? Parents invisibles ; impacts des conditions sociales des familles sur cette coopération ; rôle des parents d’élèves… le sociologue Pierre...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Clément Reversé
Selon Clément Reversé, sociologue, chercheur au CERTOP et chercheur associé au centre Émile Durkheim, idéalement, une orientation réussie correspond au souhait d'un ou d'une jeune. Ou encore, pouvoir essayer plusieurs choses, tout au long de la vie. La France permet-elle d'envisager ces...
Est-on libre de s'orienter ?
ʺLe talent est une fiction", énonce le titre du dernier ouvrage de Samah Karaki, paru en 2023. Comment cette fiction peut-elle creuser les inégalités ? Comment déconstruire les mythes de la réussite et du mérite ? Samah Karaki est une neuroscientifique franco-libanaise, auteure et experte en santé mentale, en apprentissage et en...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Samah Karaki
Samah Karaki est une neuroscientifique franco-libanaise, auteure et experte en santé mentale, en apprentissage et en culture organisationnelle. Elle est titulaire d’un doctorat en neurosciences, d’un master en neurobiologie et d’une maîtrise en biodiversité et écologie. Elle est...
Accompagner les collégiens pour lutter contre les déterminismes
La question des déterminismes sociaux et de genre est une problématique importante. Pour accompagner les élèves à voir plus loin que leurs cercles familiaux et amicaux, les collégiens de Lamastre (petite commune de l'Ardèche) ont suivi un parcours en trois ans depuis la 5ème afin d'ouvrir leurs...
L’orientation peut-elle être juste, 3 questions à Marie Duru-Bellat
Marie Duru-Bellat, Professeure émérite en sociologie à Sciences Po, propose de réfléchir aux politiques publiques éducatives qui seraient en capacité de corriger les inégalités. Elle insiste sur le rôle des enseignants et des psychologues de l’Éducation nationale : quel est-il ? Enfin elle...
Faire de la voie professionnelle un choix : vraiment ? 3 questions à Frédérique Weixler
Frédérique Weixler, Inspectrice générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche, experte en politiques éducatives aux niveaux national et international, explique les inflexions et les évolutions portées par la réforme des lycées professionnels en 2023 : de la...
Massification, la fin d’un cycle, 3 questions à François Dubet
François Dubet, Professeur émérite de l’Université de Bordeaux, Directeur d’Études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris, propose de comprendre les paradoxes et les apories engendrées par la massification : du déterminisme lié à la naissance au déterminisme engendré...
Accompagner la construction de l'orientation potentiel d'un jeu épistémique et numérique, 3 questions à Catherine Loisy
Catherine Loisy, Docteure en psychologie et enseignante-chercheure émérite à l’Université de Bretagne Occidentale, pose le concept d’approche développementale, qui permet d’élaborer des pistes de formations d’accompagnement à...
Orientation durable et équitable : principes, concepts et méthodes, 3 questions à Jean Guichard
Jean Guichard, Professeur émérite de psychologie au CNAM, définit les concepts de « forme de vie » et de « forme de vie active », pour bien comprendre comment s’inscrire dans la philosophie des objectifs du développement durable et établir un lien clair avec...
Une orientation réussie, pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Jean Guichard
Jean Guichard, Professeur émérite de psychologie, apporte deux types de réponses : selon un point de vue subjectif, « je pense qu’une orientation réussie, c’est… » ou selon le point de vue de l’humanité tout entière : « qu’est-ce qu’une orientation réussie, au point de vue...
Une orientation réussie, pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Marie Duru-Bellat
Marie Duru-Bellat, Professeure émérite en sociologie, interroge : et si une orientation réussie, c’était tout autant arriver à faire ce que l’on veut, que l’acceptation de se tromper, de tâtonner ? Pour y parvenir, comment préparer l’éducation à l’orientation ?
Une orientation réussie, pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Frédérique Weixler
Maîtres-mots : acquisition des compétences à s’orienter et transversales, équilibre entre maîtrise de ses choix et lâcher-prise, chemins de traverse et détours, acceptation de succès imprévus, sérendipité. Frédérique Weixler, Inspectrice générale de l'Éducation, du Sport...
Une orientation réussie, pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Catherine Loisy
"Une orientation réussie" : question délicate à laquelle Catherine Loisy, Docteure en psychologie et enseignante-chercheure émérite, donne des pistes de réponse. Certains critères objectifs, avec l’appui de statistiques et une temporalité variable, peuvent sans doute mesurer cette...
Une orientation réussie, pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Laurent Sovet
Laurent Sovet, maître de conférences en psychologie différentielle, explique que de l’orientation subie à l’émancipation, pour mieux construire sa vie, l’acquisition des compétences à s’orienter semble incontournable. Quels sont les freins ? Quels sont les indicateurs de...
Damien Canzittu, l'importance d'intégrer le développement durable dans l'orientation
Intégrer les enjeux du développement durable aux questions d’orientation permet aux élèves de mieux appréhender le monde VICA (volatile, incertain, complexe, ambigu) dans lequel ils évoluent et de trouver un sens et des perspectives à leur existence.
Émilie Carosin, l'importance d'intégrer le développement durable dans l'orientation
Penser l’orientation de façon collective c’est réfléchir aux formes de travail et à l’impact des activités humaines sur la vie des autres personnes dans le monde.
Shékina Rochat, l'importance d'intégrer le développement durable dans l'orientation
Chercher à s’orienter amène souvent à vouloir trouver du sens à sa vie et à son travail. Pour cela, l’engagement en faveur de la société, de la nature ou des générations futures constitue un facteur clé pour percevoir du sens à sa vie, ce qui est étroitement lié au...
Découverte de soi et des métiers
Christelle Piton, professeur de sport, et professeur principale, et Annabelle Bodard, psychologue de l'Education Nationale, animent une séance de classe avec des collégiens autour des métiers. L'objectif est de se découvrir soi, se confronter à ses propres représentations, identifier les qualités nécessaires à des métiers,...
Prendre conscience des stéréotypes de genre dans l’orientation au lycée
Anaëlle Le Nalbaut, enseignante de SVT et professeur principale d'une classe de seconde, anime une séance de classe autour des stéréotypes de genre, et dans le cadre de la promotion de la mixité des filières de formation. Elle vise à faire prendre conscience aux élèves des stéréotypes de...
Découvrir les métiers et mobiliser le langage
Mariane Goyat, enseignante en grande section de maternelle reçoit des professionnels, une artiste de cirque et un metteur en scène, pour échanger avec les élèves autour de leur métier. Cette activité permet de faire découvrir des métiers tout en mobilisant le langage des touts petits qui sont invités en fin de...
Présenter oralement des envies de métiers
François Ducroq, enseignant de CE1, échange avec ses élèves autour des métiers dont ils rêvent. Ces derniers ont dessiné le ou les métiers qu'ils souhaitent faire plus tard et présentent ce travail à la classe. Ensemble, ils questionnent ces choix, la possiblité de faire plusieurs métiers, l'importance de...
Préparer les élèves à des choix d'orientation non genrés
Clarisse Desert, enseignante de CM2 anime une séance de classe qui s'inspire d'un débat philo. La lecture d'une histoire va servir de support à ce débat autour des questions de stéréotypes de genre. L'objectif pour l'enseignante, est de permettre aux élèves de sortir de ces stéréotypes afin de...
Lever les stéréotypes de genre dès l'école primaire
Jérôme Hénon, inspecteur de l’Éducation nationale, pilote de la mission départementale Climat scolaire, interroge : pourquoi est-ce important de parler de l’égalité filles-garçons à l’école primaire ? Quels principes adopter ? Pourquoi y réfléchir dès l’école primaire ?
Les stéréotypes de genre et leur impact sur les élèves
Delphine Martinot, docteure en psychologie sociale de l'université Clermont Auvergne, explique l'origine, le rôle et le fonctionnement des stéréotypes de genre. Très puissants et intériorisés dès l'enfance, les stéréotypes de genre ont une double fonction, cognitive et sociale.
Orientation durable et équitable : principes, concepts et méthodes
Comment les concepts de "vie active", de "forme de vie" et de "capabilité" pourraient-ils nourrir l’accompagnement à l’orientation et répondre aux objectifs de développement soutenable et équitable ? Jean Guichard est professeur émérite de psychologie au Cnam (Conservatoire national des arts...
L'impact des stéréotypes sur les attentes des enseignants et les pratiques pédagogiques
Céline Darnon et Jean-Claude Croizet, docteurs en psychologie sociale à l'université Clermont Ferrand reviennent sur l'impact des stéréotypes de genre sur les attentes différenciées et largement inconscientes des enseignantes et des enseignants à l'égard de leurs élèves....
Accompagner la construction de l'orientation : potentiel d'un jeu épistémique et numérique
Cette intervention présente des travaux réalisés au niveau de l’enseignement secondaire en France : l’élaboration du prototype du JenDO (Jeu épistémique et numérique dédié à l’orientation). Catherine Loisy, docteure en psychologie et habilitée à diriger des...
Les TIC dans l’accompagnement à l’orientation
D'ampleur internationale, les recherches de Jaana Kettunen portent sur les pratiques des conseillers mobilité-carrière et les développements des politiques publiques, avec un intérêt particulier pour la conception et l’usage des TIC (technologies de l’information et de communication) dans ces mêmes domaines. ...
L’orientation peut-elle être juste ?
Orientation, justice, égalisation des chances, méritocratie : comprendre chacun de ces termes et leurs enjeux, pour favoriser la réussite des parcours scolaires et professionnels. Marie DURU-BELLAT est sociologue, spécialiste des questions d’éducation et des inégalités sociales et de genre, chercheur au Centre de recherche...
Les choix d’orientation et les transitions au temps de l’adolescence : comment les émotions et la qualité des relations avec les proches permettent...
Emmanuelle Vignoli propose de faire un point sur la fonction des émotions éprouvées par les adolescents et le rôle des relations entre ces derniers et les personnes qui jouent un rôle majeur dans leur parcours...
Comprendre les compétences à s’orienter pour mieux accompagner les élèves dans leurs projets
Cette intervention propose de définir ces compétences et leur mise en œuvre : un enjeu majeur dans les politiques d’orientation pour permettre à chaque individu de construire son parcours. Laurent Sovet est maître de conférences en psychologie différentielle au...
Massification, la fin d’un cycle
L’intervention souligne les paradoxes et les apories engendrées par la massification scolaire concernant le mode de production des inégalités, le rapport entre les diplômes et l’emploi et, enfin, les processus d’éducation eux-mêmes. François Dubet est Professeur émérite, de l’université de Bordeaux, Directeur...
Faire de la voie professionnelle un choix : vraiment ?
Frédérique Weixler propose de réfléchir à l’objectif de transformer la voie professionnelle comme une voie de réussite. Sous quelles conditions ? Avec quelles évolutions possibles ? Frédérique Weixler est inspectrice générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche, experte en politiques...
Développer les compétences des étudiants
Cette intervention aborde les 3 questions: Comment développer les compétences des étudiants? comment transformer les pratiques enseignantes en conséquence? comment relever les défis de l'enseignement supérieur? Benoît Escrig est Enseignant-chercheur à l'Institut National Polytechnique de Toulouse, Consultant en approche...
Présentation du dispositif d'enquête et premiers résultats de l'enquête 2017
L’intervention présente le dispositif d’enquête Génération 2017 et ses spécificités. Le profil scolaire de cette cohorte (plus diplômée que les Générations précédentes) et les conditions d’études (place de l’alternance, ressources financières disponibles pendant les...
Le rôle des réseaux personnels dans la transition vers l'enseignement supérieur
Agnès van Zanten propose une approche sociologique à la question de la transition du jeune vers l’enseignement supérieur. Entre rapports sociaux, inégalités autour de l’école et réseaux personnels du jeune : autant de pistes d’observation pour tenter d’appréhender cette...
Le parcours : une nouvelle façon de penser une orientation au service de la réussite et de l'insertion de chaque jeune
Michel Lugnier propose une approche enrichie à la fois des Sciences et de l’Économie de l’Éducation. En valorisant la notion de parcours, les réformes actuelles entendent rompre avec le cloisonnement de l’appareil de formation, jugé...
L'approche Orientante : un modèle collectif de l'orientation
Assistante de recherche à l’INAS (Institut d’administration scolaire, Université de Mons, Belgique), Émilie Carosin a une expertise dans le développement et le suivi évaluation de compétences qu’elle met au service de l’orientation des élèves. Cela passe par la création d’outils pour les...
L'orientation des élèves allophones nouvellement arrivés
Cette conférence nous propose de réfléchir aux dilemmes des élèves primo-migrants en France, en termes de choix d’orientation scolaire. Isabelle Rigoni est Maîtresse de conférences en sociologie à l’INSHEA de Suresnes (Institut national supérieur formation et recherche – handicap et enseignements...
Tous égaux devant les sciences ?
Cette présentation interroge le système éducatif en termes d’égalité des chances dans le monde scientifique et en termes de production de connaissances dans ce domaine.Alors qu’elles sont réputées plus égalitaires que les matières littéraires, les disciplines scientifiques sont loin de refléter la diversité de la...
L'orientation scolaire : paradoxes, mythes et défis
Frédérique Weixler, actuellement inspectrice générale de l'éducation, du sport et de la recherche, intervient comme experte en politique éducative à l'international.Elle aborde l'orientation dans tous ces états : polysémie, mythes, croyances et attentes irrationnelles et montre comment leur construction et...
Les cités éducatives
Loïc Bourdin, chargé du suivi départemental des cités éducatives de l’Essonne et chef de projet du Grand Projet Educatif de Grigny, partage avec nous son expertise de la mise en œuvre de ce projet ambitieux et préfigurateur visant entre autres à fédérer tous les acteurs de l’éducation scolaire et périscolaire, dans les territoires...
L'apprentissage comme voie d'excellence - Christophe Aufort
Christophe AUFORT est directeur général du Groupe AFORP, organisme de formation professionnelle dans les métiers de l’industrie et du numérique. L’Aforp accompagne près de 1 600 salariés, 400 demandeurs d’emploi et 1 850 jeunes dans l’apprentissage de leur métier en proposant plus de 50...
L'orientation scolaire, un analyseur des inégalités sociales dans une société en mutation
Aziz Jellab, docteur en sociologie et en sciences de l’éducation, part du constat que le système éducatif est confronté à de nombreux défis dans une société en mutation : le numérique, la mondialisation, la société de l’information (et désinformation),...
Faire de son orientation un jeu
Shékina Rochat, docteure en psychologie de l'orientation à l'Université de Lausanne, présente son approche de l'orientation par le jeu et en explique les fondements, la mise en œuvre concrète et les effets attendus. En orientation comme dans un jeu, la personne va identifier ses objectifs (sa mission), ses possibilités d’action...
L'orientation : une question métaphysique
Frank Burbage propose une approche philosophique, partant de l’idée que l’orientation est l’affaire de tous. Celle ci requiert une approche très ouverte, opérationnelle et réflexive à la fois, authentiquement pluraliste.
Formation professionnelle - favoriser l'engagement des élèves, Bertrand Derquenne
Bertrand Derquenne, proviseur du Lycée Jacques Le Caron d’Arras, partage son expertise du pilotage d’un établissement complexe et de la mise en œuvre d’expérimentations innovantes au cœur d’un projet d’établissement ambitieux. Sport, culture, mobilité, tout est pertinent...
Du décrochage, à l'accompagnement à l'orientation, Nathalie broux
Nathalie Broux, enseignante de français au micro-lycée du Bourget (93) met en avant les questions liées aux processus d’orientation en lycée et nous éclaire sur les besoins spécifiques des élèves en situation de décrochage et de raccrochage scolaire.
L'éducation inclusive, Geneviève Bergeron
Geneviève Bergeron, Professeure à l’université du Québec à Trois Rivières, aborde les aspects pédagogiques de l'éducation inclusive. Elle met en avant les pratiques qui peuvent soutenir l’apprentissage et la participation sociale de tous en classe et questionne les défis actuels liés à la mise en œuvre de...
L'accompagnement : une posture professionnelle spécifique
Maela PAUL, docteure en sciences de l'éducation à l'Université de Nantes, donne des clés pour penser sa pratique et partage des repères utiles pour l’action : pratique réflexive, problématisation d’une situation vécue, collectifs accompagnants, intelligence collective.Quelle posture...
Accompagner à l'orientation de manière innovante
En tant que proviseure, Aïcha Amghar a participé à la création du lycée innovant Germaine Tillion du Bourget (académie de Créteil). Le lycée Germaine Tillion propose une offre scolaire cohérente et unifiée, pour favoriser un climat de travail rassurant et exigeant. L’interdisciplinarité y est présente à...
L'enseignement agricole
Frédéric Palluy nous présente les missions et spécificités de l’enseignement agricole en mettant l’accent sur sa diversité et son ancrage territorial. L’enseignement agricole relève de la compétence du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Il regroupe l’enseignement technique agricole et l’enseignement...
La régulation politique de l'orientation scolaire
Thierry Berthet, directeur de recherche CNRS et directeur du Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail, propose une analyse politique du cadre institutionnel de l’orientation, en mettant en perspective 50 ans d’évolution de ses modes de régulation. Les finalités du processus d’orientation accordent...
L'obligation de formation 16-18 - Pascale Joly
Pascale Joly, directrice de la Mission locale de Saint Malo, nous parle de l'obligation de formation des 16 18 ans.
Orientation, interculturalité et réussite, Professeure Marie Rose Moro
Le Pr Marie Rose Moro, enseignante-chercheuse et cheffe de service de la Maison des adolescents de Cochin, Maison de Solenn (AP-HP), présente l'importance de la valorisation des compétences des adolescents et les éléments qui peuvent les aider à se sentir légitimes à l'école. Elle évoque...