Rapport des jeunes au travail : vers une nouvelle quête de sens ? - Onisep TV
Rapport des jeunes au travail : vers une nouvelle quête de sens ?
Accompagnement des Equipes Educatives
Bonjour à toutes et tous qui nous écoutez. Alors, je vais vous parler du rapport au travail des jeunes, une question sur laquelle j'ai un peu travaillé ces derniers temps, notamment un travail que nous avons réalisé avec plusieurs collègues de l'IRISO, donc le laboratoire de recherche que j'ai eu le plaisir de diriger pendant dix ans et dont je suis membre, et nous avons constitué une équipe de sociologues, de politistes, et nous avons travaillé également avec le Crédoc sur cette question du rapport des jeunes au travail. Nous avons rendu un rapport à l'Ingep qui devrait être publié prochainement. Et puis, je mobiliserai également des des enquêtes et des études qui ont été réalisées ces dernières années et que j'ai rassemblées dans ce dernier ouvrage que vous venez de citer, « Merci beaucoup, le travail, pourquoi travaillons-nous ? ». Alors, je commence en vous rappelant que depuis un peu plus d'une vingtaine d'années, l'idée s'est imposée qu'il y aurait une crise de la valeur travail. Et finalement, en France, une préférence pour le loisir. C'est quelque chose qu'on entend, je dirais, qui s'est développé au moment de la réduction du temps de travail, donc fin des années 90, début des années 2000, et qui revient très fortement dans le débat public en ce moment. L'idée c'est que les Françaises et les Français n'aimeraient plus le travail, qu'ils seraient paresseux et qu'il y a une catégorie particulière qui serait pire que les autres, les jeunes. On parle de cette génération Z qui n'aimerait plus travailler et qui aurait besoin d'un management particulier. L'idée c'est que les jeunes seraient individualistes, peu impliqués dans la cité, défiants envers les institutions et donc moins engagés par rapport à l'entreprise, son projet ou ses valeurs. Et je voudrais vous rappeler que ce n'est pas nouveau parce que moi j'ai travaillé sur des textes et j'ai retrouvé notamment un un ouvrage publié par le Centre d'études de l'emploi, une enquête qui avait eu lieu en 1972. Et dans cette enquête, auprès de jeunes, sur leur rapport au travail, des employeurs avaient été interrogés, et la plupart des employeurs se plaignaient déjà de cette main d'œuvre, des jeunes, et disaient qu'ils ne trouvaient plus dans cette main d'œuvre les qualités d'amour du travail, d'ambition et de sérieux, qui caractérisaient les générations précédentes. Tout ça pour vous dire qu'il y a quand même apparemment une petite régularité tous les dix ans à peu près, où plus souvent on retrouve comme ça une somme d'idées reçues, de stéréotypes en quelque sorte. Et ça continue donc maintenant. L'idée c'est que les jeunes seraient impatients, ils seraient exigeants par rapport à leur manager, ils accepteraient moins la subordination, ils aimeraient zapper, zapper au gré des opportunités du marché, et finalement on leur reprocherait d'être opportunistes dans leur rapport au marché de l'emploi. Par ailleurs, ce que l'on lit dans les diverses critiques des uns et des autres, c'est qu'il serait difficile d'identifier les aspirations professionnelles des jeunes et de les faire évoluer dans le monde de l'entreprise parce que, je répète, ils seraient moins fidèles, moins investis, moins respectueux de la hiérarchie que leurs aînés. En 2002, a été publiée une étude conjointe de l'Institut IFOP et de la Fondation Jean Jaurès, dont les résultats ont été publiés sous le titre « Grosses fatigues et épidémies de flemmes ». Cette étude suggérait que la vague de démission, on parlait alors de grande démission, je ne sais pas si vous vous souvenez, que cette vague de démission devait être interprétée comme le signe d'une modification profonde du rapport au travail des Français et des Françaises. Selon cette étude, une partie des Français et des Françaises étaient en baisse de régime au travail, et la perte de motivation au travail touchait davantage encore les jeunes actifs que les plus âgés. Je vous cite une petite partie de ce texte parce qu'il est très représentatif de ce qui s'entendait à l'époque. Donc je cite « D'une façon générale, une partie des actifs, et notamment les plus jeunes, se sont petit à petit désengagés de leur travail, un peu comme s'ils étaient entrés dans une forme de résistance silencieuse et passive, à l'image de Barthelby, héros de la nouvelle éponyme d'Herman Melville, script de profession, qui repousse toutes les demandes qu'on lui fait, à commencer par celle de son patron, par la phrase restée célèbre « I would préfère ne tout, je préférerais ne pas le faire ». Un phénomène illustre cela, le quid quitting, la démission silencieuse, phénomène qui consiste à en faire le moins possible au travail sans se faire licencier. Certains se filment même, le nombre de vues sur TikTok a dépassé les 40 millions. Il ne s'agit pas d'une démission véritable, mais d'une démission mentale, d'une sorte de démission silencieuse ou clandestine. Voilà un extrait de cette étude qui a été publiée en 2022. Alors moi, je voudrais avec vous regarder ce qu'il en est exactement de ces idées reçues et de ce que je considère comme des stéréotypes, pour vous rappeler un peu les résultats de recherche. Premier résultat de recherche, la fameuse enquête dont je vous ai parlé tout à l'heure, l'enquête de 1972 menée par des chercheurs du Centre d'études de l'emploi auprès à la fois d'employeurs et de jeunes. Elle a montré, au contraire, que loin d'être paresseux et désengagé, les jeunes en question avaient une forte envie de travailler. Elle a mis aussi en évidence l'absence d'une culture jeune spécifique, comme si tous les jeunes d'une génération avaient les mêmes réflexions, les mêmes comportements. Et au contraire, cette enquête avait mis le projecteur sur la diversité des attentes et des pratiques des jeunes, notamment diplômés et moins diplômés. Une autre enquête, j'ai mené une grosse enquête sur le rapport des individus au travail dans six pays européens en 2006-2008, avec donc six autres équipes de recherche, et nous avons confirmé les résultats de l'enquête de 1972. c'est-à-dire que les jeunes étaient très impliqués, très engagés, avaient de fortes attentes par rapport au travail, et qu'ils partageaient les mêmes attentes et même le même tiercé d'attente que leurs aînés, c'est-à-dire la rémunération, la qualité de l'ambiance et l'intérêt des missions. Et nous avons même pu montrer, dans 2006-2008, que les attentes des jeunes étaient encore plus fortes par rapport au travail que celles des autres tranches d'âge. Pour les jeunes français et françaises, le tiercé d'un travail satisfaisant, c'était celui-ci. Un travail intéressant, deux sécurité de l'emploi, trois possibilités de promotion. Pour les plus âgés, un travail intéressant, deux sécurité de l'emploi, trois contacts. Avant d'entrer un peu plus avant, je voudrais vous en dire un peu plus sur la manière dont les sociologues du travail mobilisent un certain nombre de catégories, des cadres théoriques, pour analyser le rapport que les personnes entretiennent avec le travail. Notamment, on utilise souvent l'opposition proposée par Ronald Tinglehart, un sociologue américain, entre les valeurs matérialistes et les valeurs post-matérialistes. Les valeurs matérialistes, elles, consistent à mettre en avant la sécurité économique, la stabilité matérielle, les biens tangibles. Les valeurs post-matérialistes, elles, font plus de place aux soucis d'expression et de réalisation de soi. Si on applique cette grille au travail, on verra que le travail est perçu principalement comme un moyen d'assurer des conditions de vie décentes, un revenu, un statut. D'une part, ça c'est ceux qui sont plus du côté des valeurs matérialistes. et versus un travail qui serait particulièrement apprécié comme vecteur d'épanouissement personnel, de sens, d'équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, d'intérêt et de réalisation de soi pour ceux qui sont plutôt du côté des valeurs post-matérielles. La thèse d'Ingelhardt, c'est que les pays les plus riches, les plus développés, se caractériserait aujourd'hui par une plus grande appétence pour les valeurs post-matérialistes. Pourquoi ? Parce que la sécurité économique ne serait plus prioritaire et la qualité de vie et le bien-être subjectif seraient devenus des valeurs majeures. Maintenant que je vous ai un petit peu décrit ça, rentrons dans le vif du sujet. La thèse que je voudrais défendre devant vous, c'est que non seulement les Français, et particulièrement les jeunes, ne travaillent pas moins que les autres, mais surtout ils sont plus attachés au travail que les autres. Et c'est là que je voudrais rentrer dans un petit détail. Je vais vous montrer, premier point, qu'est fausse l'idée que les Français travailleraient moins que leurs voisins. Voici un graphique sur lequel s'appuient un certain nombre de personnes pour nous dire que les Français n'aiment plus travailler. Vous voyez, c'est en effet un graphique un peu gênant, puisque l'on voit qu'en nombre d'heures de travail par habitant en Europe, la France serait positionnée en dernier, c'est-à-dire qu'en effet, nous travaillerions moins que les autres. Bon, je pense qu'il faut un peu oublier ce graphique parce que vous voyez qu'on regarde le nombre d'heures de travail par habitant, ce qui signifie par exemple que plus on a de bébés, moins le nombre d'heures de travail est important. Donc c'est un indicateur qui ne me semble pas central. En revanche, je vous en montre un autre. C'est le tableau présenté par l'OCDE qui regarde le nombre moyen d'heures annuelles travaillées par personne ayant un emploi cette fois-ci. Et là, on voit sur ce tableau que la France qui est ici travaille, que nous travaillons, plus que les Danois, que les Autrichiens, que les Allemands et que beaucoup d'autres pays que j'ai mis ici en jaune. Donc première idée, il est faux que nous travaillions moins que les autres. Deuxième idée, il est également faux que nous soyons moins attachés au travail que les autres. Ici, je vous montre les graphiques qui nous présentent la réponse à la question de savoir si le travail est important. C'est l'enquête sur les valeurs des Européens. Je vous ai mis les trois graphiques correspondant à la vague 1999, 2008 et 2017. Ici, nous voyons en bleu foncé les personnes qui répondent que le travail est très important. Et vous voyez que la France est ici, à côté d'un certain nombre de pays qui ne nous ressemblent pas du tout, Lettonie, Roumanie, Malte, Pologne. Nous sommes avec ces pays entre 70 et 80 % à répondre que le travail est très important. Et vous voyez qu'on est très différent des pays comme le Danemark, la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas. où il n'y a que 40 % des personnes qui disent que le travail est très important. On retrouve cette position française en 2008, comme vous le voyez ici, j'ai mis en jaune, et en 2017-2018, où nous continuons à être à peu près 60 % à dire que le travail est très important. Alors maintenant, regardons ce que les différentes tranches d'âge répondent, toujours dans l'enquête sur les valeurs des Européens, ici la vague 2017-2018. Regardons ce que les gens répondent lorsqu'on leur demande ce qu'ils considèrent comme important personnellement. Quels sont les aspects que vous pensez personnellement être importants dans un emploi ? Alors évidemment, vous voyez, les jeunes sont en orange, la tranche intermédiaire en bleu, et les seniors, les plus de 60 ans, en vert. Évidemment, les gens sont nombreux à répondre que ce qui est important dans un emploi, c'est d'avoir un bon salaire. C'est le premier réflexe, je dirais, la première réponse qui nous vient à l'esprit. Et nous voyons que les jeunes sont plus nombreux, un petit peu plus nombreux que les autres tranches d'âge à le répondre. Mais regardez, regardez ici une réponse qui rassemble plus de suffrages encore. que le salaire, c'est le fait de pouvoir accomplir, réussir quelque chose. Et là, vous voyez que les jeunes sont 81 % et qu'ils sont plus nombreux que la classe intermédiaire ou les plus âgés à répondre que ce qui est important dans un travail, c'est d'accomplir quelque chose, de réussir quelque chose. Et ici, vous voyez d'autres réponses, notamment d'avoir un emploi avec des responsabilités. Je veux aussi attirer votre attention sur ces réponses, parce que souvent on dit que les jeunes ne veulent plus Non seulement ils ne veulent plus bosser, mais ils ne veulent plus manager, ils ne veulent plus avoir de responsabilité. Vous voyez ici qu'un emploi avec des responsabilités est plébiscité plus par les jeunes que par les autres catégories. Donc voilà un premier graphique tout à fait important. Je reste dessus pour l'instant pour commenter cela. Donc les jeunes, ils mettent en premier le niveau de rémunération, mais moins que les plus âgés, donc ils semblent moins matérialistes que les autres. Et je continue par donner moi mon petit... Qu'est-ce que je voulais vous montrer ? Ouais ? Voilà, c'est ça aussi, c'est qu'en 2023, donc là je vous avais montré les résultats 2018, alors vous pourriez me dire, ben ouais mais c'était avant le Covid, donc les choses ont peut-être changé depuis le Covid. Ben là je vous montre précisément la dernière enquête dont on dispose, c'est l'enquête du Credoc, qui est passé en 2023, le baromètre jeunesse, et qui montre que depuis la crise sanitaire, les jeunes continuent à avoir de très fortes attentes à l'égard du travail. Ils sont plus nombreux que les plus âgés à considérer que le travail, c'est une source d'épanouissement et de fierté. Regardez ce graphique qui date de 2023, du Credoc. Quand on demande aux gens qu'est-ce que c'est pour vous le travail aujourd'hui, Qu'est-ce que c'est pour vous ? Principalement. Eh bien, vous voyez que c'est principalement un moyen de gagner sa vie pour tout le monde, mais encore plus. Alors là, c'est la tranche intermédiaire qui le dit, mais les jeunes sont moins nombreux que les autres à dire que le travail, c'est d'abord un moyen de gagner sa vie. Donc, on pourrait dire, si on reprend les catégories d'Ingolart qui sont moins matérialistes que les plus âgés, Et ils sont en revanche plus nombreux, ou en tout cas plus nombreux que la génération intermédiaire, à considérer que c'est une source d'épanouissement et de fierté. Je signale aussi l'importance ici de cette réponse, une source de stress et de mal-être quand même pour 15% des jeunes, ce qui semble tout à fait important. Et puis, autre proposition graphique du Credoc pour l'INGEP, là on demande aux personnes quels seraient les principaux éléments, si vous deviez choisir un emploi aujourd'hui, que vous prendriez en compte parmi les éléments suivants. Alors évidemment le niveau de rémunération vient en premier, moins là encore pour les jeunes que pour les plus anciens. Alors on peut dire que c'est normal parce qu'ils n'ont peut-être pas encore de famille, donc ils ont moins de besoins. d'un salaire important. Bon, mais quoi qu'il en soit, le fait qu'il serait plus post-matérialiste que les autres, plus attaché finalement aux dimensions expressives du travail est évident ici. Et puis, vous voyez que la possibilité de conjuguer sa vie de famille et sa vie professionnelle vient également très vite, vient en deuxième position. et l'intérêt et le contenu du travail en troisième position. Et puis, vous voyez, si on regarde ici à l'autre bout, la possibilité d'agir au travers de votre travail sur des sujets qui vous tiennent à cœur, eh bien, on a un nombre beaucoup plus important de jeunes que de plus âgés qui revendiquent cette possibilité d'agir au travers du travail. Donc, si je résume, on a des Français qui ont de très fortes attentes à l'égard du travail. C'était vrai en 1999, en 2008, en 2017, 2018, et c'est toujours vrai en 2023 et en 2024. Les jeunes sont encore plus attachés au travail que les autres. Leurs attentes sont un peu plus matérialistes que celles des autres. Il faut aussi remarquer, je ne vous ai pas mis le graphique ici, lorsqu'on interroge les jeunes d'une manière générale sur leur vie au travail, pour les jeunes qui travaillent, ils disent qu'ils sont assez satisfaits finalement, lorsqu'on leur dit quel est le libellé exact de la question. êtes-vous satisfait à votre travail ? Diriez-vous que votre emploi actuel vous permet de vous réaliser professionnellement ? Et bien, la plus grande partie des jeunes répondent oui. Et pourtant, une partie importante des jeunes souhaitent se reconvertir, et c'était un peu le point fort de ce rapport que nous venons de rendre à l'INJEP, cette idée que à la fois, et ça peut paraître un paradoxe, mais à la fois les jeunes sont très attachés au travail, leurs attentes sont immenses, Ils sont pour la plupart satisfaits, mais une partie importante d'entre eux veulent se reconvertir, 36 % selon le CEREC. Là, je m'appuie sur l'enquête génération 2017 du CEREC qui a interrogé les jeunes sortant de formation trois ans après leur sortie, donc en 2020, et encore trois ans après en 2023. Et qu'est-ce que le CEREC voit ? C'est que 36 % des jeunes souhaitent se réorienter et un quart ont déjà engager des démarches pour le faire. Beaucoup plus que les plus âgés. Alors de quoi s'agit-il quand on parle de reconversion ? Eh bien la plupart veulent changer de métier. Alors c'est soit de réorientation que nous avons étudiés, ils sont moins fréquents parmi les jeunes très diplômés, parmi les jeunes titulaires d'un diplôme du supérieur long, et ils sont plus fréquents parmi les non-diplômés. Et donc, on a un niveau de diplôme qui influe sur les motifs évoqués. Alors, la question que nous avons posée avec mes collègues, c'est comment expliquer ce paradoxe ? C'est-à-dire que les jeunes sont très attachés au travail, mais sont quand même beaucoup plus d'un tiers à vouloir se reconvertir, et c'est-à-dire à vouloir changer de métier, de profession. Et donc, en fait, on a suggéré plusieurs hypothèses. On a suggéré trois grandes hypothèses. Le rôle des conditions de travail, le rôle de l'âme précarité, précarisation du marché du travail, plus grande fragilité du marché du travail pour les jeunes, et puis une explication qui s'intéresse plus au système éducatif. Alors, pour vous montrer un peu comment on a construit ces réponses, je m'arrête un peu longuement sur les conditions de travail. Ces conditions de travail, elles sont très médiocres pour l'ensemble des Français et plus encore pour les jeunes. Comment on en arrive là ? Comment on sait ces choses-là ? On a deux très belles enquêtes en France et en Europe. On a deux très belles enquêtes conditions de travail. L'enquête française qui date de 1978 avec la dernière vague qui date de 2019. D'ailleurs, ce n'est pas totalement vrai. C'est la dernière vague dont on a les résultats parce qu'il y a une autre vague qui est passée et dont on attend les résultats. C'est un échantillon très représentatif, scientifiquement construit. Et puis la petite sœur, l'enquête européenne qui date de 1990, dont la dernière vague que j'ai exploité avec des collègues date de 2021 et qui permet de comparer les différents pays. Je vous montre quelques résultats parce que vous allez voir que cette affaire de conditions de travail est très importante et que tout se passe finalement comme si les immenses attentes que les Français et parmi eux plus encore les jeunes portent sur le travail, venaient se fracasser en quelque sorte sur la réalité des conditions d'exercice du travail et entraînaient une énorme déception, une énorme désillusion chez les Français d'une manière générale et plus encore chez les jeunes. Ici, je vous montre un papier très important que la DARES, la direction statistique du ministère du Travail, a publié en 2023 en pleine manifestation contre la réforme des retraites. Que nous disait ce papier ? Vous voyez ces premières images. ces premières lignes, en 2019, 37% des salariés ne se sentent pas capables de tenir dans leur travail jusqu'à la retraite. Vous voyez combien ce papier était important, puisqu'il expliquait parfaitement la violence de la réaction à l'annonce des de la réforme des éléments composant la réforme des retraites, puisqu'il montrait que déjà en 2019, 37% des personnes se disaient qu'elles ne pourraient pas tenir dans leur travail jusqu'à la retraite. Donc si on allongeait ce temps de travail, ça serait encore bien pire. on voit comment les réponses se répartissent. Vous voyez que les jeunes sont beaucoup plus nombreux que les autres à dire qu'ils ne se sentent pas capables de tenir dans leur travail jusqu'à la retraite. Vous voyez qu'ils sont presque 60 %, c'est énorme. Les 50 % et plus, ils ont disparu soit parce qu'ils étaient déjà épuisés, ils n'ont pas pu tenir dans ce travail, soit parce qu'ils ont été éjectés, soit parce qu'ils ont réussi à trouver un autre travail. Les femmes le disent plus que les hommes. Lorsqu'on a des enfants, ça augmente Cette réponse, et la CSP est importante également, mais elle n'est pas très distinctive puisque les cadres, 32 %, sont presque autant nombreux que les employés et les ouvriers, a indiqué qu'ils ne se sentent pas capables de tenir leur travail jusqu'à la retraite. Maintenant, je vous montre les résultats de l'enquête européenne qui date de 2021. Alors, c'est en effet un moment assez particulier, on était encore un peu dans le Covid, ça peut peut-être expliquer des choses. Il n'en reste pas moins que ce que montrent ces résultats, c'est que la France est très mal placée en matière de conditions de travail par rapport aux autres pays. Et ce n'est pas seulement cette enquête, mais beaucoup d'autres qui confortent cette idée. Alors, je vous montre rapidement ces résultats avant d'en arriver aux jeunes. Vous voyez le logo d'Alternatives économiques parce qu'on a publié les premiers résultats de cette exploitation dans Alternatives économiques. En orange, la France. En violet, vert et bleu foncé, les bons élèves et en bleu clair, la moyenne des États membres de l'Union européenne à 27. Vous voyez que sur un certain nombre de critères qui définissent la pénibilité, les postures douloureuses, le port de charges lourdes, les mouvements répétitifs de la main ou du bras, l'exposition à des produits toxiques, la France fait systématiquement pire que les bons élèves et que la moyenne de l'Union européenne à 27. C'est ça qui est très, très ennuyeux. Donc ça, c'est sur la pénibilité physique. Ce que nous montre le graphique suivant, c'est que nous avons plus d'un salarié français sur deux qui travaille dans l'urgence. On parle d'intensification du travail, et donc on travaille dans des délais stricts et courts de plus en plus, et comme vous le voyez, en France plus qu'ailleurs. Le soutien que nous obtenons de nos collègues est moins fréquent que dans d'autres pays, comme vous le voyez sur ce graphique. Nous sommes moins consultés ou nous pouvons moins influencer les décisions importantes pour notre travail. que d'autres pays, et c'est un point tout à fait essentiel. Nous considérons, et la question est vraiment libellée ainsi, que notre santé et notre sécurité sont menacées à cause de notre travail. Vous voyez que les Français sont presque 40% à le dire. que nous souffrons d'un ou plusieurs problèmes, nous avons souffert, les personnes déclaraient avoir souffert d'un ou plusieurs problèmes de santé durant les douze derniers mois, alors pas nécessairement en lien avec le travail. Et quand on regarde la part de personnes qui déclarent être bien payées pour les efforts fournis, nous en France nous sommes 45 % contre 68 % en Allemagne. Et donc quand on fait un indice synthétique de la qualité de l'emploi, nous voyons que la France est en queue de peloton près de la Slovaquie, vous voyez, et que pratiquement 40 % des salariés se déclarent en situation d'emploi tendu, c'est-à-dire dans un emploi qui est très exigeant et qui n'offre que peu de ressources pour faire face à ces exigences. Voilà pour ce panorama des conditions de travail générales. Alors, le problème, c'est que les jeunes, plus encore que les autres tranches d'âge, sont très exposées aux diverses pénibilités que je viens de vous signaler. Ils sont particulièrement exposés aux pénibilités physiques et émotionnelles. Pourquoi ? Parce qu'ils sont souvent, ils rentrent comme ça dans des emplois qui sont moins qualifiés, qui nécessitent moins de qualification. Par exemple, on peut penser aux hôtesses d'accueil, les hôtesses d'accueil qui subissent des contraintes posturales élevées. Elles doivent bien se tenir, être bien habillées, rester debout, être souriantes, etc. Elles doivent donc contraindre leur corps, on a pas mal de recherches, là je vous cite un certain nombre de recherches qui ont été faites en sociologie du travail, elles doivent contraindre leur corps de manière à correspondre aux attentes des clients en matière de présentation de soi. On a aussi la dimension d'intensité du travail, la rapidité, par exemple dans la restauration rapide qui emploie énormément de main-d'œuvre juvénile qui est connue pour ses cadences extrêmes. Idem pour le secteur de la logistique où il y a énormément de jeunes parce qu'on considère qu'ils sont plus capables que les plus vieux de faire des travaux physiques Donc tout cela avec des pénibilités physiques fortes. Donc ça va entraîner évidemment toutes ces pratiques, ça va entraîner souvent un départ massif au bout de quelques temps, quelques mois, quelques années pour les jeunes qui ont beaucoup de mal à supporter cela. Et l'enquête conditions de travail de l'adresse dont je viens de vous parler, elle permet d'apporter et elle vient d'apporter parce que le graphique que je suis en train de… l'extrait que je suis en train de vous projeter vient de mettre le projecteur sur les spécificités des conditions de travail des jeunes salariés. Ce papier qui vient d'être publié montre que les jeunes sont davantage exposés que leurs aînés aux contraintes physiques. qu'ils connaissent une moindre autonomie au travail et qu'ils connaissent une insécurité professionnelle accrue. Alors, pour rentrer un peu dans le détail, d'abord ils se distinguent de leurs aînés du point de vue de l'exposition aux contraintes physiques. Surtout les moins de 24 ans. Évidemment, si vous prenez des jeunes de moins de 24 ans, ce sont des jeunes qui n'ont pas fait de très longues études, donc ils vont être sur des postes moins qualifiés. Donc ces jeunes, et surtout les moins de 24 ans, ils restent longtemps debout ou dans une autre posture pénible ou fatigante, ils effectuent des déplacements à pied longs ou fréquents, ils portent ou déplacent des charges lourdes, ils effectuent des mouvements douloureux, fatigants, ils subissent des secousses, des vibrations, et tout ce que je vous ai montré tout à l'heure pour l'ensemble de la population est encore renforcé pour ces jeunes. Donc, commencer à travailler jeune, très souvent, ça signifie s'engager dans des parcours marqués par la pénibilité. Premier point, des jeunes qui se distinguent par leur exposition aux contraintes physiques. Deuxièmement, des jeunes qui se distinguent sur une autre dimension, celle de l'autonomie. Les jeunes sont moins autonomes que les autres. Et c'est très important, le Collège d'expertise sur les risques psychosociaux a montré que le manque d'autonomie était un facteur de risque psychosocial. Et puis, autre dimension importante des conditions de travail des jeunes, c'est leur insécurité socio-économique, c'est-à-dire la peur de ne pas trouver de travail stable, la peur de perdre son travail. Et donc, là encore, dont vous voyez sur ces trois dimensions une spécificité des jeunes. Et ce qui est très intéressant, c'est que ce n'est pas seulement les jeunes non diplômés qui supportent cela, mais tous les jeunes, quelles que soient leurs conditions de diplôme. Deuxième hypothèse, je vous ai dit, on fait trois hypothèses avec mes collègues pour essayer d'expliquer pourquoi les jeunes sont si nombreux à vouloir changer d'emploi. Un, très clairement, c'est les conditions de travail, des conditions de travail très dures, plus dures pour les jeunes que pour les autres, qui expliquent ce souhait de changer de métier. Deuxième explication, c'est le caractère très précaire de leur entrée sur le marché du travail, c'est-à-dire que les jeunes font clairement office de variable d'ajustement du marché de l'emploi et ils sont en première ligne, il y a beaucoup de travaux qui ont montré ça depuis longtemps, je pense aux travaux de Florence Lefrenne il y a quelques années, en première ligne du mouvement de flexibilisation du marché du travail et leur taux de chômage, je vais y revenir, est systématiquement plus élevé qu'en moyenne dans la population. Ces moins de 25 ans, si on veut regarder le caractère plus ou moins stable de leur insertion sur le marché du travail, on voit qu'ils sont plus fréquemment en CDD, en intérim, en alternance ou en stage, et le plus souvent ils n'ont pas opté pour cela, ils n'ont pas choisi cela. Je crois qu'il faut qu'on voit bien que les jeunes sont les premières victimes des transformations du marché de l'emploi. Je rappelle qu'en 2025, le chômage des 15-24 qui avait un peu diminué s'élevait quand même à 21,5% contre 7,9% pour l'ensemble de la population active, avec pour les non-diplômés un taux qui montait à 34%. ça je l'ai déjà dit, que les jeunes qui travaillent sont le plus souvent en contrat temporaire, mais il faut voir aussi, et les enquêtes du CEREC le montrent très bien, qu'ils accèdent de plus en plus difficilement à la stabilité de l'emploi, et puis on a une proportion, mais tout ça vous le savez très bien, vous qui êtes un public spécialisé, les NITS, les fameux NITS, qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études, sont quand même très nombreux en France. Alors, j'ai fini ce que je voulais raconter sur mon diaporama. Pour vous raconter ma… mais j'y reviens pour terminer ma présentation. Ce qu'il faut que l'on voit bien, c'est que… cette question du taux de chômage, des conditions de travail difficiles, de la précarité de leur insertion sur le marché du travail, ça aboutit à une désillusion. Et c'est pour ça que nous évoquons avec mes collègues une troisième hypothèse, qui tente de comprendre pourquoi il y a un tel décalage entre finalement ces attentes et la réalité des conditions d'exercice. Et c'est quelque chose évidemment qui peut vous intéresser tout spécialement. Là, nous avons dans notre troisième hypothèse, qui met en avant la spécificité du système éducatif français, nous mobilisons les travaux qui s'appuient sur des comparaisons internationales et qui mettent l'accent sur le fait que les expériences des jeunesses françaises mettent particulièrement l'accent, c'est les travaux de Cécile van Veldt, sur la nécessité pour les jeunes de se placer au sein de hiérarchies prédéfinies. C'est-à-dire, Cécile van Veldt avait Cécile Vandevelde avait fait une recherche il y a quelques années très très intéressante dans laquelle elle comparait quatre manières pour les jeunes de s'insérer sur le marché du travail. Elle avait comparé les Danois, les Français, les Espagnols et je crois les les Italiens ou peut-être l'Espagne, je ne sais plus. Mais en tout cas, ce qui était très intéressant, c'est qu'elle montrait la grande différence dans les manières de s'insérer, avec par exemple les Danois qui, leurs études une fois terminées, et assez tôt d'ailleurs, partaient très vite de la maison, ils étaient chassés de la maison à 21 ans de toute façon, et par accord complet avec leurs parents, ils quittaient la maison très tôt, lorsqu'ils finissaient leurs études qui n'étaient pas toujours très longues, ils partaient faire une sorte de tour du monde, ils revenaient à l'université, mais quand vous êtes à l'université, vous pouvez acquérir des points pour, pardonnez-moi, lorsque vous travaillez, vous pouvez acquérir des points pour revenir à l'université. Donc vous avez comme ça une flexibilité du parcours beaucoup plus grande que dans notre pays. En revanche, dans notre pays, il y avait une forme de lutte pour les places, avec un sentiment d'urgence, cette idée qu'on ne peut pas redoubler, on ne peut pas s'arrêter, qu'on doit, et on le voit bien avec aujourd'hui les résultats de Parcoursup et de mon master, il faut absolument, Elisabeth Borne disait même, depuis la maternelle, connaître ses choix professionnels, comment on va s'orienter, choisir la meilleure école primaire pour aller dans le meilleur collège, puis le meilleur lycée. Et on a comme ça dans notre système une forme de pression qui pèse sur les jeunes, qui va d'ailleurs être identique ensuite dans le monde du travail, une sorte de lutte pour les places avec le souci de mettre en évidence une forme de performance dans cette capacité à être les meilleurs qu'on ne trouve pas dans d'autres pays. Et donc ces projets d'orientation qui sont construits précocement, ils renforcent l'idée selon laquelle une erreur d'aiguillage est difficilement rattrapable et ils génèrent une forme de, ce que nous apprenons avec mes collègues, une forme de verrouillage des parcours. Et donc les étudiants et étudiantes françaises, ça se voit si vous connaissez des jeunes qui sont partis faire des études ailleurs, les étudiants français sont beaucoup plus jeunes que les autres, ils prennent moins de temps, ils ne prennent pas le temps de tâtonner, d'essayer de voir ce qu'il en est des différents métiers, puis de revenir. Il n'y a pas cette logique d'essayer de prendre le temps de comprendre. En France, ce qu'on voit bien, c'est que non seulement on est pressé, mais aussi, et on le voit très bien en ce moment avec, je le disais, Parcoursup et mon master, des jeunes qui essayent de se laisser les portes ouvertes le plus longtemps possible, mais qui finalement n'ont qu'une très valide idée de la réalité des métiers qu'ils exerceront, et donc qui repoussent ce choix le plus loin possible. Et donc, dans notre travail avec mes collègues, nous rejoignons l'ouvrage très intéressant de François Dubé et Marie Durubella, l'emprise scolaire, qui accroît le rapport instrumental aux études des jeunes Français, dont les choix semblent avant tout commandés par la rentabilité des études. À l'opposé, les jeunesses suédoises et danoises, par exemple, se caractérisent par des trajectoires d'études et d'emplois plus progressives, avec une plus grande autonomie de choix entre des expériences possibles, et les cheminements des étudiants, avec notamment cette organisation dont je vous ai parlé tout à l'heure, une organisation à la carte des études, permettent finalement, c'est la thèse de Cécile Vandewelde, de progresser graduellement vers leur projet de vie et de se trouver. Et donc, il y a une place plus grande laissée à l'exploration et à l'expérimentation. Voilà, c'est ce que je voulais vous dire. Maintenant, j'essaye de vous retrouver, d'arrêter donc mon partage. Vais-je y arriver ? Certainement. Poursuite, voilà. Donc c'est ça que je voulais souligner, si je résume. C'est ça que je voulais bien mettre en évidence. Un, l'idée que les jeunes ne voudraient plus travailler est absolument fausse, ce qui est sans doute vrai. Donc, ce que je vous ai montré, c'est que les attentes des jeunes sont énormes. Et elles sont énormes pourquoi ? Elles sont énormes parce qu'ils sont de plus en plus diplômés. On a 53% des jeunes de 25 à 34 ans qui sont diplômés de l'enseignement supérieur. Donc, ils arrivent avec des attentes légitimes qui sont de plus en plus importantes. Mais les postes n'ont pas évolué de la même manière, c'est-à-dire qu'un certain nombre des métiers qu'on leur propose ne ne les satisfont pas et ne satisfont pas des attentes qui sont désormais très fortes sur notamment la volonté d'avoir un travail intéressant. C'est un mot qui revient très souvent. Donc le fossé que l'on constate entre les attentes et les conditions d'exercice, et la déception qui caractérise le rapport des Français avec le travail, est amplifiée considérablement, décuplée chez les jeunes. Jeunes dont nous découvrons avec stupeur que les conditions de travail sont plus difficiles que celles de toutes les autres tranches d'âge. et qu'ils sont en quelque sorte corsetés dans leurs attentes par, je dirais, la rigidité du système éducatif. Voilà ce que je voulais vous dire. Et maintenant, évidemment, je m'apprête à répondre, à essayer de répondre à vos questions. Alors, merci Madame Léda. Je vais laisser Michel vous poser peut-être la première question. Oui, alors une question de notre collègue Carole Aubert. J'espère bien le retranscrire. Alors, quelles réalités sont les jeunes ? Certaines études présentent des résultats très hétérogènes en contrôlant la variable socioculturelle, la variable géographique, voire la variable de genre, à rajouter une autre collègue de l'université. Oui, vous avez parfaitement raison. C'est ce que j'ai essayé de rappeler au début quand je citais cette étude du Centre d'études de l'emploi. Dire les jeunes, ça ne veut rien dire. Il y a une grande diversité. Alors, dans les études que je vous ai présentées, il n'y a pas une énorme différence selon le genre, mais une forte différence selon le diplôme, c'est-à-dire dans l'ensemble des études que je vous ai présentées, celles de 72, Jusqu'à aujourd'hui, la variable de diplôme joue beaucoup, c'est-à-dire qu'on a plus de diversité intragénérationnelle, je dirais, que de diversité intergénérationnelle. Mais, ça me permet de vous dire un mot de... du genre tout de même et des femmes. Alors, je dis ça aussi en tant qu'enseignante parce que j'ai en face de moi des classes dans lesquelles il y a beaucoup de jeunes femmes. Et surtout, quand on lit des études que vous connaissez aussi bien que moi sur l'orientation des jeunes femmes, on sait bien que cette orientation pose un problème, c'est-à-dire que les jeunes femmes s'orientent plus massivement à l'université que vers des écoles techniques, par exemple, qu'elles s'orientent plus vers des métiers à vocation, santé, éducation, etc., qui s'avéreront finalement être moins rémunérateurs. Et surtout, ce que je voudrais rappeler, c'est ce résultat qui est bien mis en évidence dans la dernière note du Conseil d'analyse économique sur l'égalité hommes-femmes, qui montre le poids des différences d'orientation dans les carrières et les revenus des hommes et des femmes. C'est une note qui souligne qu'on a toujours 30 % de différence dans les revenus des hommes et des femmes aujourd'hui, et que l'orientation joue un rôle majeur dans cette différence. Moi, j'ai pas mal travaillé sur ce sujet il y a des années, mais on voyait déjà, par exemple, on s'intéressait à la question des ingénieurs. Les jeunes filles, quand on les interrogeait, répondaient que le métier d'ingénieur, ce n'est pas bien, c'est gris. Et puis, elles ne voyaient pas très bien ce que c'était. Et donc, je pense qu'il y a aussi un problème dans la description de ce que recouvrent les métiers. On sait bien que les filles s'orientent moins vers les classes scientifiques. Elles semblent moins tentées par les mathématiques. Il y a eu des très beaux livres de sociologie sur cette question, avec l'influence prépondérante du milieu social et des loisirs scientifiques pour les garçons et pas pour les filles. Il y a eu l'impact majeur de la réforme du bac de Jean-Michel Blanquer sur la moindre capacité des filles à rejoindre des filières scientifiques et techniques. Je pense que vous êtes mieux placé que moi pour savoir que cette question de l'orientation des jeunes filles est absolument centrale. Merci. Alors, il y a plein d'autres questions qui arrivent. Il y en a une, je ne les prends pas forcément dans l'ordre, mais il y en a une que j'avais envie de vous poser. Comment parler des métiers et des conditions de travail avec les jeunes au vu de leurs ressentis ? Vous avez parlé effectivement, il y a beaucoup d'études qui montrent que finalement, ils ont des attentes, ils ont des illusions. Et du coup, par rapport à ça, comment en parler avec eux ? Comment échanger avec eux sur ce point-là ? Je ne sais pas aujourd'hui comment ça se passe l'orientation, mais je pense qu'il faudrait qu'on soit capable de leur donner des descriptions beaucoup plus précises, c'est-à-dire sans doute des films sur la réalité du métier. À quelle heure on arrive ? Comment on travaille ? Est-ce qu'on travaille tout seul ou est-ce qu'on travaille avec les autres ? Est-ce qu'on travaille avec des machines ? Est-ce qu'on travaille avec du voice speaking ? Vous voyez, on parle toujours de salaire, mais on ne parle jamais vraiment des conditions d'exercice du travail avec tout ce que je vous ai montré, c'est-à-dire, est-ce qu'il fait chaud ? Est-ce qu'il y a du bruit ? Alors vous allez me dire, si on leur présente ça, ils ne voudront jamais y aller. Oui, mais d'une certaine manière, tant mieux, parce que s'ils n'y vont pas, ça montrera qu'il y a vraiment des problèmes dans ces métiers et on sera obligé de changer les conditions d'exercice de ces métiers. peut-être pour leur éviter justement de mauvais choix. Donc je pense que plus l'information est détaillée, s'appuie peut-être sur des vidéos montrant à la fois les avantages et les inconvénients de ces métiers. Quand je dis avantages et inconvénients, je pense aux métiers d'aide-soignante par exemple. Et je me souviens de la question, j'ai une doctorante qui a fait sa thèse sur le travail en douze heures à l'hôpital. Je pense que c'est important pour les gens de savoir qu'on peut travailler en douze heures à l'hôpital, parce que certains vont trouver ça super, on a douze heures puis après on a du temps de récupération, et d'autres vont trouver ça insupportable. Donc voilà, je pense vraiment qu'il faut rentrer dans les caractéristiques profondes du métier. Merci pour votre réponse. Alors, je prends moi aussi un peu au hasard parce qu'il y a plein de questions qui arrivent, donc ça c'est bien, ça suscite beaucoup de questionnements. Donc, que pensez-vous dans ce cas des immersions en entreprise dans le cadre des stages de troisième, seconde, et des polémiques autour de la dangerosité potentielle pour les jeunes et la possibilité de découvrir réellement un métier ? Bon, là-dessus, oui, il y a beaucoup de discussions sur cette question. On sait très bien l'importance du réseau, notamment du réseau familial, pour trouver des stages. Donc, on sait que les classes aisées vont envoyer leurs chez Rubens, dans des lieux assez protégés finalement et assez intéressants qui leur permettront peut-être plus tard de trouver ou pas un métier, en tout cas qui accroîtront leur réseau. Et puis il y a ceux qui ne peuvent pas, qui n'ont pas ce réseau et qui vont se retrouver, en ayant parfois beaucoup de mal, dans des endroits qui peuvent en effet être dangereux. En plus, les sociologues sont très attentifs à ça, je pense qu'on ne se comporte pas de la même manière. quand on est un professionnel, devant des jeunes qui vous observent qu'au quotidien. Donc, moi, c'est pas mal, évidemment, de permettre aux jeunes de connaître, c'est même la meilleure manière de connaître la réalité, en tout cas d'une entreprise, sinon d'un métier. Mais moi, je serais encore plus en faveur, vraiment, de sorte de mouk, enfin de film, qui mettent en évidence les conditions d'exercice dans toutes leurs dimensions. Merci. Une autre question, là, plus du côté des employeurs. Est-ce qu'une étude a été faite pour évaluer l'adaptation des structures employeuses grâce et sous pression en relation avec les pressions des jeunes ? C'est-à-dire que là, vous nous avez expliqué dans les études que les jeunes, effectivement, trouvaient les conditions de travail pas forcément évidentes. Est-ce que, du coup, ça, s'il y a eu un retour auprès des entreprises, des employeurs, pour qu'il y ait quelque chose qui évolue de ce côté-là ? C'est toute la question du rapport de force entre les employeurs et les salariés. On a eu un moment d'inversion en 2022, juste après le Covid, et précisément au moment de cette grande démission. Il y a eu une rétention de main d'œuvre évidemment, et puis après un moment qu'on a appelé la grande démission et qui en fait a été un moment où des gens qui avaient des conditions de travail terribles en ont profité pour changer d'emploi et prendre des conditions de travail moins terribles. Donc, ce qu'on a appelé la grande démission, c'était en fait le grand changement à cause des conditions de travail. On a cru que grâce à la reprise post-Covid, on allait connaître un retournement. On a cru aussi qu'à cause de l'engagement des jeunes dans la lutte contre le changement climatique, les entreprises allaient devoir faire très attention aux pratiques, à leur comportement. Ça ne s'est pas passé. On n'en est pas encore là. En même temps, il y a aujourd'hui un certain nombre d'auteurs, que je ne suis pas moi, qui disent qu'avec le retournement démographique, on va avoir un retournement radical du rapport de force, c'est-à-dire que puisque la population active va diminuer, on va avoir encore plus de pénurie de main d'œuvre et donc que les entreprises seront obligées de changer leurs conditions de travail ? Je n'en suis pas certaine et je dirais qu'on n'y est pas. C'est-à-dire que vraiment, pour que les entreprises changent les conditions de travail, il faudrait avoir de très, très, très, très fortes pénuries de main-d'œuvre et il faudrait avoir un ensemble d'éléments, par exemple, stopper l'immigration, etc., qui les étoufferaient en quelque sorte. Ma réponse, non, pour l'instant on n'a pas vu ce retournement et il faudra des conditions assez drastiques pour qu'on le voit à l'œuvre. Mais ça devrait être, mon idée est que ça devrait être un élément majeur de discussion, notamment de la prochaine campagne présidentielle, cette affaire de conditions de travail et du fait qu'on est obligé d'ouvrir le chantier des conditions de travail aujourd'hui, notamment si on veut parler retraite. On ne peut pas parler retraite, si on n'ouvre pas le chantier des conditions de travail et si on n'ouvre pas un autre chantier très important, ce qui est celui de la valeur sociale des métiers. Là encore, des choses ont été dites au moment du Covid là-dessus, ces métiers essentiels qui sont sous-payés, etc. Il ne s'est rien passé. Je pense que c'est le deuxième chantier que nous avons à ouvrir avec un troisième, si vous me permettez. c'est celui de la co-détermination, c'est-à-dire de permettre aux salariés d'avoir beaucoup plus non seulement droit à la parole, mais voir à la décision dans les entreprises et dans l'ensemble de l'économie. Merci. Une autre question d'un de nos collègues aussi de l'ONICEP. Certains jeunes très diplômés, notamment les ingénieurs, sont attirés après quelques années d'emploi par des métiers dits plus manuels. Exemple des ingénieurs en génie civil attirés par les métiers du voile, notamment charpente. Est-ce que c'est une tendance qui va s'accroître et quelles leçons en tirer ? Alors, c'est une très bonne question. Je dirais que ça va dépendre un peu de l'impact de la double tendance qu'on est en train de voir. et de l'intensité de chacune, je dirais, c'est un, la suppression d'un certain nombre de métiers de col blanc par l'IA, et deux, la nécessité de développer un certain nombre de métiers plus manuels dus à ce que j'appelle la reconversion écologique de nos sociétés. Pour l'instant, il me semble que c'est une minorité de jeunes qui opèrent ces reconversions. Je n'ai pas de chiffres. On voit en effet un certain nombre de jeunes qui, un petit peu dans la logique, je ne sais pas si vous connaissez ce livre « Éloge du carburateur » de Matthew Crawford, il travaillait dans un cimetan qui s'ennuyait prodigieusement et il décide de devenir réparateur de motos. Et ça lui procure de très grandes satisfactions parce qu'il développe une action qui a un début et une fin, il voit ce qu'il fait et il en acquiert beaucoup, il trouve que c'est très gratifiant. Donc pour l'instant je dirais changement minoritaire. Maintenant si le backlash sur la transition écologique n'est pas trop fort et qu'on dirige nos sociétés vers en effet moins d'émissions de gaz à effet de serre, donc des métiers qui seraient moins générateurs d'émissions de gaz à effet de serre, qui utiliseraient moins d'énergie et plus de travail humain finalement. On voit ce que ça peut être si on regarde l'exemple de l'agriculture, notamment le changement, le passage d'une agriculture conventionnelle très mécanisée et pleine de pesticides à une agriculture plus biologique. On aura besoin de plus de travail humain et à ce moment-là de plus de de ce genre de métier. Et peut-être qu'il pourrait y avoir d'ailleurs une convergence entre ce que fait l'IA et ce que fait la transition écologique vers une multiplication des métiers manuels. Mais voilà, pour l'instant, je n'ai pas de quoi le mesurer. Merci. On va prendre une toute dernière question parce que je vois que l'heure avance. Alors, dans quelle mesure la socialisation numérique renforce-t-elle les stéréotypes et les représentations clichés sur les activités professionnelles ? comment renforce-t-elle le manque d'ambition scolaire et professionnelle d'une partie de la jeunesse ? C'est vrai que je lui ai demandé de faire court, mais voilà, c'est la dernière question. Oui, très bonne question. Je vous renvoie aux travaux que vous devez connaître d'Isabelle Collet sur l'informatique. Là, je prends un prisme genre pour vous répondre. Isabelle Collet montre que À un moment, les filles faisaient beaucoup d'informatique, étaient intéressées par ces métiers, et puis l'informatique est devenue à la mode et elles ont été complètement virées de ce métier, elles n'en font plus. Sur le numérique, c'est absolument catastrophique. Les filles ne sont pas, ne font pas et ne sont pas dans le numérique, dans l'IA, etc. Donc, je pense que c'est tout à fait catastrophique. Et ça veut dire que ce sont des modèles masculins qui sont mis en évidence. Alors on le voit aujourd'hui, Elon Musk, Sam Altman, etc. Et de plus, ces machines, on le sait, reproduisent des biais de genre énormes. Donc là, il faut absolument que l'on mette en place des dispositifs pour contrôler et encadrer cela et sans doute pousser les filles. Moi, ça serait, même si je ne trouve pas ça très agréable, mais je pense qu'il faut quand même pousser les filles à faire des maths, à faire de l'informatique, à aller dans le numérique, et que pour cela, il faut sans doute réfléchir. C'est ce que propose Clémence Péronnet dans ses travaux sur les maths, changer l'enseignement des mathématiques et des questions numériques. Merci beaucoup, merci infiniment pour votre intervention. Donc la conférence sera à disposition et en rediffusion sur le site. Chers internautes, merci à vous pour votre présence, votre écoute active et pour vos questions qui enregistrent notre webinaire. Nous aurons le plaisir de nous retrouver à la rentrée, donc le 16 septembre à 14h. Et nous recevrons Madame Lucie Bonnefoy, qui est docteure en psychologie à l'Université catholique de l'Ouest à Angers. Sa conférence s'intitulera « Du lycée à l'université, quelles transformations académiques, sociales et culturelles ? » Et donc, je vous remercie encore une dernière fois, Madame Méda, pour vos travaux, votre intervention et votre participation à notre rendez-vous de l'Orientation. Un grand merci à vous toutes et tous. Merci beaucoup.
Entre défis environnementaux, sociétaux et numériques, comment la jeunesse peut-elle s’adapter au monde de l’emploi, y trouver sa place et apporter des solutions novatrices pour, peut-être, créer un nouvel art de vivre le travail ? Une réponse sociologique et philosophique essentielle, proposée par Dominique Méda, professeure de sociologie à l’université Paris Dauphine, philosophe et haute fonctionnaire.
Vidéo publiée en juin 2026
Cela peut vous intéresser
Rapport des jeunes au travail : vers une nouvelle quête de sens ? 3 questions à Dominique Méda
Dominique Méda, professeure de sociologie à l’université Paris Dauphine, philosophe et haute fonctionnaire, souligne le décalage fracassant entre les attentes énormes des jeunes de plus en plus diplômés et la réalité ardue du monde du travail. Loin des idées...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Dominique Méda
Connaître les métiers, avec leurs avantages et leurs inconvénients ; connaître ses qualités, compétences, attentes, aspirations ; s'attaquer aux résistances, dépasser les blocages, renforcer l'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes : ces trois axes...
Entreprises et métiers : comment les formations répondent-elles à leurs nouveaux besoins ? 3 questions à Ariane Fréhel
Ariane Fréhel, directrice nationale des formations au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), propose d'explorer les microcertifications et de comprendre les besoins en nouvelles compétences. Comment les métiers doivent-ils s'adapter aux...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Ariane Frehel
Bien définir le projet professionnel de la personne qu'on accompagne en formation et vérifier son alignement avec ses valeurs, à tout moment de la vie : c'est ce que pourrait être, une orientation réussie, selon Ariane Fréhel, directrice nationale des formations au Cnam (Conservatoire...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Gregoire Borst
Une orientation réussie est une orientation choisie et ambitieuse. L'information sur les filières de formation et les métiers reste essentielle pour faire des choix éclairés. Et si l'angle mort aujourd'hui résidait dans la promotion de la façon dont on prend des décisions ? Comment...
Projection et prises de décision : quels enjeux pour les adolescents ? 3 questions à Grégoire Borst
Grégoire Borst, professeur de psychologie du développement et de neurosciences cognitives de l’éducation, propose de réfléchir au développement du cerveau à l'adolescence : celui-ci est asynchrone. Avec quelles conséquences sur le système émotionnel, sur le...
Compétences psychosociales et choix d’orientation au lycée professionnel. 3 questions à Michel Lugnier
Michel Lugnier, inspecteur général de l’éducation nationale, du sport et de la recherche, propose d'aller au-delà de la définition des CPS proposée par Santé publique France, afin d'en comprendre les enjeux dans le monde scolaire. La problématique ne...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Michel Lugnier
Peut-on réellement parler d'orientation réussie ? Pour qui le serait-elle ? À quel moment peut-on parler de "réussite" ? Ne serait-ce pas un oxymore ? Selon Michel Lugnier, inspecteur général de l’éducation nationale, du sport et de la recherche, une orientation la moins subie possible...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Jean-Luc Bernaud
Selon Jean-Luc Bernaud, professeur des universités en psychologie au Cnam-Inetop, "une orientation réussie" est une questions complexe car elle relève d'une grille de lecture très personnelle. Trouver sa place dans le monde des humains, garder son libre arbitre et assumer pleinement son...
Peut-on mieux comprendre le sens qu’a le travail pour les jeunes aujourd'hui ? 3 questions à Jean-Luc Bernaud
Composantes du sens de la vie et du travail, rôle de la société et de la culture dans l'accompagnement des jeunes, trouver sa place dans le monde et réussir son orientation selon des critères personnels : ce sont les pistes de réflexion proposées par...
Peut-on mieux comprendre le sens qu’a le travail pour les jeunes aujourd'hui ? Illustrations et perspectives
Jean-Luc Bernaud, professeur des universités en psychologie au Cnam-Inetop, décrypte le sens que les jeunes donnent à la vie professionnelle. Il donne des clés de réflexion pour permettre aux professionnels de l’accompagnement à l’orientation...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Julie Pelhate
Julie Pelhate, maîtresse de conférences en sociologie à l’INSEI (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation inclusive) souligne : si une orientation réussie diffère selon les protagonistes (professionnels, parents, enfants ), les questions du sens et de...
L’orientation scolaire des élèves : une affaire de professionnels ? 3 questions à Julie Pelhate
Pour chacune des trois questions posées dans cette vidéo, Julie Pelhate, maîtresse de conférences en sociologie à l’INSEI (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation inclusive), propose d'adopter le point de vue des différents...
L’orientation scolaire des élèves : une affaire de professionnels ?
Cette présentation s’intéresse à la place et au rôle des différents protagonistes lors des discussions sur l’orientation, à l’école primaire ou au collège. Julie Pelhate est maîtresse de conférences en sociologie, ses travaux de recherche adoptent une démarche ethnographique et une...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Aurélie Dupré
Adéquation entre appétences et valeurs indiviuelles, compétences réelles et objectifs à atteindre, avec la formation choisie : c'est ce que propose Aurélie Dupré, Docteure en sciences de l'éducation et de la formation, pour tenter de définir une orientation réussie.
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Simon Pineau
Est-il si facile de définir une "orientation réussie" ? C'est la réflexion proposée par Simon Pineau, Docteur en psychologie. Finalement, la réponse à cette question ne se pose-t-elle pas tout au long d'une vie ? Ou bien à certaines périodes d'une vie ? Et si l'une des réponses possibles...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Pierre Périer
Et si une orientation réussie permettait de rétablir une équité des possibles, reposant sur la valeur scolaire de l'élève et sur ses aspirations ? Si elle donnait à voir les possibles que l'élève et la famille ne connaissent pas ? Si c'était cheminer et gagner en apprentissage, en...
Est-on libre de s'orienter ? 3 questions à Samah Karaki
Samah Karaki est une neuroscientifique franco-libanaise, auteure et experte en santé mentale, en apprentissage et en culture organisationnelle. Elle est titulaire d’un doctorat en neurosciences, d’un master en neurobiologie et d’une maîtrise en biodiversité et écologie. Elle est également la fondatrice...
Coéducation et orientation : quelle place et quel choix pour les familles ? 3 questions à Pierre Périer
Pierre Périer, sociologue et professeur en sciences de l'éducation, nous donne des clés pour mieux appréhender la notion de coéducation, âgée de plus d'un siècle et revisitée depuis la loi de l'orientation en 2013. Quels rôles et quelles responsabilités...
Qu'est-ce que MonProjetSup?
MonProjetSup (MPS) est un outil numérique conçu pour accompagner les élèves de la seconde à la terminale des filières générales, technologiques et professionnelles dans la construction de leurs projets d'orientation et pour préparer leur orientation post-bac et leur voeux Parcoursup.
Coéducation et orientation : quelle place et quel choix pour les familles ?
Lorsque l’on évoque la coopération entre école et famille, de quelle coopération parle-t-on ? Entre quelles écoles et quelles familles ? Parents invisibles ; impacts des conditions sociales des familles sur cette coopération ; rôle des parents d’élèves… le sociologue Pierre...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Clément Reversé
Selon Clément Reversé, sociologue, chercheur au CERTOP et chercheur associé au centre Émile Durkheim, idéalement, une orientation réussie correspond au souhait d'un ou d'une jeune. Ou encore, pouvoir essayer plusieurs choses, tout au long de la vie. La France permet-elle d'envisager ces...
Est-on libre de s'orienter ?
ʺLe talent est une fiction", énonce le titre du dernier ouvrage de Samah Karaki, paru en 2023. Comment cette fiction peut-elle creuser les inégalités ? Comment déconstruire les mythes de la réussite et du mérite ? Samah Karaki est une neuroscientifique franco-libanaise, auteure et experte en santé mentale, en apprentissage et en...
Une orientation réussie pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Samah Karaki
Samah Karaki est une neuroscientifique franco-libanaise, auteure et experte en santé mentale, en apprentissage et en culture organisationnelle. Elle est titulaire d’un doctorat en neurosciences, d’un master en neurobiologie et d’une maîtrise en biodiversité et écologie. Elle est...
L’orientation peut-elle être juste, 3 questions à Marie Duru-Bellat
Marie Duru-Bellat, Professeure émérite en sociologie à Sciences Po, propose de réfléchir aux politiques publiques éducatives qui seraient en capacité de corriger les inégalités. Elle insiste sur le rôle des enseignants et des psychologues de l’Éducation nationale : quel est-il ? Enfin elle...
Faire de la voie professionnelle un choix : vraiment ? 3 questions à Frédérique Weixler
Frédérique Weixler, Inspectrice générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche, experte en politiques éducatives aux niveaux national et international, explique les inflexions et les évolutions portées par la réforme des lycées professionnels en 2023 : de la...
Massification, la fin d’un cycle, 3 questions à François Dubet
François Dubet, Professeur émérite de l’Université de Bordeaux, Directeur d’Études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris, propose de comprendre les paradoxes et les apories engendrées par la massification : du déterminisme lié à la naissance au déterminisme engendré...
Accompagner la construction de l'orientation potentiel d'un jeu épistémique et numérique, 3 questions à Catherine Loisy
Catherine Loisy, Docteure en psychologie et enseignante-chercheure émérite à l’Université de Bretagne Occidentale, pose le concept d’approche développementale, qui permet d’élaborer des pistes de formations d’accompagnement à...
Orientation durable et équitable : principes, concepts et méthodes, 3 questions à Jean Guichard
Jean Guichard, Professeur émérite de psychologie au CNAM, définit les concepts de « forme de vie » et de « forme de vie active », pour bien comprendre comment s’inscrire dans la philosophie des objectifs du développement durable et établir un lien clair avec...
Une orientation réussie, pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Jean Guichard
Jean Guichard, Professeur émérite de psychologie, apporte deux types de réponses : selon un point de vue subjectif, « je pense qu’une orientation réussie, c’est… » ou selon le point de vue de l’humanité tout entière : « qu’est-ce qu’une orientation réussie, au point de vue...
Une orientation réussie, pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Marie Duru-Bellat
Marie Duru-Bellat, Professeure émérite en sociologie, interroge : et si une orientation réussie, c’était tout autant arriver à faire ce que l’on veut, que l’acceptation de se tromper, de tâtonner ? Pour y parvenir, comment préparer l’éducation à l’orientation ?
Une orientation réussie, pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Frédérique Weixler
Maîtres-mots : acquisition des compétences à s’orienter et transversales, équilibre entre maîtrise de ses choix et lâcher-prise, chemins de traverse et détours, acceptation de succès imprévus, sérendipité. Frédérique Weixler, Inspectrice générale de l'Éducation, du Sport...
Une orientation réussie, pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Catherine Loisy
"Une orientation réussie" : question délicate à laquelle Catherine Loisy, Docteure en psychologie et enseignante-chercheure émérite, donne des pistes de réponse. Certains critères objectifs, avec l’appui de statistiques et une temporalité variable, peuvent sans doute mesurer cette...
Une orientation réussie, pour vous, qu’est-ce que c’est ? Par Laurent Sovet
Laurent Sovet, maître de conférences en psychologie différentielle, explique que de l’orientation subie à l’émancipation, pour mieux construire sa vie, l’acquisition des compétences à s’orienter semble incontournable. Quels sont les freins ? Quels sont les indicateurs de...
Damien Canzittu, l'importance d'intégrer le développement durable dans l'orientation
Intégrer les enjeux du développement durable aux questions d’orientation permet aux élèves de mieux appréhender le monde VICA (volatile, incertain, complexe, ambigu) dans lequel ils évoluent et de trouver un sens et des perspectives à leur existence.
Émilie Carosin, l'importance d'intégrer le développement durable dans l'orientation
Penser l’orientation de façon collective c’est réfléchir aux formes de travail et à l’impact des activités humaines sur la vie des autres personnes dans le monde.
Shékina Rochat, l'importance d'intégrer le développement durable dans l'orientation
Chercher à s’orienter amène souvent à vouloir trouver du sens à sa vie et à son travail. Pour cela, l’engagement en faveur de la société, de la nature ou des générations futures constitue un facteur clé pour percevoir du sens à sa vie, ce qui est étroitement lié au...
Orientation durable et équitable : principes, concepts et méthodes
Comment les concepts de "vie active", de "forme de vie" et de "capabilité" pourraient-ils nourrir l’accompagnement à l’orientation et répondre aux objectifs de développement soutenable et équitable ? Jean Guichard est professeur émérite de psychologie au Cnam (Conservatoire national des arts...
Accompagner la construction de l'orientation : potentiel d'un jeu épistémique et numérique
Cette intervention présente des travaux réalisés au niveau de l’enseignement secondaire en France : l’élaboration du prototype du JenDO (Jeu épistémique et numérique dédié à l’orientation). Catherine Loisy, docteure en psychologie et habilitée à diriger des...
Les TIC dans l’accompagnement à l’orientation
D'ampleur internationale, les recherches de Jaana Kettunen portent sur les pratiques des conseillers mobilité-carrière et les développements des politiques publiques, avec un intérêt particulier pour la conception et l’usage des TIC (technologies de l’information et de communication) dans ces mêmes domaines. ...
L’orientation peut-elle être juste ?
Orientation, justice, égalisation des chances, méritocratie : comprendre chacun de ces termes et leurs enjeux, pour favoriser la réussite des parcours scolaires et professionnels. Marie DURU-BELLAT est sociologue, spécialiste des questions d’éducation et des inégalités sociales et de genre, chercheur au Centre de recherche...
Les choix d’orientation et les transitions au temps de l’adolescence : comment les émotions et la qualité des relations avec les proches permettent...
Emmanuelle Vignoli propose de faire un point sur la fonction des émotions éprouvées par les adolescents et le rôle des relations entre ces derniers et les personnes qui jouent un rôle majeur dans leur parcours...
Comprendre les compétences à s’orienter pour mieux accompagner les élèves dans leurs projets
Cette intervention propose de définir ces compétences et leur mise en œuvre : un enjeu majeur dans les politiques d’orientation pour permettre à chaque individu de construire son parcours. Laurent Sovet est maître de conférences en psychologie différentielle au...
Massification, la fin d’un cycle
L’intervention souligne les paradoxes et les apories engendrées par la massification scolaire concernant le mode de production des inégalités, le rapport entre les diplômes et l’emploi et, enfin, les processus d’éducation eux-mêmes. François Dubet est Professeur émérite, de l’université de Bordeaux, Directeur...
Faire de la voie professionnelle un choix : vraiment ?
Frédérique Weixler propose de réfléchir à l’objectif de transformer la voie professionnelle comme une voie de réussite. Sous quelles conditions ? Avec quelles évolutions possibles ? Frédérique Weixler est inspectrice générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche, experte en politiques...
Développer les compétences des étudiants
Cette intervention aborde les 3 questions: Comment développer les compétences des étudiants? comment transformer les pratiques enseignantes en conséquence? comment relever les défis de l'enseignement supérieur? Benoît Escrig est Enseignant-chercheur à l'Institut National Polytechnique de Toulouse, Consultant en approche...
Présentation du dispositif d'enquête et premiers résultats de l'enquête 2017
L’intervention présente le dispositif d’enquête Génération 2017 et ses spécificités. Le profil scolaire de cette cohorte (plus diplômée que les Générations précédentes) et les conditions d’études (place de l’alternance, ressources financières disponibles pendant les...
Le rôle des réseaux personnels dans la transition vers l'enseignement supérieur
Agnès van Zanten propose une approche sociologique à la question de la transition du jeune vers l’enseignement supérieur. Entre rapports sociaux, inégalités autour de l’école et réseaux personnels du jeune : autant de pistes d’observation pour tenter d’appréhender cette...
Le parcours : une nouvelle façon de penser une orientation au service de la réussite et de l'insertion de chaque jeune
Michel Lugnier propose une approche enrichie à la fois des Sciences et de l’Économie de l’Éducation. En valorisant la notion de parcours, les réformes actuelles entendent rompre avec le cloisonnement de l’appareil de formation, jugé...
L'approche Orientante : un modèle collectif de l'orientation
Assistante de recherche à l’INAS (Institut d’administration scolaire, Université de Mons, Belgique), Émilie Carosin a une expertise dans le développement et le suivi évaluation de compétences qu’elle met au service de l’orientation des élèves. Cela passe par la création d’outils pour les...
L'orientation des élèves allophones nouvellement arrivés
Cette conférence nous propose de réfléchir aux dilemmes des élèves primo-migrants en France, en termes de choix d’orientation scolaire. Isabelle Rigoni est Maîtresse de conférences en sociologie à l’INSHEA de Suresnes (Institut national supérieur formation et recherche – handicap et enseignements...
Tous égaux devant les sciences ?
Cette présentation interroge le système éducatif en termes d’égalité des chances dans le monde scientifique et en termes de production de connaissances dans ce domaine.Alors qu’elles sont réputées plus égalitaires que les matières littéraires, les disciplines scientifiques sont loin de refléter la diversité de la...
L'orientation scolaire : paradoxes, mythes et défis
Frédérique Weixler, actuellement inspectrice générale de l'éducation, du sport et de la recherche, intervient comme experte en politique éducative à l'international.Elle aborde l'orientation dans tous ces états : polysémie, mythes, croyances et attentes irrationnelles et montre comment leur construction et...
Promouvoir l'égalité et la diversité au travers du langage
Psycholinguiste expérimental, Pascal Gygax cherche à comprendre les liens entre le langage, la pensée et les constructions sociales liées au genre. Ses travaux portent principalement sur la manière dont notre cerveau traite les différents sens possibles du masculin. Cette phrase anodine "Le médecin a...
Les cités éducatives
Loïc Bourdin, chargé du suivi départemental des cités éducatives de l’Essonne et chef de projet du Grand Projet Educatif de Grigny, partage avec nous son expertise de la mise en œuvre de ce projet ambitieux et préfigurateur visant entre autres à fédérer tous les acteurs de l’éducation scolaire et périscolaire, dans les territoires...
L'apprentissage comme voie d'excellence - Christophe Aufort
Christophe AUFORT est directeur général du Groupe AFORP, organisme de formation professionnelle dans les métiers de l’industrie et du numérique. L’Aforp accompagne près de 1 600 salariés, 400 demandeurs d’emploi et 1 850 jeunes dans l’apprentissage de leur métier en proposant plus de 50...
L'orientation scolaire, un analyseur des inégalités sociales dans une société en mutation
Aziz Jellab, docteur en sociologie et en sciences de l’éducation, part du constat que le système éducatif est confronté à de nombreux défis dans une société en mutation : le numérique, la mondialisation, la société de l’information (et désinformation),...
Faire de son orientation un jeu
Shékina Rochat, docteure en psychologie de l'orientation à l'Université de Lausanne, présente son approche de l'orientation par le jeu et en explique les fondements, la mise en œuvre concrète et les effets attendus. En orientation comme dans un jeu, la personne va identifier ses objectifs (sa mission), ses possibilités d’action...
L'orientation : une question métaphysique
Frank Burbage propose une approche philosophique, partant de l’idée que l’orientation est l’affaire de tous. Celle ci requiert une approche très ouverte, opérationnelle et réflexive à la fois, authentiquement pluraliste.
Formation professionnelle - favoriser l'engagement des élèves, Bertrand Derquenne
Bertrand Derquenne, proviseur du Lycée Jacques Le Caron d’Arras, partage son expertise du pilotage d’un établissement complexe et de la mise en œuvre d’expérimentations innovantes au cœur d’un projet d’établissement ambitieux. Sport, culture, mobilité, tout est pertinent...
Du décrochage, à l'accompagnement à l'orientation, Nathalie broux
Nathalie Broux, enseignante de français au micro-lycée du Bourget (93) met en avant les questions liées aux processus d’orientation en lycée et nous éclaire sur les besoins spécifiques des élèves en situation de décrochage et de raccrochage scolaire.
L'éducation inclusive, Geneviève Bergeron
Geneviève Bergeron, Professeure à l’université du Québec à Trois Rivières, aborde les aspects pédagogiques de l'éducation inclusive. Elle met en avant les pratiques qui peuvent soutenir l’apprentissage et la participation sociale de tous en classe et questionne les défis actuels liés à la mise en œuvre de...
L'accompagnement : une posture professionnelle spécifique
Maela PAUL, docteure en sciences de l'éducation à l'Université de Nantes, donne des clés pour penser sa pratique et partage des repères utiles pour l’action : pratique réflexive, problématisation d’une situation vécue, collectifs accompagnants, intelligence collective.Quelle posture...
Accompagner à l'orientation de manière innovante
En tant que proviseure, Aïcha Amghar a participé à la création du lycée innovant Germaine Tillion du Bourget (académie de Créteil). Le lycée Germaine Tillion propose une offre scolaire cohérente et unifiée, pour favoriser un climat de travail rassurant et exigeant. L’interdisciplinarité y est présente à...
L'enseignement agricole
Frédéric Palluy nous présente les missions et spécificités de l’enseignement agricole en mettant l’accent sur sa diversité et son ancrage territorial. L’enseignement agricole relève de la compétence du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Il regroupe l’enseignement technique agricole et l’enseignement...
La régulation politique de l'orientation scolaire
Thierry Berthet, directeur de recherche CNRS et directeur du Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail, propose une analyse politique du cadre institutionnel de l’orientation, en mettant en perspective 50 ans d’évolution de ses modes de régulation. Les finalités du processus d’orientation accordent...
L'obligation de formation 16-18 - Pascale Joly
Pascale Joly, directrice de la Mission locale de Saint Malo, nous parle de l'obligation de formation des 16 18 ans.
Orientation, interculturalité et réussite, Professeure Marie Rose Moro
Le Pr Marie Rose Moro, enseignante-chercheuse et cheffe de service de la Maison des adolescents de Cochin, Maison de Solenn (AP-HP), présente l'importance de la valorisation des compétences des adolescents et les éléments qui peuvent les aider à se sentir légitimes à l'école. Elle évoque...