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Dans mon secteur d'assainissement de l'eau
Parcours
Je m'appelle Jérémy Lainé, je suis responsable d'exploitation dans un service public d'assainissement dans le domaine de l'eau en Ile-de-France. Quand j'étais au collège, j'étais un élève moyen. J'étais plus dans les matières techniques. Après le collège, j'ai choisi une voie professionnelle. Je me suis dirigé vers un bac pro électro-technique. J'ai toujours été passionné par ça, d'où cette voie. Mais en faisant des stages en BEP, en bac pro, où je pensais arrêter, finalement, je me suis remis en question à me dire que je n'avais pas forcément envie de travailler sur les chantiers. Donc à partir de là, je me suis dit on va continuer et on va essayer de raccrocher une filière plutôt générale. Donc j'ai encore continué vers un BTS électrotechnique. Donc là, c'était compliqué. J'ai bien cru que j'allais arrêter les premiers mois parce que c'était un niveau beaucoup plus dur où je me retrouvais avec une vingtaine d'élèves qui venaient de général. Donc je me suis raccroché et finalement, au bout de deux ans, je m'en suis bien sorti. J'ai réussi à l'obtenir et en plus haut la main. Après le BTS, j'ai été voir les anciens tuteurs de stage et j'ai essayé d'intégrer les entreprises auxquelles j'avais pu déjà aller. Et donc il y en a une qui m'a prise. Mais au bout de 3-4 mois, il y a une ancienne personne avec qui j'ai travaillé qui m'a proposé un poste dans l'environnement, chose qui me tenait vraiment à cœur. Et donc il m'a proposé de découvrir un nouveau métier d'automaticien. J'ai travaillé dans le domaine de l'assainissement de l'eau. J'ai découvert ce métier-là pendant 4 ans. Ça m'a beaucoup plu. J'ai appris énormément de choses. Je m'en suis très bien sorti. Suite à ça, j'ai décidé de mettre un diplôme sur cette compétence. Je suis reparti à la fac. pour obtenir une licence dans les systèmes automatisés. Au bout d'un certain nombre d'années, j'avais besoin d'évoluer, de passer sur un poste à responsabilité. J'ai vu un poste dans une agglomération qui proposait un poste de responsable. À partir de là, j'ai postulé, j'ai été pris. Voilà, c'est tout pour mon parcours. Maintenant, je vais vous faire découvrir mon métier de responsable d'exploitation. Allez, suivez-moi. Bonjour, messieurs. L'organisme dans lequel je travaille, c'est un service public d'assainissement. Ça consiste à récupérer toutes les eaux des riverains, des entreprises. Tout ça, ça va aller dans des canalisations. Ça va suivre un parcours d'environ 1000 km de réseau pour chez nous. Nous, on s'assure que l'eau arrive bien jusqu'à la station d'épuration. Elle suit tout un chemin dans la station avec certains procédés, certains traitements. Donc tout ça, ça vise à traiter les eaux usées pour respecter les normes réglementaires afin de ne pas polluer le milieu naturel. Effectivement, c'est pas normal. Une journée type, pour moi en général, ça commence par des réunions. Donc des réunions avec soit mes agents de régie, soit mes agents sur station d'épuration. Lorsque je me déplace sur une station d'épuration, le but, c'est de voir que tout fonctionne bien, Et ensuite, je rentre au bureau et de mon bureau, je veille au bon déroulement des opérations. De là, de veiller à ce que les gars respectent les règles, que les stations, que les systèmes de collecte fonctionnent bien. La station de Briancourt, je ne sais pas si tu as vu, mais Xavier nous a envoyé un mail hier pour savoir combien de mètres cubes de boue tu voudrais pomper à Briancourt et pour quelle date. Si on peut prendre 10 mètres cubes dans le stocker, c'est bien. Après, j'ai une mission aussi de communication avec la police de l'eau, donc veiller à ce qu'on soit toujours en temps et en heure bon dans le transfert des données. et veiller au bon fonctionnement et au bon transfert des eaux jusqu'à la station d'épuration. On a pour nous aider une télégestion, tous les appareils communiquent à distance avec notre ordinateur. Donc de là, on a des yeux un peu partout. Je manage environ une quinzaine de personnes, donc je m'occupe des congés. S'il y a des conflits à gérer, je m'occupe des conflits. Je veille à ce que les gars ont toujours de quoi travailler en sécurité. J'ai une mission aussi financière où on me donne du budget, je dois le respecter. et je dois faire les investissements nécessaires pour que les sites fonctionnent bien. Les qualités qu'il faut pour ce métier-là, déjà avoir un bon relationnel, savoir se remettre en question, se poser les bonnes questions. être patient, le rôle du manager principalement. Après, aussi réussir à travailler sur plusieurs tâches en même temps. Un peu sur les stations, un peu sur le transport, un peu sur le budget, un peu sur le bien-être des agents. Il faut réussir à donner un peu de temps à tout le monde, tout en restant efficace. Il faut savoir prioriser. C'est peut-être le plus dur dans le métier, savoir prioriser au bon moment. Ce que j'aime beaucoup dans mon métier, c'est justement le management. Parce qu'au final, le management, on n'a jamais fait le tour. C'est toujours intéressant et je suis arrivé là pour travailler aussi dans l'environnement. C'est quelque chose qui est important pour moi et c'est important de rendre service à l'usager, de me dire qu'au sein de mon petit territoire, j'essaie d'améliorer les choses. Je trouve que c'est toujours gratifiant. Et voilà, c'est tout pour moi pour aujourd'hui. J'espère que je vous ai fait découvrir mon métier de responsable d'exploitation et maintenant je vous invite à aller voir Clément.
Je suis Clément Antoine, je suis agent d'exploitation de l'eau et je suis aussi responsable adjoint de la régie d'Assainissement. Au collège, je n'avais pas forcément de super résultats. Je n'étais pas passionné à l'idée de faire des grandes études. Après le collège, j'ai décidé de faire un CAP de carrosserie parce que je ne savais pas vraiment quoi faire en réalité, histoire d'avoir un diplôme. Après le CAP de carrosserie, j'ai eu un accident du travail. Et du coup, j'ai eu mon diplôme, mais j'ai pas eu l'occasion de pratiquer avec ce diplôme. J'ai jamais bossé réellement dans un garage en tant qu'employé. Donc je cherchais du travail et je suis rentré dans une boîte d'intérim. Et de là, j'ai découvert le milieu de l'assainissement. Je travaillais dans une société de curage dans l'Oise. Notamment, j'ai travaillé dans les égouts de Paris en tant qu'égoutier. Je travaillais pour un service public en tant que prestataire. Du coup, c'était une grande découverte. J'ai vraiment apprécié leur qualité de travail et leur façon de travailler, et le service auprès des usagers. Du coup, j'ai décidé de franchir le pas et de basculer dans le service public, de devenir fonctionnaire. Allez, suivez-moi, je vais vous faire voir ma journée. Être agent d'exploitation de l'eau, c'est d'abord une mission d'environnement qui est primordiale dans notre métier, donc de faire attention qu'il n'y ait pas de pollution, pas de rejet au milieu naturel dans les cours d'eau. Je pourrais que tu envoies une équipe sur Jules Moutier. et avec une personne pour une pollution à l'hydrocarbure, s'il te plaît. Ouais, OK. Écoute, je vais voir ça. Donc ma journée type, avec mon responsable, le matin, on fait le point à 8 heures. On regarde les différentes missions qu'on va avoir à faire dans la journée. David, il m'a dit qu'il y avait une pollution sur Jouy-le-Moussier. Et de là, après, on regarde les moyens humains et matériels qu'on a à mettre en œuvre pour réaliser le boulot qu'il y a à faire dans la journée. Je fais le dispatching pour envoyer les gars sur les différentes missions. Ça peut être une pollution, donc de l'hydrocarbure ou des choses comme ça de déversées dans les réseaux. Une panne électrique, ça peut être un affaissement, une plaque d'égout qui est déchaussée et puis à ce moment-là, aller faire un balisage, mettre en sécurité. On peut avoir des plaintes de riverain pour des problèmes d'odeur, des problèmes de débordement sur la voie publique. Du coup, dès qu'ils nous signalent un problème, on intervient. On a un numéro d'astreinte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 360 jours dans l'année. La sécurité, c'est vraiment un enjeu très important. On a des risques de chute, des risques d'asphyxie dû au gaz, à l'hydrogène sulfuré, au manque d'oxygène. Donc on a des équipements de protection individuelle, on a des gants, des chaussures de sécurité, sachant que les trois quarts du temps, on commence notre intervention par lever une plaque en fonte, donc les gants et les chaussures, c'est indispensable. On a des baudriers fluo, des chasubles, parce qu'on se trouve parfois sur la voie publique, donc sur la voirie. Pour certaines interventions, on doit aussi avoir un casque. Pour se prévenir du risque gaz, on a des détecteurs qui sont capables de détecter 4 gaz. Donc cet appareil, à partir du moment où on est dans une zone d'espace confiné, il ne nous quitte plus. On a très peu d'accident parce qu'on est quand même assez bien formé. Il n'y a pas de soucis là-dessus. On a aussi des missions au niveau des particuliers où les lingettes ou de la graisse peuvent boucher leur canalisation. Si c'est sur le domaine public, on intervient. Et si c'est sur le privé, on conseille les usagers. Majoritairement, le problème qui est très récurrent chez nous, c'est donc des déchets, des lingettes qui viennent obstruer les pompes. Et à ce moment-là, ça peut déborder même sur la chaussée, ça peut causer des dégâts et aller polluer le milieu naturel. Donc dans le cas où une pompe se bouche, à ce moment-là, on intervient, on la remonte à l'aveugle, on la débouche. Donc en fait, chaque semaine, deux agents s'occupent de la tournée, donc de la collecte des lingettes et après d'aller les ramener en centre de traitement. En plus de mes fonctions d'agent d'exploitation, j'ai aussi la fonction d'adjoint au responsable de la régie. Donc moi, ma mission d'adjoint, c'est de remplacer mon responsable quand il n'est pas là. Et puis aussi de le soutenir dans les missions quotidiennes. Je fais aussi le relais entre ce qui se passe sur le terrain et lui rapporter un peu ce qui s'est passé au cours de la journée. En tant qu'adjoint, je fais faire des devis pour les sociétés, les fournisseurs, donc pour achat d'EPI, de matériel spécifique à équipes poids lourds. Donc c'est vraiment un métier très varié. Les inconvénients de mon travail, c'est toute la partie insalubre, physique des fois pour le port de charges lourdes, etc. Et le fait de travailler en extérieur, l'hiver, c'est vrai que c'est pas évident. L'été, par l'effort de chaleur, c'est pas évident non plus. Mais à côté de ça, on a vraiment une super ambiance. On ne voit pas ce côté aspect négatif. Ce qui me plaît dans mon métier, c'est de ne jamais faire la même journée. Et puis d'être sur le terrain, de ne pas être enfermé dans une structure. Et puis aussi, on a une grande autonomie. On peut gérer nous-mêmes le travail qu'il y a à faire. Voilà, c'est ça qui me plaît. Merci d'avoir passé la journée avec moi et maintenant je vous invite à découvrir un autre métier de l'assainissement de l'eau.
Je suis Axel Grévin, je suis responsable adjoint d'une station d'épuration. Alors au collège, j'étais plutôt un bon élève au début. J'adorais tout ce qui était matière scientifique, donc je suis parti en première scientifique, en terminale scientifique, et j'ai passé mon bac, je l'ai eu. Et ensuite, je suis parti en fac de médecine. Et c'est là que j'ai compris que c'était pas fait pour moi. C'est pour ça que je suis parti sur un BTS, gestion et maîtrise de l'eau. Donc ça a lié un peu les deux principes que j'aimais bien, c'est-à-dire l'aspect scientifique et l'aspect environnemental. Derrière ce BTS, j'ai voulu continuer mes études, donc je me suis inscrit dans une licence professionnelle. La technique m'intéresse énormément mais j'ai pas voulu faire ça toute ma vie et j'ai toujours soif d'apprentissage et donc j'ai voulu continuer mes études. J'ai fait un master Transformation et valorisation des ressources naturelles en option traitement et qualité de l'eau à l'université Jules Verne d'Amiens. Une fois que j'ai obtenu mon master, il a fallu trouver du travail. Mon premier emploi, ça a été au sein d'une collectivité pour faire une étude de faisabilité, pour mettre en place une unité de métallisation. Et puis un beau jour, le syndicat dans lequel je travaille m'a contacté pour me faire une proposition. C'était un poste de technicien. C'est le destin, moi qui ai voulu continuer toutes mes études justement pour pas forcément avoir un poste de technicien, je me retrouve à ce qu'on me propose, un poste de technicien. Donc je me suis dit on va réfléchir autrement, pourquoi pas, sans être péjoratif bien sûr, pourquoi pas partir du bas de l'échelle et puis gravir les échelons soi-même avec ses compétences. Et donc c'est ce que j'ai fait et je pense avoir eu raison parce que ça m'a appris beaucoup de choses. Et suite à ça, au bout de quelques années, on a récupéré la gestion d'une grosse station d'épuration. Et comme j'avais déjà la formation pour, on m'a proposé le poste que j'occupe actuellement de responsable adjoint d'une station d'épuration. Et j'y suis allé. Et donc voilà pour mon parcours et maintenant je vais vous montrer mon métier. Dans mon cas, responsable adjoint de la station d'épuration, ça va surtout être, comme je travaille pour un service public, suivre un marché d'exploitation. Il y a l'exploitation de la station d'épuration de Neuville-sur-Oise, qui est donc exploitée par une grande entreprise privée. Nous, on n'est pas capables, on n'a pas les effectifs pour gérer une station d'une telle ampleur. Donc on a passé un marché et derrière, on a sélectionné l'entreprise qui avait la meilleure offre. pour exploiter notre station d'épuration. On a un contrat avec eux, donc on est leur client. Et puis, nous, on suit ce contrat-là, on voit s'ils le respectent. Et en plus de ça, on va dire qu'on va essayer d'améliorer la station d'épuration. Là, par exemple, j'ai lancé une étude de faisabilité pour changer le mode de valorisation, parce que sur notre station, on a la chance de produire du biogaz qui nous permet de créer de l'énergie, donc de l'électricité et de la chaleur. Et nous, on voudrait basculer ce mode de fonctionnement, de valorisation, en l'injectant directement dans un réseau de biogaz, parce qu'on sait qu'il y a moins de perte de biogaz si on fait comme ça. C'est aussi ce que j'ai fait dans l'étude, c'est essayer de trouver une nouvelle technologie pour fabriquer plus de biogaz. Donc concrètement, au quotidien, ça va être beaucoup d'administratifs. J'ai pas mal de mails à traiter, donc j'arrive au bureau, je traite mes mails dans un premier temps. Après, je vois les réunions que j'ai à faire. au mètre carré, pour qu'on puisse au moins l'estimer. Je sais qu'on a fait sur les petites stations. Et combien c'était, les petites stations ? Je crois que c'était en dessous des 40 000. Et donc après, c'est mes études. J'ai pas mal d'études, j'ai pas mal de veilles réglementaires à faire. C'est beaucoup d'informations. C'est pas mal de notes à préparer pour présenter à nos responsables, à nos élus. Étant donné qu'on est un service public, on doit rendre des comptes à nos élus, qui eux-mêmes rendent des comptes. Il y a un contrôle des coûts également, et après c'est vraiment le suivi de la station, donc je vais toutes les semaines faire un tour sur la station d'épuration, voir s'il y a des désordres. Si on a une fissure ici, on a une fissure ici, peut-être qu'on va essayer de contacter des entreprises pour derrière effectuer un diagnostic de génie civil de toute la station. Et ça, c'est beaucoup de temps à donner à la rédaction de ces cahiers des charges techniques, de ces cahiers des charges administratifs. Donc nous, on va dire, on fait la grosse partie technique et après, on se repose sur notre service administratif aussi pour pouvoir lancer des marchés. Si on voulait aménager cette cellule-là avec des nouveaux procédés, il faudrait qu'on vide tous les bassins et derrière, on a du gêné civil à refaire ? À la station d'épuration, j'y viens à peu près la moitié du temps, on va dire. J'ai un bureau ici. Étant donné que je suis pas mal en administratif, j'ai un jour de télétravail, deux jours ici et deux jours dans nos locaux principaux. Je suis assez autonome dans mon métier. On me laisse aussi beaucoup d'autonomie, mais c'est aussi ma façon d'être. J'en ai besoin. Qu'est-ce que j'aime dans mon métier ? Ça va être l'aspect vraiment environnemental. J'adore ça. L'eau arrive complètement sale et quand je la vois repartir toute limpide, c'est un plaisir de se dire qu'on participe à la préservation de la nature et à la préservation du cycle de l'eau.
Jérémy, Clément et Axel travaillent dans des services publics d’assainissement en Île-de-France. Leurs métiers : responsables d’exploitation, agent d’exploitation et responsable adjoint de station d’épuration. Ils assurent le traitement des eaux usées, la prévention des pollutions et le bon fonctionnement des installations. Ces métiers techniques et engagés jouent un rôle clé dans la protection de l’environnement et la préservation du cycle de l’eau.
Vidéo publiée en octobre 2025
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