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Persévérance scolaire: Le parcours de Tim (suite) - La réussite d'un contrat

L'exemple de mise en place d'un contrat entre un élève et son établissement scolaire pour l'aider à persévérer dans sa scolarité et prévenir ainsi un décrochage scolaire : une parfaite réussite dans le cadre de la semaine de la persévérance scolaire.
En pro, j'ai passé trois semaines. Juste trois semaines, qui m'ont suffi à comprendre que ce n'était pas pour moi. En trois semaines, tout seul dans une autre ville, loin de mes parents, loin de chez moi, j’ai l’impression que ça m'a fait grandir. Je ne sais pas… C'est vraiment une métamorphose. Du jour au lendemain, c’est… Je ne dis pas que j'ai eu de meilleures notes du jour au lendemain, mais le comportement… Ça a complètement changé dans ma tête. Je me suis dit : il y a quand même une chance, il y a quelque chose que j'aime faire, il y a une matière où je suis un peu plus doué qu'ailleurs. Je me dis qu’il faut que je me raccroche à ça, parce que ce sera peut-être mon métier plus tard de travailler dans l’art ou quoi que ce soit. Du coup, je ne vais pas abandonner ça. En plus, j'ai beaucoup trop de respect pour la matière. Je ne pouvais pas abandonner, ce n'était pas possible. Ce n'était pas possible.

Il a été parfois très dur avec certains collègues. Moi, je sais que j'avais plutôt de bons rapports… disons que j'arrivais à établir une bonne relation avec lui. Je l'ai retrouvé au lycée, au lycée où je ne l'ai pas retrouvé la première année de seconde, mais la deuxième année de seconde, où il avait un peu mûri. Il avait changé. Il avait fait cette expérience au lycée professionnel qui, je pense, lui avait ouvert un peu les yeux et… L'objectif avec le contrat : des rapports… à l'écoute de mes collègues, à l'écoute de la classe et en concertation avec monsieur (Allain), d'essayer de gérer Tim de façon à ce qu'il puisse se poser, qu'il accepte les règles de la classe, qu'il ne déborde pas et qu'il puisse atteindre l'objectif qu'il s'était fixé de faire une première L.

J'ai vu le proviseur, monsieur (Allain), avec qui il a fallu négocier pour revenir, parce que ce n'est pas facile de revenir, de passer de seconde à pro et puis de repasser de pro à seconde. Avec le PRI ( Pole Relai Insertion), on a fait un dossier où j'étais quand même inscrit en pro, mais en stage dans une seconde normale. Après, on voyait si je pouvais passer en première. Je suis passé en première.

Un contrat, c'est à la base un document où chacun a des droits, mais aussi des devoirs. C'est aussi, de notre côté, montrer que nous, l'institution Éducation nationale, nous nous engageons, mais que lui aussi respecte ses engagements. Moi aussi, j'attends que chaque personne mette un peu du sien dans chaque chose. Il a des obligations. On lui fait passer, on lui fait faire un parcours dans son intérêt pour qu'il mûrisse son projet, on l'oblige aussi à rechercher, on l'oblige aussi à faire des entretiens de telle manière qu'il puisse mûrir son projet, le réfléchir. C'est un contrat tacite qui se fait sur la base du dialogue. On met souvent… on discute entre nous, parce que c'est l'intérêt de l'élève qui est au centre.

C'est un contrat un peu… un contrat plus moral qu'autre chose, mais en gros, c'est qu'il n'y a plus le droit à l'erreur. C'est un peu une dernière chance. Ça se passe bien, il y a des bonnes notes, il y a les résultats qui suivent, le comportement qui est irréprochable et ça passe. Sinon, ça casse et après, on se retrouve un peu à la rue.

Disons que le contrat, ça permet de poser un cadre, d'établir des règles, des normes et que ça permet à l'élève de se situer par rapport à ce cadre, et puis à l'équipe aussi de le situer dans ce cadre, et éventuellement, de lui rappeler les termes du contrat quand il a tendance à déborder ou à s'en éloigner.

On se sent un peu oubliés quand on est en décrochage. Ça, je pense que c'est dommage, parce qu'il y en a qui peuvent réussir. Il y a des talents vraiment partout, que ce soit dans toutes les matières. Peu importe le niveau scolaire, je pense que c'est important de prendre les personnes comme elles sont et d'aller avec elles, même si ça ne marche pas… Là, si j'avais vraiment décroché et si personne ne m’avait aidé, je ne sais pas où je serai là, actuellement.

Il a joué le jeu. On sentait qu'il se maîtrisait pour atteindre son objectif. De temps en temps, quand il sortait du cadre, ça lui arrivait, je lui en parlais et puis s'il le fallait, on le voyait avec monsieur (Allain) pour lui rappeler les termes du contrat qu'il avait signé. Ça s'est plutôt bien passé, grâce aussi à l'équipe d'enseignants qui a été très à l'écoute et performante.

Au début, ça m'a servi à me dire… ça me stoppait quand j'avais envie de repartir un peu en vrille, mais au final, ça n'a pas duré longtemps puisque vraiment, ça a été.Après, je n’y pensais plus. C'était devenu normal d'être normal en cours, tout simplement.

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Onisep Nouvelle Aquitaine - Site de Bordeaux

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