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Persévérance scolaire: Le parcours de Tim

Dans le cadre de la semaine de la persévérance scolaire, retrouvez le portrait d'un ancien décrocheur qui, suite à différentes passerelles et le soutien du corps enseignant, a pu poursuivre sa scolarité et se raccrocher à ses passions artistiques.
À l'école, ça se passait plutôt bien. Au collège, ça se passait plutôt bien au niveau des notes. J'étais un peu dissipé, mais c'était un peu de l'excitation. Au lycée, ça a commencé bien, mais au final, le niveau était beaucoup trop dur. En plus, je faisais le con tout le temps. Du coup, je suis parti en pro Photographie pour… enfin, j’ai fait une passerelle pour passer en pro et ça ne m'a pas plu non plus. Je suis revenu en général, en seconde générale, et ça s'est bien passé ; maintenant, ça se passe très bien.

Tim est un élève atypique comme on en connaît de plus en plus. Au collège, c'était un élève qui était intéressé par deux domaines : l'anglais et les arts plastiques. Tous les autres domaines ne l'intéressaient pas du tout. Il s’y ennuyait et il trouvait tous les moyens pour passer du temps à l'infirmerie parce qu'il ne supportait plus le carcan de l'école.

C'était un gamin qui était un peu… comment dire, entre guillemets toujours à la limite de ce qu'on peut faire ou pas dans un cours ou face à un adulte.

Je n'étais vraiment présent mentalement qu’en arts plastiques, parce que c'est ma passion, tout simplement, et que c'était le seul cours où je pouvais un peu… être un peu plus libre.

Je l'ai eu en seconde dans l’option Arts plastiques. C'est une option dans laquelle il s'épanouissait complètement. Tim avait quand même une certaine touche en peinture. Il avait quand même un certain talent qui, rapidement, a pu se développer en seconde. Il était carrément hors norme, on va dire, par rapport aux autres élèves de seconde. C'était déjà une pratique très personnelle et très assurée.

Depuis le collège, que les profs d’arts plastiques ou de musique se rendent en conseil de classe… et puis, ils n’ont pas du tout la même vision des autres profs. Je ne sais pas, ils me voient, ils voient différemment. Je ne m'ennuie pas en fait, tout simplement. Je ne sais pas si vraiment les autres profs s’en rendaient compte parce qu'au final, les profs, ça nous voit dans leurs cours, mais après, ils ne nous connaissent pas d’ailleurs, de ce qu'on fait ailleurs. Ils ne savent pas qu’on a une vie aussi, à part les maths ou le français. Certains, si, le savaient, et m'encourageaient là-dedans en me disant : il y a ça, mais justement, à côté, il faut aussi que ça marche. Mais je pense que certains ne s'y intéressent pas trop et c'est un peu dommage des fois.

Dans la mesure où il était plus ou moins en échec dans d'autres disciplines, les arts plastiques étaient une discipline où il avait la possibilité de se réaliser, de donner libre cours à son imagination, à ses rêves, à ses passions. Tim, quand il était en cours d'arts plastiques, il était heureux, tout simplement. J'avais en face de moi un élève qui était radieux, qui était épanoui, qui était à sa place. Tout simplement à sa place.

Je n'étais pas attentif en cours, je n'étais pas concentré, je n'en avais pas envie. Je pense que j'étais un peu ailleurs. Aussi, je pense, le fait qu'il y ait vraiment plein de disciplines qui ne me plaisent pas forcément, par exemple, dans tout ce qui est science, ça m'a complètement perdu. J'étais découragé, je n'avais plus envie de venir en cours. C'était juste décourageant.

Moi, je pense que ce n'est pas seulement un décrochage en seconde professionnelle. C'est un décrochage, une sorte de… j'allais dire de burn out par rapport au système scolaire.

Je ne sais pas si j'ai vraiment décroché en seconde pro. Je pense que j'ai plus décroché en seconde générale, mais la facilité de la seconde pro m'a montré que j'avais le niveau pour être en général. Ça m'a fait comprendre que si je travaillais, je pouvais réussir en général. Du coup, en revenant en général, ça m'a complètement changé. Du jour au lendemain, je me suis mis à travailler et avoir de meilleures notes, un meilleur comportement… Quand on est décrocheur, on se sent un peu oublié la majorité du temps, c'est-à-dire en cours, presque tout le temps, sauf quand on a rendez-vous avec le proviseur ou dans le bureau de la CPE. Pendant une heure, on ne se sent plus oublié ; pendant une heure, on se sent exister, on se sent important. Au final, quand on sort du bureau, on se dit : ils m'ont aidé pendant une heure, ils m'ont dit ce qu'il fallait faire. Mais maintenant, je fais quoi ? Je fais comment ? Je suis encore tout seul, donc…

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Onisep Nouvelle Aquitaine - Site de Bordeaux

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