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Conservateur du patrimoine

Rencontre avec Jonathan Truillet, conservateur du patrimoine dans la spécialité "Monuments historiques".
CONSERVATEUR DU PATRIMOINE

Jonathan Truillet : Je m'appelle Jonathan Truillet, j'ai 33 ans, je suis conservateur régional des monuments historiques et je m'occupe du service qui gère l'ensemble des monuments historiques de la région Champagne-Ardennes. Les missions du service sont très variées. D'une part, nous nous occupons, comme ici à la cathédrale de Reims, des monuments qui appartiennent à l'État, pour lesquels nous sommes maître d'ouvrage pour l'ensemble des travaux qui sont réalisés. Nous travaillons également sur les monuments historiques qui n'appartiennent pas à l'État et qui sont protégés, classés ou inscrits, pour lesquels nous réalisons un suivi et un contrôle des travaux réalisés en délivrant des autorisations, en finançant les projets de restauration avec les propriétaires, et en les accompagnant tout au long des travaux de restauration. Moi, j'ai commencé par une formation en histoire, donc j'ai une maîtrise d'histoire. J'ai ensuite fait une licence en histoire de l'art, que j'ai complétée par un parcours à l'école du Louvre à Paris, avant de réaliser la classe prépa de l'école du Louvre au concours de conservateur. Une fois qu'on a passé le concours et qu'on rentre à l'institut national du patrimoine, on est fonctionnaire stagiaire. Donc c'est un parcours de 18 mois de formation, qui alterne formation théorique, on va dire, de cours, et beaucoup de stages. La moitié des 18 mois sont consacrés à des stages, qui nous permettent de vraiment appréhender toutes les facettes du métier. Une des spécificités de la spécialité monuments historiques, c'est justement le fait qu'on est amenés à se déplacer en permanence sur l'ensemble de la région. On rencontre plein de situations différentes, plein de gens différents, et surtout, on découvre en permanence des monuments et des richesses vraiment remarquables. Depuis que je suis arrivé, j'ai beaucoup travaillé sur la question du patrimoine industriel, puisque c'est ma spécialité initiale. Je pense notamment dans les Ardennes, à l'usine la Macérienne, qui est une usine automobile de la fin du 19e siècle, qu'on a protégée au titre des monuments historiques, qui a vraiment été une belle découverte. Aujourd'hui, nous travaillons sur l'installation des trois sculptures que vous voyez derrière moi. La question est de pouvoir les replacer au palais du Tau, qui est le musée de la cathédrale, de telle manière que le public puisse les découvrir et les apprécier. On va définir l'implantation exacte grâce à des modèles en polystyrène, en fait. C'est un métier qui nous amène à développer pas mal de compétences différentes, des compétences d'abord en histoire, en histoire de l'art, mais également des compétences en techniques de restauration et dans des domaines très variés, puisqu'on peut très bien être amenés à travailler sur des sculptures, sur des peintures, des immeubles aussi. Les conservateurs, dans toutes les spécialités d'ailleurs, que ce soit les monuments historiques, les musées, sont aussi des managers, donc ils gèrent une équipe. En l'occurrence, je gère une équipe de 12 personnes, et un budget. On nous a légué ce patrimoine, on en a la charge, on a des choix de restauration, souvent, à faire, qui sont des choix parfois irréversibles. Il faut faire les bons choix, donc on sent aussi une grande responsabilité par rapport à ce patrimoine.

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