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Ajusteur

L'ajusteur exerce un métier pour lequel un certain nombre de compétences sont nécessaires. Qu'il assemble les pièces d'un avion ou procède à des finitions, il reste un as du sur-mesure. Rencontre avec Michel Salgues, ajusteur chez Safran Aircraft Engines.
Michel Salgues : Le métier d'ajusteur consiste à ébavurer toute sorte d'arrêtes vives consécutives aux différents usinages que sont le tour, le fraisage, le perçage sur des pièces quasiment brutes ou des pièces totalement terminées, donc assez fragiles. C'est sensible aux erreurs, aux dérapages, aux rayures. C'est des pièces qui ont un coût assez important. Donc on n'aime pas beaucoup avoir la responsabilité d'un rebut ou d'un retard de notre simple fait. C'est une pièce de moteur militaire qui va sur le Mirage 2000. Ce moteur s'appelle le M53. C'est un rotor haute pression. Donc une pièce assez critique, assez sensible, très sollicitée dans le moteur. Je vais être amené à ébavurer des léchettes qui sont des parties très fines, très fragiles et terminées d'usinage. Je vais avoir à rayonner des trous sur le bol, ici. Je vais avoir, à l'intérieur, à monter des douilles avec de l'azote liquide. Tout ce qui va être petit défaut esthétique, on appelle ça du cosmétique en mécanique, maintenant, ça sera à l'ajusteur de résoudre toutes ces petites imperfections pour que la pièce soit vraiment superbe et le client satisfait de ce qu'on lui livre. Les outillages que je suis amené à utiliser au quotidien aujourd'hui sont des machines de pneumatiques de rotation différente et des accessoires de polissage. On fait assez peu appel au bureau d'études qui peut pas grand-chose pour nous, techniquement, puisqu'on travaille vraiment manuellement. On a beaucoup d'échange entre ajusteurs. Et ensuite, ce qui est assez intéressant dans le métier, c'est qu'on est obligés de se tenir informés de tout ce qui peut être fait en amont par tous les autres corps de métiers. Chaque traitement thermique amène quelque chose, ou induit quelque chose de différent dans notre métier, donc on est obligés de prendre en compte un grenaillage, un traitement de surface, une peinture. Donc, selon qu'on a une pièce en début de fabrication ou en fin de fabrication, notre approche du travail n'est pas du tout la même. Un ajusteur, pour moi, aujourd'hui, c'est toujours quelqu'un qui doit être autonome, il faut être un petit peu inventif, un peu "géo-trouve-tout", parfois, parce qu'on est amenés, sur des pièces uniques, à trouver des solutions qui n'existent pas vraiment et donc, on bricole un peu. A l'origine, j'ai suivi une formation de mécanicien monteur. J'ai eu la chance de pouvoir démarrer directement par l'ajustage, et je regrette pas, aujourd'hui.

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