1384 vues

Championne paralympique de ski alpin : Marie Bochet

Nous suivons Marie Bochet lors d'une journée d'entraînement : ski sur le glacier dès 6h45 puis retour en station et entraînement physique en fin d'après-midi.Marie nous parle de son parcours, de son handicap et présente le sport comme une «belle école de la vie ».
Marie, championne paralympique de ski alpin

Marie Bochet :

Je m'appelle Marie Bochet, je fais du ski alpin en handisport, je viens du Beaufortain. J'ai gagné 4 médailles d'or aux derniers Jeux à Sotchi et j'ai 14 titres en championnat du monde. Au niveau de mon parcours scolaire, il était plutôt classique. Là où c'était un petit peu plus particulier, et lié forcément à ma pratique du ski de haut niveau, j'ai intégré le lycée d'été. C'est le pôle France de la Fédération française de ski à Albertville au lycée de Jean Moulin. Actuellement, je suis en Sciences Po à Paris. Ils ont un cursus aménagé pour les sportifs de haut niveau qui nous permet d'étaler sur plusieurs années un certificat préparatoire pour prétendre au concours d'entrée en master par la suite. Je suis née avec une agénésie de l'avant-bras gauche, c'est-à-dire qu'il y a une malformation de mon avant-bras. J'ai juste un petit doigt au niveau du coude.

Christian Femy (directeur sportif) :

Dans le cas de Marie, la principale adaptation, comme elle est née avec une agénésie, ça a été de lui mettre une prothèse, parce que dans le ski, on est très latéral, gauche, droite. Haut du corps, bas du corps, donc avoir cette symétrie, qu'elle ne peut pas avoir, avec une prothèse. Au niveau de l'entraînement, quand on a une personne valide ou bien une personne en situation de handicap, la méthodologie reste la même.

Marie Bochet :

Pour la suite, on arrive sur une grosse saison. Donc, on a commencé la préparation, il y a une semaine, les entraînements sur les skis avec l'équipe. On prépare les Jeux paralympiques de Pyeongchang, en Corée, en mars 2018.

Mickaël Charrière (entraîneur) :

Sur l'entraînement de Marie, on fait des grosses séances surtout sur l'été. On passe à peu près 5 heures là-haut, sur les skis. On travaille des postures, des attitudes. Il faut vraiment prendre la bonne position. Après, on revient là, petit repas, petite sieste de récup' importante, et après, derrière, on fait toujours une petite séance de sport. Elles sont axées suivant ce qu'on fait le lendemain sur les skis. Là, c'est plus rebondissements et vitesse de pieds, parce qu'on va faire du slalom après-demain.

Après, sur la journée, on a vidéo. Chaque jour, un débrief vidéo avec les coureurs, 15-20 minutes. Après, ils passent au local pour s'occuper un peu de leurs skis avec les techniciens, voir les réglages, les ajustements pour le lendemain et après une séance de kiné, à peu près 45 minutes ou 1 heure.

Marie Bochet :

J'ai appris beaucoup de choses à travers le sport. J'ai trouvé plus que quelque chose pour repousser mes limites. J'ai trouvé une belle école de la vie. Aujourd'hui, je pense que l'image du handicap, en France, évolue d'une belle façon, notamment par le handisport. Je pense qu'on véhicule une image très positive des personnes handicapées. C'est sûr que le sport est un vecteur pour changer le regard des autres.

Mickaël Charrière :

Quand on voit les valides qu'on connaît tous à côté et qui voient les nôtres skier, ils sont vraiment impressionnés, même ceux qui sont à la Coupe du Monde. Tous les adolescents qui sont handicapés, je leur dis : "Allez-y, foncez", parce que nous, en équipe de France, ils sont tous passés à travers leur handicap. Maintenant, ils se sentent beaucoup plus sportifs de haut niveau qu'handicapés.

Marie Bochet :

Ce que je dirais aujourd'hui à un adolescent qui est handicapé, c'est que le sport est une belle voie d'intégration et une belle voie d'apprentissage de soi-même, d'une façon générale. Avant de penser aux autres, il faut déjà penser à soi-même. Je crois que le sport nous apprend vraiment à nous connaître.

Une vidéo
produite par

Onisep Auvergne-Rhône Alpes - Site de Grenoble

Liste des vidéos

Retour en haut