1237 vues

Dans mon entreprise de production automobile

Morgane, Clément, Alexis travaillent dans l'industrie automobile. Leur métier : cheffe de production automobile, technicien de maintenance, ingénieur en environnement. 
Ils nous parlent de leur parcours scolaire, du collège au supérieur, pour certains en apprentissage, de leur début dans la vie active, et de leur métier.


Je m'appelle Morgane Le Rousseau et je suis cheffe de production dans une entreprise de production automobile à Valenciennes.
Au collège, j'étais plutôt dans les premières de classe. Même si je n'aimais pas forcément l'école. Arrivée en troisième, j'étais orientée vers une filière technologique. Donc, globalement, ce qui m'intéressait dans cette filière technologique, c'est l'aspect pratique puisque je n'étais pas vraiment théorie et cours, etc.
Et puis en fait finalement, arrivée en seconde, on m'a réorienté vers une filière générale avec une option sciences de l'ingénieur. Du coup, en terminale, au début, j'avais choisi de faire une école d'ingénieur, sauf que j'ai eu quelques péripéties. Du coup, arrivé à l'université, j'ai fait un DUT génie mécanique et productique. En fait, j'ai regretté du tout parce que je trouvais vraiment cet aspect pratique. On avait, je crois, une heure ou deux d'amphi dans la journée et le reste n'était vraiment que des travaux pratiques. Donc, à la suite du DUT, je suis partie du coup en école d'ingénieur. Mais ce qui me gênait dans l'école d'ingénieurs, c'était de justement revenir à des cours. Donc, ce que j'ai fait, c'est que je l'ai fait en alternance. J'avais une partie cours avec beaucoup de pratique et une partie entreprise. Ça m'a permis d'avoir de l'action et de tenir justement jusqu'au bac +5.
L'entreprise où je suis arrivée actuellement, quand j'ai postulé, j'ai eu plusieurs entretiens et puis, donc trois, et au derniers en fai, j'ai été retenue.

Allez, je vous emmène, on va découvrir le métier de cheffe de production automobile.
Quand j'ai commencé dans mon entreprise, j'avais 30 personnes, j'étais groupe leader et actuellement, je suis assistant manager et j'ai 300 personnes. Et ça consiste à gérer la production des voitures en maintenant la sécurité, la qualité et livrer les voitures dans les délais.
Moi au quotidien, je travaille avec des opérateurs de production qu'on appelle chez nous Team Member, avec des Team leaders qui sont des animateurs d'équipe qui animent à peu près une équipe de quatre, cinq personnes, avec des groupes leaders qui, eux, sont chefs de ligne production et qui ont une trentaine de personnes. En fait, je travaille vraiment avec les trois corps de métier, avec un peu plus quand même de travail avec les groupes leaders, puisque c'est leur cheffe direct et que je dois les coacher.
Une journée type, c'est le démarrage pour voir si l'effectif est au complet pour pouvoir démarrer. Ensuite, je vais sur le terrain et je regarde les différents problèmes qu'on a pu avoir, soit la veille, soit le jour.
"C'est ça le départ. Il s'est passé quoi là?"
On peut avoir eu un défaut sur la voiture et donc je vais aller voir sur ligne qu'est ce qui s'est passé ? Pourquoi la personne a fait le défaut ? Et d'analyser la partie technique du process, toujours creuser le pourquoi en fait
Et ensuite, on embraye sur la réunion avec les groupes leader pour figer les priorités de la journée et de la semaine. Et timers, tout ça et au cours de la journée, c'est énormément de suivi de production. Donc, savoir si les voitures sortent en temps voulu. S'il y a des arrêts de lignes, des complications et des choses comme ça.
Donc en fait là, on a le programme de production. On devrait actuellement faire 264 voitures. Là on en a fait que 249 avec l'arrêt qu'on a eu tout à l'heure quand on était enchâsser au mariage moteur. Donc, on a un ratio qui est de 87.4, Normalement, l'objectif, c'est 90. Donc là, on est un peu en dessous avec l'arrêt qu'on a eu tout à l'heure.
Alors donc, le métier d'ingénieur, il a deux facettes. On peut croire qu'il y a qu'une facette technique, mais en fait, non. Il y a aussi une facette managériale. Moi, j'ai choisi la partie managériale parce que je préférais discuter avec les gens et avoir de l'interaction.

C'est un travail où il faut beaucoup marcher, où il y a du bruit . Bon après on a les protections auditives et tout ça. Mais bon, on n'est pas assis à son bureau, ça, c'est sûr.
Alors moi ce que j'aime dans mon métier, c'est que j'assure la production des véhicules et donc je résout les problèmes. Et à la fin, je suis sûre que le client va rouler en toute sécurité. Et quand je vois passer la voiture dans la rue, je suis très fière de ça.

Bon allez, maintenant ca suffit, vous allez voir Clément.



Allez, venez avec moi, je vais vous montrer ce que c'est le métier de technicien de maintenance.
Je m'appelle Clément Lecoq, j'ai 23 ans, je suis technicien de maintenance.

Au collège, j'étais bon élève, je n'étais pas le meilleur, je n'étais pas le plus nul, j'avais des notes correctes. J'aimais beaucoup les matières techniques, j'aimais beaucoup, la SVT et la science parce qu'on pratiquait, dans les labos, en atelier. Donc ça, c'est quelque chose qui me plaisait, l'aspect technique déjà au collège.
J'ai pris un bac scientifique. Après le lycée, j'ai voulu faire des études courtes en BTS, toujours dans le technique, et je me suis surtout rapproché de l'industrie.
Le premier contact que j'ai eu avec l'entreprise dans laquelle je suis, c'était lors d'un projet de deuxième année de BTS.Ce qui m'a plu, c'est en premier lieu que c'était un grand constructeur automobile. Et pour le coup, la rigueur avec laquelle j'allais m'impliquer dans ce projet était carrément en adéquation avec l'entreprise qui proposait ce projet en BTS.
A la fin du BTS, et après la présentation du projet, il y a eu une proposition d'emploi chez TMMF, une campagne de recrutement de techniciens. Je savais que ça allait être un atelier qui allait énormément bouger, qu'allait subir des changements, de l'évolution, ses possibilités de formation, d'aller à l'étranger éventuellement. C'est vraiment ça qui m'a fait prendre conscience qu'il fallait que je prenne cette opportunité et que j'aille dans cet atelier. Donc, je me suis lancé.


Dans une usine de construction automobile, il y a énormément d'équipements. Notre métier, à nous, technicien de maintenance, ce sera d'assurer que cette ligne ne s'arrête jamais.
Les robots, qui sont le cœur de l'atelier sont les robots de peinture, qui vont appliquer les différentes couches sur les pare chocs.
Moi mon parc, il est de 13 robots et de différentes machines et process. Donc, il y a une partie de la journée qui va être de la passation de consignes entre techniciens, entre personnes du même niveau.
"Au niveau du poids, il n'y a pas trop de poids en plus j'espère? Et ben, il va falloir regarder les documentations techniques pour voir si le robot peut accueillir cette charge là."
La plupart des documentations techniques sont en anglais, et parler anglais, c'est très important, pour les intervenants étrangers, pour les ingénieurs étrangers et donc c'est un atout qui est je pense très valable dans une entreprise comme ça

Toute la journée, on va être amené à travailler avec les équipes de production. On va travailler avec les cadres et les ingénieurs et forcément, avec notre animateur d'équipe.
Une seconde partie qui va être une ronde journalière. Je vais avoir une liste d'équipements de données à aller contrôler, soit les pressions, des pertes de charge, des tensions, il y a énormément de valeurs qu'on va contrôler et ça va permettre de garantir que ce soit l'aspect qualitatif, sécurité ou production de mon poste?
Et il y a une troisième partie qui va être plus dans l'analyse, dans le préventif. On va faire de la recherche sur les équipements et sur les éventuelles pannes qu'on peut rencontrer toute la semaine ou le jour J.
En dehors de cette partie de ronde et d'inspection journalière, on a un aspect qui est dans l'urgence, on va dire où des pannes qui sont inconnues et qui surviennent rarement apparaissent. Et donc là, c'est là où la pression s'installe, et où je vais devoir redémarrer la ligne, en sécurité le plus vite possible.

Ce site d'assemblage est organisé en 3/8. Quand je suis du matin, je travaille tôt, de 5 heures à 14 heures. Quand je suis de l'après midi, je fais 13h30 à 22 heures. C'est un rythme à prendre au début, mais qui offre des avantages d'avoir une semaine sur deux, toute une après midi libre pour ses activités personnelles ou le sport. C'est un aspect qui est intéressant.
Une ligne automobile entre guillemets qui ne s'arrête jamais, c'était assez impressionnant pour un jeune de 19, 20, 21 ans. Je ne l'ai pas très bien vécu au début, mais ça fait deux ans que j'occupe ce poste. Je connais mes installations, je connais tous les acteurs qui sont dans l'atelier, donc oui je me sens mieux, et puis, c'est beaucoup plus facile pour moi aujourd'hui.
Mon regard sur l'industrie a beaucoup changé depuis ces deux ans parce que j'ai eu la preuve qu'on pouvait construire des voitures et avoir une usine d'assemblage automobile qui n'émettait pas de déchets, en tous cas très, très peu. Cette gestion là, elle est maîtrisée.
Je crois qu'on en a vu suffisamment, maintenant, je vais vous emmener voir Alexis.


Allez, suivez-moi, je vais vous montrer ce qu'est mon métier d'ingénieur en environnement.
"Vous n'avez pas encore fait le tour des extérieurs je suppose?"
Je m'appelle Alexis Laurie, je suis ingénieur en environnement. J'étais un élève qui se laissait un peu porter, et qui était dans la moyenne dans la moyenne plus, mais sans exceller.
Comme je n'avais pas vraiment d'idée précise sur mon avenir professionnel je suis resté au maximum dans une filière générale.
L'industrie, à l'époque, l'image que j'en avais, c'était forcément avec la technique, de la technologie, et il y avait quelque chose dans lequel je pourrais faire du concret, du réel, et c'est ça qui m'intéressait le plus. C'est pour ça que je suis parti dans une école d'ingénieur, généraliste, en lien avec les métiers techniques de l'industrie, et surtout, qui permettait ensuite d'aller en apprentissage pendant le cycle ingénieur, donc à bac plus 3 bac +4 bac +5 en apprentissage.
Quand on est en apprentissage, on apprend quelque chose, on le met en application et du coup, ça donne un sens. Et c'est ce dont j'avais besoin à l'époque.
À la fin de l'école d'ingénieurs, j'ai trouvé un emploi trois mois après dans un poste de responsable maintenance électrique, trois années complètes. Suite à ces trois années, j'ai profité d'une opportunité avec une annonce, que j'ai trouvé et qui matchait parfaitement avec ce que je recherchais à l'époque, c'est à dire encore une fois, les responsabilités techniques et managériales et humaines. Et du coup, les entretiens se sont vite enchaînés , qui ont permis de valider mon embauche ici chez Toyota.
Pour planter un peu le décor, une entreprise comme la nôtre se doit , à la base de respecter les règles. Une fois que l'on respecte les règles et là, du coup, forcément, j'interviens parce que je contrôle le respect de ces règles, on va travailler sur la performance environnementale de l'entreprise, que ce soit de la consommation énergétique, de la consommation d'eau, de la production de déchets ou des émissions atmosphériques.
L'usine fait 18 hectares, on est plus de 5 000 employés. Alors vous imaginez que moi, tout seul, je ne peux pas agir sur 18 hectares. Donc, je pilote en fait avec mon équipe, l'ensemble des relais environnement qui sont dispatchés dans tous les ateliers.
Atelier par atelier, on baisse nos consommations, de gaz, d'électricité, on baisse nos émissions de CO2, on baisse notre consommation d'eau et on recycle l'eau.
Une entreprise telle que la nôtre va consommer de l'eau pour nettoyer les voitures, par exemple lors des cycles de mise en peinture. Et du coup, on va consommer comme ça des centaines et des centaines de litres pour chaque voiture produite. On a une station de traitement des eaux. Cette station de traitement des eaux, aujourd'hui, est capable de récupérer l'eau de pluie. Cette eau, on va la filtrer et faire de l'eau de process avec. En fait, on est grâce à ces procédés là, on est capable aujourd'hui de tourner quasiment en autarcie sur l'eau. Notre record ça été de ne pas consommer d'eau pendant plus de 333 jours.
Là, on fait pareil sur les émissions atmosphériques, donc on a comme ça plus de 5 incinérateurs sur le site, qui vont détruire plus de 99% des émissions de pollution atmosphérique.
Et enfin, sur la thématique déchets, puisque vous savez que les déchets, c'est aussi une grosse thématique environnementale. À notre échelle, ce que l'on fait, c'est que l'ensemble des déchets issus de la production, on les revalorise à 100%. Donc, chez monsieur Madame Tout le Monde, il y a 2, 3 catégories de déchets. Ici, il faut s'imaginer qu'on en a plus de 83.
"Bonjour Jérémy, tu vas bien? Est ce que tu as 2 minutes, on pourrait aller contrôler la qualité?"
Chaque opérateur sur ligne est formé au tri des déchets. Et du coup, on va comme ça ramener des déchetteries à la source, dans notre centre logistique de déchets, et on va envoyer ça directement dans des filières de revalorisation.Du coup, là, une fois que ça s'est terminé, lui va ressortir ce produit là, brut, c'est trié. On revalorise comme ca 100% de nos déchets.

Tout à l'heure, on parlait d'optimisation énergétique. Là, vous en avez l'exemple. On va régler l'ensemble des éclairages de l'usine au bon niveau lumineux pour ne pas surconsommer d'énergie.
Quand on va parler environnement, on va parler d'installation, de machines et ça, c'est le côté technique que je retrouve en filigrane dans tous mes postes précédents et encore, dans mon post actuel. Il y a de Ia technique, il y a encore une fois de l'humain, on l'a vu, et là quand on doit piloter de l'environnement dans une usine qui fait 5000 personnes, forcément, il y a énormément de travail en transversal pour que tout le monde est le même niveau d'information, et du coup, il y a de l'animation, il y a du pilotage et de la formation et de l'accompagnement. Et tout ça, c'est de l'humain.

Ce qui me plait, moi, dans mon métier d'ingénieur en environnement, c'est que c'est un métier qui a un sens très fort. Vous savez que les problématiques environnementales sont de plus en plus sur le devant de la scène et nous, on prouve qu'on peut faire autrement et qu'on peut faire les choses bien pour la planète. Donc ça, ça donne un vrai sens dans mon travail de tous les jours. Et moi, c'est ce que j'aime dans mon métier.

Une vidéo
produite par

ONISEP

Liste des vidéos

Retour en haut