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TARIK, APPRENTI EN BTS ASSISTANT DE GESTION, VERSION ACCESSIBLE AUDIODESCRIPTION

Tarik a 26 ans. Il a été contraint d’abandonner des études universitaires en raison notamment de sa déficience visuelle. Il prépare maintenant un BTS assistant de gestion en alternance. Plus concret, l’apprentissage lui a permis de prendre contact avec le monde de l’entreprise et de concilier travail et handicap.

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Là, je suis en train de finir ma première année et je suis apprenti chez SFR. Et voilà. J'ai mon ami qui s'appelle Bakou, je le connais depuis l’enfance. On se voit pour faire du sport, au-delà du sport, on se voit pour aller dans les stades, voir des matchs de foot, voir ou écouter, parce que nous, on a un peu de mal à suivre les matchs. Je suis malvoyant depuis la petite enfance. On était dans une école ordinaire, mais qui avait une classe spécialisée pour les déficients visuels. On s’est retrouvé dans la même classe. Et c’est de là que tout est parti. Au collège j'ai été dans une école spécialisée, et ensuite j'ai fait un lycée ordinaire pour retrouver une ambiance ordinaire comme tout le monde. Ça faisait du bien. J'ai obtenu un bac sciences techniques santé social. J’ai fait quelques années d'études qui ont été compliquées, je me disais que la vie active commençait à devenir trop loin. Grâce à l’alternance, ça m’a permis de goûter au monde de l’entreprise. Je suis un peu son coach professionnel parce que je suis son super ami, moi j’ai déjà un pied, les 2 pieds dans le monde professionnel donc je le motive pour qu’il ne baisse pas les bras. J’avais des appréhensions, je ne savais pas si ça allait marcher ou pas, je ne savais pas comment ils allaient m’accueillir, comment on allait me voir et au final, il y a un professeur d’ici qui m’a appelé et qui m’a encouragé. Et en même temps, il fallait aussi que je trouve une entreprise. Envoyer des CV, envoyer des lettres de motivation, se déplacer aux entretiens, convaincre, bien s’habiller, faire attention à son image, bien parler. Tout ça a été un travail en amont jusqu'au 19 octobre, où j'ai été embauché chez SFR. Ça a été un soulagement et une fierté. Tarik, nous l'avons rencontré avec un chargé de recrutement lors d'un salon dédié aux étudiants en situation d'handicap, donc on a vu un certain nombre de jeunes, dont Tarik qui est venu de façon spontanée nous voir avec son CV. On a été interpelé par son parcours et puis par sa grande motivation donc à partir de là on a décidé de présenter son CV et son profil en interne chez nous. Je ne l’ai pas choisi parce qu’il avait un handicap. Je l’ai choisi parce que son CV me plaisait, son enthousiasme. Chez SFR, je pensais qu’on allait directement me dire, faut faire ça, faut faire ça, alors que ce n’est pas le cas. On a commencé à travailler intelligemment parce que mon handicap passe au second plan. « Voir si on ne peut pas mettre en place des solutions où il s’assoit devant » On a travaillé pour Tarik avec des ergonomes pour mettre en place des solutions de compensation sur son ordinateur entre autre, pour lui permettre l'accessibilité des outils de travail. Dès le départ Tarik nous a dit, je ne veux pas que vous vous disiez, je suis malvoyant ou je n’entends pas bien, et que vous preniez des gants avec moi. Donc par moment je suis ferme avec lui. Au jour d'aujourd'hui je le suis tout le long de son parcours professionnel pour atteindre son BTS. Je lui apprends à effectuer les commandes, à réceptionner les commandes, avoir un fichier de suivi, à s'organiser au quotidien. Ma tutrice avait un œil sur ce que je faisais à l’école. Ça m’aidait beaucoup. « Vous avez à vérifier des bons de commande avec des bons de livraison… » Ma responsabilité par rapport à Tarik est que la coordination se passe bien, et qu’il soit épanoui au sein de la classe. « Un écart de date, ça peut être problématique » Quand je suis venu en cours j’étais surpris car on m’a super bien accueilli. Les camarades m'ont aidé et ils n’étaient pas très curieux, ils étaient plus attentifs, ce qui est différent, ça m'a beaucoup touché et jusqu'à aujourd’hui, on est dans une bonne ambiance. « Et vous Tarik ? C’est ce que l'on appelle un contrôleur de gestion. » J’arrive à suivre les cours. Comme n’importe quel élève, je pense qu’il n’y a pas de secret, chaque élève a toujours des difficultés dans une matière. Il n’y a pas que le handicap qui joue là-dedans. « Le 1er document, ça doit être indiqué. » Par exemple en cours on utilise un vidéoprojecteur et malheureusement je ne peux pas participer. Ça a été une petite remise en question de mes méthodes pédagogiques et peut être se servir plus de l'outil informatique, qui lui permet quand même de consulter chez lui les cours. Tarik n’a pas une vue d'ensemble du document. Il ne voit que des bouts de phrases. La greffe a pris. Et je me suis senti bien jusqu'à aujourd'hui. C’est un métier qui m’intéresse. Assistant de gestion est un travail qui demande des efforts, de l'attention, de la patience, de la réflexion, de la logique. Il est bien intégré dans l'équipe, il ramène un nouveau peps avec son humour, sa joie de vivre. Même si parfois, j’aimerai bien qu’il soit un peu plus sérieux. « Tu imagines à la fin du mois s’il faut que je consulte ? » Je vais lui montrer que le monde de l'entreprise ce n’est pas l’école non plus, qu'on a des devoirs, surtout des devoirs, et que derrière on a des objectifs à tenir. Il y a eu des périodes où c’était assez cool et d’autres c’était un peu plus dur. Il se sentait tellement à l'aise et accompagné dans l'entreprise qu’il a commencé à délaisser l’école. C’est là où le manager doit retrouver le juste milieu et lui dire non, c’est un tout. Et aujourd’hui il l’a compris. Son bulletin d'absence arrive chez moi ainsi que son bulletin de note donc on regarde et on parle de ses notes comme si c’était mon enfant. Le monde de l’entreprise c'est comme la vie, on a besoin de chacun pour avancer. J’apprends toujours, et c’est ça qui est bien. J’avance toujours. Un parcours sans regret, un parcours passionnant, et demain je ne sais pas ce qu'il y aura encore comme surprise. Pour l’instant ce serait d’avoir mon BTS et après on verra. C’est tout ce que je peux dire pour l’instant.