Noter la vidéo Nombre de vues Commenter NOTER LA VIDÉO NOMBRE DE VUES COMMENTER J’aime sur Facebook (nouvelle fenêtre)
Vu 1099 fois
OK
DESCRIPTION TRANSCRIPTION

CITÉ ORIENTÉE - BERANGER, 22 ANS, FUTUR INFIRMIER ?

Béranger, 22 ans, futur infirmier. Après avoir hésité avec le droit, il entame aujourd’hui une formation d’infirmier en alternance. Confiant dans l’avenir de son métier, il est en revanche un peu moins sûr de sa capacité à assurer les tâches qui lui seront confiées.

Je m’appelle Béranger. J’ai 22 ans et j’habite à Carrières sur Seine dans les Yvelines. J’habite avec mes deux parents. Mon frère habite sur Paris. Mon père est cadre informatique et ma mère est employée administrative. Ça fait 21 ans que j’habite à Carrières sur Seine. C’est une petite ville. Je suis quelqu’un de très patient. J’ai une capacité d’écoute assez impressionnante. Depuis tout petit, on me confiait souvent plein de secrets, j’étais vraiment quelqu’un digne de confiance. Et je suis aussi assez discret. Je ne parle pas souvent de moi, mais j’aime beaucoup aider. A 16 ans, j’étais dans une association d’aide à domicile pour les personnes âgées, c’était mon premier travail d’été. J’étais surtout avec une personne qui était aveugle et du coup je lui préparais à manger et je l’aidais à la prise des repas. J’ai eu beaucoup de moments à partager avec elle, c’était vraiment agréable et ça m’a aidé à continuer dans cette association. En 2008, j’ai eu un bac sciences techniques gestion spécialité informatique. Ensuite, j’ai fait du droit pendant 2 ans à la fac de Nanterre. Je n’étais pas très à l’aise dans le droit. En février, j’ai arrêté mes études après les vacances. Ne sachant pas quoi faire de ma vie, entre guillemet, j’ai fait beaucoup de recherches pour savoir ce qui pouvait me plaire donc je suis allé au CIDJ de Paris grâce au questionnaire professionnel de l’Etudiant qui m’a permis de savoir que le concours infirmier était accessible avec mon bac. Je me suis préparé pendant 1 mois. En septembre, j’ai pu commencer ma formation. Ce sont des Instituts de formation en soins infirmiers et mon école est basée à Nanterre. Il y a des étudiants en soins infirmiers mais il y a aussi des aides soignant. C’est une formation en alternance donc on fait généralement 1 mois de cours et 1 mois de stage. Dans ma formation, il faut savoir que nous sommes seulement 10 garçons pour à peu près 70 filles. Donc c’est vraiment encore un métier très féminin et on est souvent amené à être dans des services exclusivement de filles. Non, l’avenir ne me fait pas peur. Je sais que, grâce à ce diplôme, je vais pouvoir travailler très rapidement. Je sais que je vais pouvoir travailler un peu n’importe où, que ce soit en France, que ce soit à l’étranger. Ça ne me fait pas peur. Mes interrogations pour l’avenir, c’est surtout une fois le diplôme en poche, savoir si je serais vraiment capable d’assurer les tâches qui me seront confiées en tant qu’infirmier parce qu’il faut savoir que quand on est en poste, on est peut-être tout seul en tant qu’infirmier avec des aides-soignantes et donc il y a des actes qui sont plus durs que d’autres. C’est surtout savoir si je serai capable d’assurer ce qui me sera confié. LOLA (Amie de Bérenger) Cette formation nous confronte à qui on est, à la connaissance de nous-même parce qu’on est en relation permanente avec l’autre qui nous renvoie à nous-même. Bérenger l’a bien compris. Comme il connaît ses propres limites, il sait jusqu’où aller et jusqu’où se limiter aussi. Il le dit très facilement. Il a eu des moments assez durs personnels qui l’ont fait énormément avancer. C’est pour ça qu’il est très mature, à l’âge de 22 ans, je trouve que c’est quand même assez remarquable pour un garçon en plus qui est dans une école à 90% de femmes. Donc il faut qu’il trouve sa place, ce n’est pas évident tous les jours, et surtout dans les stages. C’est une personne qui manque encore un peu de confiance en soi, d’estime, mais il va l’acquérir au fur à mesure de sa carrière. Il a déjà eu des très belles retombées de ses enseignantes, de ses amis, des personnes qui ont pu le croiser en stage. Je vois bien Bérenger en service psychiatrique parce que ça laisse une grande part au relationnel dans lequel il est assez doué et où il a beaucoup de choses à apprendre aussi. Après les soins techniques comme en bloc opératoire ou en chirurgie, je le vois un peu moins parce qu’il a encore beaucoup de théorie à apprendre. MADAME RAYNERT (Formatrice de Bérenger) Bérenger, dans le groupe promotion, attire l’attention par son écoute, par sa réflexion, parfois aussi par ses réactions un peu émotionnelles mais elles sont toujours pertinentes. Il travaille plutôt dans le champ de la psychiatrie, je pense, c’est peut-être un domaine qui lui convient plus que par exemple un service de réanimation où il y aurait beaucoup de techniques. J’ai l’impression qu’il est plus attiré par cette dimension relationnelle dans la mesure où il est très à l’écoute d’autrui. Bérenger a cette inquiétude parce qu’il leur reste peu de temps avant d’exercer. Je crois qu’on commence à être beaucoup plus à l’aise au bout d’un an d’exercice, mais en même temps cette inquiétude, c’est ce que j’essaie de faire passer, c’est qu’il faut transformer cette inquiétude en quelque chose de positif, ça va donner aussi de la vigilance. BENOIT BALLAY (Infirmier D.E) Tous les matins du lundi au samedi, on fait ce que l’on appelle « le flash ». On discute des sorties programmées des patients, des accompagnements à faire, des choses à prévoir. Vu qu’il n’y a pas beaucoup d’infirmier homme, est-ce que ça t’a dérangé durant tes études. Non au contraire, c’est appréciable. On est 50/50 chez nous. Dans les autres services, c’est à peu près le cas. C’est sûr qu’en psychiatrie, ça peut arriver d’avoir des moments un peu costauds donc on compte pas mal sur nous. Nous sommes en première ligne lorsqu’il y a des soucis dans notre service. Nous sommes au troisième étage, c’est un service d’hospitalisation à temps plein. Ils sont là tous les jours de la semaine, ils ne sortent pas comme ça. Nous avons 13 chambres dont 3 chambres sécurisées. On en a une de libre donc je vais te la montrer. Pas de poignée à l’intérieur pour éviter qu’ils fassent des bêtises. Pourquoi avoir choisi ce métier ? Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce métier ? Ce qui m’a attiré à passer le concours infirmier, c’est le côté relationnel que j’ai vraiment voulu développer durant ces études. Et c’est pour cette raison maintenant que je suis plus intéressé par le secteur psychiatrique que par les soins généraux. Je veux me rendre utile. Je veux garder le contact avec les autres. Je voulais savoir comment tu as ressenti ta première journée de travail en tant qu’infirmier sachant que dans d’autre service on peut être tout seul en tant qu’infirmier avec des aides-soignantes. Tu as eu ton beau diplôme vert quelques semaines ou quelques jours avant, tu n’es pas encore parfaitement compétent. On apprend encore une fois diplômé, il faut savoir rester modeste. Le premier jour ici, j’avais fait le stage quelques semaines avant, j’ai été mis dans le vif du sujet tout de suite. L’un de nos patient en chambre fermée a fracturé son hublot de chambre donc on a été obligé de l’attacher. L’équipe m’a dit qu’ils n’avaient pas attaché de personne pendant 6 mois et là il a fallu que ça tombe là. Est-ce que tu comptes faire ça pendant toute ta carrière ? Non. Le métier d’infirmier reste quand même très vaste, avec beaucoup de possibilités que ce soit en hôpital, en libéral, infirmier scolaire, infirmier en médecine du travail, humanitaire, infirmier de bloc, infirmier anesthésiste. Je me destine dans un futur quand même assez lointain à faire du libéral un jour ou l’autre. Ça me permettra de faire et du technique et du relationnel. C’est très diversifié. En 2 ans de travail ici, je n’ai pas encore cerné tout ce que l’on peut y faire. Après c’est dur comme toute spécialité. Tu n’auras pas la reconnaissance du patient ou tu seras bien titillé par les patients. Il y a du monde derrière, tu es soutenu, c’est important. Le travail en psychiatrie, c’est primordial la cohésion d’équipe. Mon impression de cette rencontre avec Benoit, c’était très intéressant de voir la configuration de son service qui est complètement différente de celle que je vois à l’hôpital, c’est un endroit assez calme, reposant. L’environnement de travail est intéressant. L’entretien avec lui et tout ce qui m’a présenté, l’équipe semble assez grande, pluridisciplinaire avec pas mal de cadre, la direction est présente et se préoccupe des sorties des patients, des différentes interventions. Je pense que je vais commencer une fois diplômé dans le secteur psychiatrique, c’est vraiment quelque chose qui m’intéresse depuis 2 ans. J’ai envie de voir en tant qu’infirmier. Après, je ne dis pas que je vais rester en psychiatrie très longtemps. J’ai aussi pour projet de travailler avec les handicapés. Je vais rester dans la santé mentale plus que la psychiatrie. Je vais continuer à avoir peur jusqu’au premier jour, c’est naturel, mais ça met quand même en confiance de se dire que nous serons jamais tout seul.