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CITÉ ORIENTÉE - TESS, 17 ANS, FUTURE GUIDE-INTERPRÈTE ?

Tess, 17 ans, aimerait devenir interprète. En classe de terminale section européenne, elle parle l’anglais, l’allemand, apprend l’italien. Mais cet amour des langues suffit-il pour être interprète ?

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Je m’appelle Tess, j’ai 17 ans et j’habite un petit village sur l’île de Ré. J’ai une petite sœur de 14 ans et nous sommes très proches. Elle s’appelle Ida. Ma mère est assistante auprès des personnes âgées. Mon père est maître d’hôtel à l’île de Ré. On nous a proposé, en fin de seconde, de partir à Chicago. J’ai commencé à faire beaucoup de voyages et à partir de ce moment-là, ça m’a ouvert sur les autres, ce qui fait que maintenant lorsqu’on vient me parler, ce n’est pas un problème. Mon expérience de Chicago m’a apporté une amitié, l’accent américain, les expressions. Ça permet d’avoir beaucoup d’anecdotes et on est content de le raconter autour de nous. Quand j’étais toute petite, je voulais être danseuse. Ensuite, j’ai voulu être commerçante. Puis pendant toutes mes années de collège, je voulais être vétérinaire, mais je me suis rendu-compte que j’avais la phobie du sang. Et ensuite, j’ai toujours voulu travailler dans les langues. Je suis pensionnaire au lycée Saint-Exupéry à La Rochelle et je suis en classe de terminale L en option européenne depuis la seconde. Je parle l’anglais, l’allemand et j’apprends l’italien. J’aimerai apprendre l’espagnol, je vais le faire seule cet été. J’aimerai être interprète dans différents domaines. De ce que je sais, on peut être interprète de jury, dans la justice, à la télévision. On traduit ce que l’on entend directement à l’oral à d’autres personnes qui ne comprennent pas la langue que nous entendons. Je préférerai être interprète que traductrice parce que j’aime le côté oral, le fait de parler parce que je pense que quand on parle à quelqu’un, il y a quelque chose derrière. Si je rencontrais un interprète, j’aimerai vraiment lui demander comment il en est arrivé là, par quel biais parce que c’est quand même un métier qui a l’air fermé. J’aimerai aussi lui demander si c’est facile tous les jours aujourd’hui vu que les langues deviennent de plus en plus parlées, notamment l’anglais. J’aimerai aussi lui demander s’il y a un côté social dans ce qu’il fait, un côté rencontrer, découvrir. Mes rêves, pourquoi pas interprète en télévision ou en radio. J’aime beaucoup aussi la politique donc l’ONU, pourquoi pas ? C’est vrai que c’est grand, mais si on peut rêver…Plus tard, j’aimerai bien vivre à l’étranger, surtout dans les pays anglophones parce que j’y suis allée souvent, en Angleterre, en Irlande et j’ai eu la chance d’aller aux Etats-Unis donc forcément ça nous donne envie de continuer, de découvrir encore d’autres pays et de nouvelles personnes. Je viens de faire un échange avec une allemande, ça me donne envie de vivre dans des pays avec d’autres cultures et d’autres mentalités aussi. L’année prochaine, si tout va bien, je pars en prépa littéraire à Bordeaux. Ça me laisse deux ans pour savoir si je suis vraiment sur et ensuite ça permet de rentrer dans des grandes écoles ou si vraiment je veux faire une pause, partir à l’étranger et après continuer. Je pense que j’ai hâte, mais en même temps, je suis contente d’avoir le temps de réfléchir parce que je pense qu’on doit prendre le temps justement. SOLINE BARATHON (Amie de Tess) Je pense que c’est un métier qui lui convient parce qu’elle est excellente en langues. Je pense que c’est venu naturellement dans son parcours scolaire et dans ce qu’elle aime, le voyage à Chicago et tous les autres qu’elle a pu faire. Ça l’a encouragé à aller dans cette voie de l’interprétariat. C’est quelque chose qui lui plaît. Je pense que Tess a besoin de son cocon. On a tous besoin de s’en aller, je suis la première à le dire et à vouloir le faire. Elle a vraiment besoin d’un cercle de famille, d’amour, elle aura du mal à se détacher de ça. Après, est-ce qu’elle voudra partir, sans doute, comme je disais, on en a vraiment tous besoin, surtout à notre âge. Mais on revient vite. Elle a besoin de garder ce cercle d’amis, d’amour et de famille qui lui est vraiment très cher. Je la verrai bien institutrice parce qu’elle adore les enfants. Elle s’en occupe très bien. On a fait du babysitting ensemble et je sais qu’elle en fait depuis des années. Elle a ce côté très pédagogue aussi. Je pense que ce serait quelque chose qui lui conviendrait bien aussi en dehors de l’interprétariat, ça c’est sûr. Si je fais un énorme congrès américain et qu’elle vient faire l’interprète anglais, pourquoi pas ? J’espère que nous resterons en contact quoi qu’il arrive. Souvent, on dit que les amitiés de lycée, ça vient, ça passe, etc. Au contraire, on peut se fonder des vrais amis au lycée et je pense que Tess et moi, c’est une preuve. Même si elle est à Bordeaux et moi à Paris, il n’y a que deux petites heures de train, on se verra quand même. VERONIQUE HOREL (Professeur d’allemand) Tess n’a pas vraiment changé. Je crois que je l’ai remarqué tout de suite en première, surtout par sa maturité et sa capacité d’attention. Elle n’était pas très exubérante comme la plupart des élèves de son âge, plutôt un peu dans la retenue mais on sentait quelqu’un qui savait capter tout et savait l’organiser. Elle était à l’écoute, mais elle savait aussi travailler de son côté donc elle avait une forme d’autonomie qui m’a interpelé quand même pour une élève de cet âge-là. Elle est un mélange, d’attention et d’écoute aux autres et de capacité à s’exprimer vis-à-vis des autres, c’est pour cette raison que je pense qu’elle serait très bien dans un métier public. Je la vois très bien dans l’évènement, organiser des choses avec un public. Pour ce qui est du métier d’interprétariat, on y pense tous quand on fait des langues, juste qu’il y a quand même une réalité au bout. Je pense tout bêtement à l’ISTI qui est l’école d’interprétariat française à Paris et qui est extrêmement difficile. Il n’y a que les gens d’origine allemande ou anglaise qui y rentrent parce qu’on sait que c’est extrêmement difficile de traduire pour un homme politique ou pour une personnalité. Il faut être vraiment d’une précision de langage extrême. Les études sont très complexes, ça demanderait beaucoup d’efforts, beaucoup de travail. Je ne la vois pas là-dedans. Mais, peut-être qu’elle rencontre quelqu’un pour savoir s’il n’y a pas d’autre branche possible en France, dans d’autres capitales régionales plutôt que Paris parce que je pense que les choses se développent en matière de langue et qu’il y a forcément d’autres écoles qui pourraient offrir aussi des choses plus accessibles. EVE BOUTILLIE (Interprète de conférences) On entre dans la salle de réunion. Elle est encore vide comme souvent à l’UNESCO les gens arrivent plutôt au dernier moment donc les interprètes sont toujours les premiers sur place. Le site de l’UNESCO est très bien fait. Par exemple, tu as des études de cas qui te permettent de relever du vocabulaire. Il existe un outil indispensable dans la vie d’un interprète, c’est le stabylo. Qu’est-ce que tu dirais pour teacher ? Professeur ou éducateur. Professeur, c’est le terme commun pour désigner teacher. Les spécialistes de l’éducation, entre eux, parlent des enseignants. C’est ça la différence entre le travail de préparation que tu vas faire qui va te permettre d’acquérir leur jargon, d’avoir suffisamment assimilé le vocabulaire, les concepts, les idées qui vont imprégner leur débat pour te faire passer pour un des leur. Je suis passionnée d’anglais, c’est vraiment ce que j’aime. Par contre mes deux parents sont français, est-ce que vous pensez que dans le métier d’interprète c’est un frein ou pas ? Pas du tout. Il y a effectivement pas mal d’interprètes qui ont un profil multiculturel pour diverses raisons. Les langues sont acquises, il faut qu’elles soient maîtrisées au plus haut niveau donc il faut pouvoir s’exprimer de manière très élégante, concise, claire mais ce n’est pas le but de l’exercice. D’ailleurs, les écoles d’interprétation ne sont pas des écoles de langues. On n’y apprend pas les langues. On apprend uniquement les techniques d’interprétation. Ce qui compte le plus, c’est cette curiosité intellectuelle, cette soif de savoir, cette envie de s’intéresser à tout. C’est toujours plus agréable d’interpréter quelqu’un avec qui on se sent complètement en accord mais ce n’est pas toujours le cas. A ce moment-là, il faut se servir de son désaccord comme d’une source d’énergie pour dire, je ne suis pas d’accord avec ce qu’il est entrain de dire mais il faut que ce soit bien compris pour que d’autres comme moi puissent ne pas être d’accord. Qu’est-ce que vous appelez langue B, langue passive…On entre dans le jargon technique. Effectivement pour les interprètes, nous avons une langue A qui est notre langue maternelle, la langue dans laquelle on a fait ses études supérieures en règle générale. On a une langue B qui est une langue active donc que l’on maîtrise suffisamment pour pouvoir interpréter vers cette langue. Et puis on peut avoir une ou plusieurs langues passives qui sont les langues que nous comprenons parfaitement mais que nous ne maîtrisons pas suffisamment pour interpréter en simultané. Est-ce que vous pensez qu’aujourd’hui c’est dur de trouver un travail après avoir fait ces études d’interprétation ? Il faut bien y réfléchir parce que les études sont longues, elles sont coûteuses, pas seulement en terme financier mais en investissement psychologique et à la sortie, on n’a pas de garantie d’un emploi sur, régulier. Donc si on veut être interprète, il faut viser l’excellence et cultiver les langues rares. C’est une bonne idée de partir à l’étranger, il le faut. Personnellement, je suis quelqu’un d’extrêmement stressée, tout le temps pour un rien, vous pensez que c’est quelque chose qui peut freiner ? Ça peut freiner si le stress est tel que ça parasite ton écoute et ta concentration. Le stress peut te servir aussi et là ce ne serait plus un frein mais une aide si tu le transformes en adrénaline. C’est très impressionnant d’être à l’UNESCO, on en entend parler à l’école, au lycée. Les bâtiments sont magnifiques. On a envie de parler avec elle, on a envie de découvrir son métier et c’est très sympa d’avoir une première idée avec une personne comme ça. Quand elle a parlé du fait qu’on était interprète sans se servir forcément des langues, que ce n’était pas le plus important, ça m’a complètement surprise parce que pour moi être interprète c’est aimer les langues, c’est parler les langues. Ça m’a ouvert les yeux sur le métier qui était plus large que je pouvais penser. Lorsqu’elle m’a parlé des études à entreprendre, ça m’a beaucoup aidé parce que je me disais qu’est-ce que je vais faire après ma prépa ? Certes, j’aurai un diplôme mais qu’est-ce que je vais en faire ? Qu’elle me dise tu fais ce que tu veux, où tu veux et après tu verras, c’est encore mieux que ce que je pensais. Pour moi, c’est se mettre dans une personnalité qui n’est pas la nôtre. Je pense que c’est ça la plus grande des qualités qu’elle a essayé de me faire passer et c’est ça qui me paraît compliqué bizarrement. J’ai plein de passions, la musique, la politique ça n’a rien à voir. Déjà, je dois choisir mon domaine de prédilection. Maintenant que j’ai eu mon bac avec mention, je vais en prépa littéraire et donc ça m’intéresse toujours autant. J’aimerai vivre à l’étranger, c’est vrai que je l’ai déjà fait mais pour faire quelque chose de concret. Eve disait pourquoi pas un métier autre que les langues mais quelque chose qui t’apporte dans le vocabulaire, c’est une très bonne idée.