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CITÉ ORIENTÉE - EVE, 16 ANS, FUTURE GÉOLOGUE ?

Eve, 16 ans, veut être géologue depuis l’âge de 4 ans. Si elle connait déjà le cursus à suivre pour arriver à son objectif, elle a encore beaucoup de questions et d’appréhension concernant cette vocation : est-il possible de faire de sa passion un métier ?

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Je m’appelle Eve, j’ai 16 ans et j’habite à Bois-Colombes. C’est dans le 92, dans les Hautes-Seines près de Courbevoie. J’avais 15 ans quand mes parents se sont séparés. C’était l’année dernière, il y a tout juste 1 an. Ici, j’habite avec ma mère et ma petite sœur. Ma maman est esthéticienne dans un Institut. Mon papa travaille à la RATP en tant qu’agent de maîtrise. Ça ne fait pas très longtemps que j’habite à Bois-Colombes et je ne passe pas énormément de temps à me promener dans les rues, je ne la connais pas très bien. J’ai participé à un concours l’année dernière. C’était un concours de bande dessinée qui s’appelle des bulles à Bois-Colombes. J’ai remporté le premier prix, la première année où j’ai participé. Je ne suis pas timide et je dis ce que je pense généralement. Je suis un peu étourdie par contre, j’oublie beaucoup de choses et j’ai des blancs des fois. Je suis au lycée Paul Lapie en première S. Ma matière préférée est le SVT. A la fois, j’aime les matières scientifiques qui traitent de la biologie mais je n’aime pas les mathématiques, les calculs. J’aime beaucoup lire donc j’aime les matières littéraires. Après le bac, j’aimerai aller en université de Lorraine passer une licence en biologie ou environnement afin de préparer un Master 1 et 2 GPRE (Géosciences Planètes et Ressources en Environnement). Plus tard, j’aimerai être vulcanologue donc travailler sur les volcans et les sciences de la terre. J’ai envie de faire ce métier depuis que j’ai 4 ans. C’est une passion de longue date. Mon papa est martiniquais et quand j’étais petite, je suis allée en Martinique où on a visité la Montagne Pelée. J’ai dit à ma maman que je voulais devenir vulcanologue pour éviter que des gens continuent à mourir à cause des éruptions volcaniques. J’ai plusieurs livres sur la vulcanologie que j’ai eue étant enfant ou que l’on m’a offert au fur et à mesure. J’essaie de ramener des pierres. Certaines personnes qui me connaissent bien me ramènent des pierres de là où ils sont allés. Je les garde dans une boîte très précieusement. Je n’ai jamais rencontré de vulcanologue. J’ai déjà rencontré un cristallier. Des gens qui montent dans les montagnes, dans les Alpes, chercher des minéraux. Si je rencontrais un vulcanologue, j’aimerai lui demander s’il a choisi ce travail par passion, s’il était déjà passionné depuis longtemps. J’aimerai savoir si en vulcanologie on reste sur un seul territoire ou si on voyage partout. Dans la vulcanologie, je pense qu’il y a plus d’hommes que de femmes, mais ça ne me fait pas peur. J’aimerai fonder une famille quand même un jour, je n’ai pas envie de vieillir seule. J’aimerai savoir si on peut un moment arrêter de voyager, de faire des prélèvements et plutôt travailler dans les analyses et la recherche dans un laboratoire. Je ne sais pas ce qui pourrait me plaire plus ou moins dans le métier de volcanologue, il faudrait que je devienne volcanologue pour répondre à cette question. ANGELINA (Mère d’Eve) Depuis qu’elle est toute petite, Eve a une grande chance, tout ce qu’elle entreprend, elle le réussit. Comme elle est curieuse, elle va chercher partout donc le côté spirituel, elle l’a toujours eu depuis qu’elle est toute petite et d’ailleurs je pense que sa passion pour la géologie est liée au respect de la nature, le respect des autres, le respect de l’environnement, je crois que c’est quelque chose qui la touche beaucoup. Sinon, elle a toujours été passionnée de dessin, elle a toujours aimé la musique. Elle a juste évolué, c’est une ligne droite qui évolue. Par exemple, en géologie, il y a des pierres et dans le centre, il y a un trou et en fin de compte, ils les coupent en deux et ça fait comme deux grottes et à chaque fois quand elle était plus petite, elle me disait « moi, je suis sure qu’il y a des fées qui habitent ici ». Je pense que cette dimension, l’univers, l’environnement, est liée à son côté très rêveur, très fantastique et d’ailleurs je pense que la géologie est quand même quelque chose de fantastique. Quand on arrive à étudier l’évolution de la terre, je n’y connais rien mais je l’imagine, en pouvant étudier des pierres, c’est complètement féérique, c’est fantastique. En fin de compte, elle gère tout ça très bien parce qu’elle a ce côté rêveur. Elle passe d’un nuage à un autre et je pense que si elle reste comme ça adulte quand elle sera au travail, elle sera structurée comme elle est à l’école et en dehors, elle arrive à avoir une échappatoire et à rêver. Si elle est comme ça adulte, ce sera très bien pour elle. MADAME FOURNIER (Professeur de SVT) Eve, je l’ai eu en sciences et laboratoire l’an dernier donc en seconde qui n’était pas l’enseignement de cours. Cette année, je l’ai en première S où là je l’ai en cours et en TP donc en Sciences de la Vie et de la Terre. Je n’avais pas du tout remarqué qu’elle avait ce côté rêveur qu’elle semble assez bien contrôler parce qu’en classe elle est plutôt assez carrée, assez rigoureuse. Elle m’a parlé de son projet d’orientation qui est d’être vulcanologue. C’est la première fois dans ma carrière que j’ai une élève qui s’intéresse à ce domaine. Je trouve que c’est quelque chose qui lui va très bien. Déjà l’an dernier, avoir fait ce choix de sciences et laboratoire, je pense que c’était déjà guidé par ce choix là où l’enseignement d’exploration est important, on essaie de manipuler beaucoup. On fait ensuite des comptes-rendus donc c’est assez cohérent avec ce qu’elle pourra faire éventuellement dans ce métier là puisqu’il y a à la fois des données laboratoire, le compte-rendu ensuite à faire. C’est assez cohérent. En plus, cette année, on a commencé la géologie et on sent que c’est vraiment quelque chose qui lui tient à cœur, elle participe volontiers, elle pose beaucoup de questions. Les roches que nous commençons à étudier en ce moment l’intéressent beaucoup. Ça me paraît complètement cohérent avec son choix concernant cette orientation. LABORATOIRE MAGMAS ET VOLCANS Bonjour Eve, bienvenue au Laboratoire Magmas et Volcans de Clermont-Ferrand. Aujourd’hui, tu vas rencontrer deux chercheurs dont l’un qui est Mathieu Gouhier qui est spécialiste en satellite et l’observation des volcans du monde entier. Et Pierre Boivin qui est spécialiste de la chaîne des puys. MATHIEU GOUHIER (Physicien) C’est un des plus grands laboratoires du monde dédié exclusivement à l’objet volcan. A Clermont-Ferrand, on est aussi adossé à un observatoire qui est l’observatoire de physique du globe de Clermont et on est vraiment spécialisé dans la mesure et notamment la mesure par satellite. Moi, personnellement, je travaille plus particulièrement sur les satellites et sur la surveillance des volcans actifs. Typiquement, on a en temps réel, les volcans qui sont tout de suite en activité sur l’ensemble du globe. Tous les volcans rouges sont ceux où il y a de l’activité. On fait cette analyse en temps réel et bien sûr on fait aussi du post processing, c’est-à-dire on retraite l’ensemble de ces données qui nous arrivent en temps réel pour les faire parler et pour en dire le plus de choses possibles. Il y a un satellite actuellement qui observe tous ces volcans et vous pouvez le voir sur l’écran. Exactement, plusieurs satellites, ce sont des satellites géostationnaires qui sont très loin de la terre qui sont utilisés notamment pour la météorologie, mais nous, on les utilise aussi pour la volcanologie. PIERRE BOIVIN (Chercheur CNRS) Avant c’était une croûte océanique, la Chaîne des Puys aurait pu être une dorsale. Non, ce n’était pas une croûte océanique. On est sur un continent, c’est le continent européen mais cette croûte qui s’est cassée dont une partie s’est effondrée pour donner de la limagne, ça s’est arrêté. Si ça avait continué, on serait rentré dans ce que tu dis. On vient de faire le tour du Puy de Dôme. Ce matin, tu as vu le labo, le côté sciences dures. Finalement, quels sont tes sentiments ? J’ai vraiment adoré rencontrer le géophysicien, me balader un peu partout dans le laboratoire, voir les échantillons qui ont pu être prélevés et les machines qui sont utilisées pour faire des modélisations plutôt chaudes, plutôt froides pour voir comment se comportent les matériaux. Aussi goûter les pierres, ça m’a marqué. Me promener ici avec vous en me racontant votre expérience, c’était vraiment très intéressant presque émouvant. Je suis ravi de rendre le Puy de Dôme, cette roche assez dure comme ça, finalement lui donner un peu de sentiment. Vous avez voyagé pour explorer de nouveaux endroits géologiques. Naturellement, ça fait partie du métier de géologue. Comme je tenais à avoir les deux facettes laboratoire, extérieur, je n’ai évidemment pas autant voyagé que des collègues qui ne sont passionnés que par ce qu’il se passe à l’extérieur, mais enfin en plusieurs dizaine d’années, on a le temps de faire le tour de la terre. Est-ce-que vous avez rencontré beaucoup de femmes dans votre métier ? Au départ, le métier de géologue, on disait ce n’est pas un métier de femme. C’est quelque chose qui change. Et en particulier dans le domaine de la recherche, c’est un métier où l’on a de plus en plus de filles au laboratoire. Je n’ai pas le chiffre en tête, mais il y en a pas mal. On en a maintenant qui deviennent chef d’équipe sans aucun problème. C’est très intéressant. Côté compétence, c’est pareil. Les façons de faire des filles dans bien des cas, ça facilite le travail collectif. Pour réussir à devenir géologue ou vulcanologue, j’aimerai faire mon bac S, ensuite aller passer une licence en environnement puis préparer un Master 1 et 2 en Géologie, Recherche, Environnement, Planète à Nancy. Qu’est-ce-que vous en pensez ? C’est une voie tout à fait logique telle que tu l’exprimes. Tu choisis en fonction des spécialités. Ce qui est important dans l’affaire, plus que d’aller à tel ou tel endroit, c’est de savoir vraiment où tu veux aller. Faut que tu saches ce qui te plaît, qu’est-ce-que tu veux vraiment faire. Le privilège énorme qu’on a quand on peut faire le métier qui est proche de ce qu’on est, ça te permet de passer à travers le feu. Tu ne travailles plus, tu t’amuses. J’ai passé 40 ans à m’amuser. Quand on gagne sa vie en s’amusant, c’est exceptionnel. C’est ça qu’il faut viser. J’ai beaucoup aimé rencontrer Mathieu et visiter son laboratoire, comment il travaillait. Mais, j’ai préféré être sur le terrain avec Pierre. J’ai vraiment ressenti une personne qui était passionnée par son métier, qui le fait par amour et ça m’a vraiment touché. J’ai aussi eu la chance de partir en voyage avec mon orchestre et je me suis rendu compte que la chose la plus importante, ce qui me définissait, ce qui me faisait vibrer, en réalité c’était la musique. Je suis encore passionnée par la vulcanologie. C’est une passion d’enfant que je vais continuer à attiser, continuer d’apprendre parce que c’est toujours ma passion. Mais je vais m’orienter comme musicienne pour finalement jouer dans un orchestre, devenir flûtiste et peut-être violoncelliste à long terme. Quand j’ai parlé de ce changement à ma mère, j’étais vraiment dans un mauvais jour. Je lui ai avoué en pleurant que je voulais devenir musicienne et sur le coup elle a tout de suite compris. Elle m’a quand même avoué qu’elle se demandait pourquoi j’avais pris une scientifique alors que je suis plus musicienne et littéraire dans l’âme que scientifique. C’est vraiment la réalité. Elle m’a encouragé dans cette voie. Aujourd’hui, j’en suis à monter mon dossier pour être acceptée dans des écoles à double cursus en musique.