Noter la vidéo Nombre de vues Commenter NOTER LA VIDÉO NOMBRE DE VUES COMMENTER J’aime sur Facebook (nouvelle fenêtre)
Vu 1072 fois
OK
DESCRIPTION TRANSCRIPTION

AUDE, APPRENTIE EN CAP VENTE EN ALTERNANCE

Aude, 19 ans, a suivi un parcours scolaire classique comme ses aînés. Elle s’est orientée vers la vente après avoir obtenu un premier CAP en cuisine. Elle prépare actuellement un CAP employé de commerce multi-spécialités en alternance, ce qui l’amène à travailler dans une grande surface. Cette nouvelle voie lui permet de s’épanouir et de gagner l’estime de ses collègues.

Je m'appelle Aude, j'ai 19 ans et demi. Je fais un CAP Vente en CFA et je travaille dans une grande surface. Aude a fait une maternelle classique. Je ne m'inquiétais pas spécialement, mais avec un enfant handicapé, on vous raconte beaucoup de choses. On lit des livres. Je les ai fermés, je voulais le faire avec mon cœur, pas avec ce qu'on lisait. Inscrire un enfant handicapé en maternelle peut être très difficile. Je n'aime pas montrer ma difficulté. Revenons au premier document que je vous ai distribué, s'il vous plaît. C'est ça. Le règlement intérieur. J'ai dit un jour à la maîtresse de CP de mes 3 autres enfants : "Mon seul regret sera que vous n'ayez jamais Aude dans votre classe." Et en fait, cette idée a cheminé. Elle a fait une formation pour être institutrice spécialisée. Une classe s'est ouverte dans l'école primaire où étaient les autres enfants. Et Aude a été une des premières inscrites dans cette classe. Aude ? Cette même institutrice a voulu suivre ces enfants au collège de collège de Mer, pas loin de Blois, et Aude a pu continuer en UPI, c'est-à-dire une classe adaptée pour enfants handicapés dans un milieu ordinaire. À l'issue du collège, Aude était passionnée par la cuisine. Donc Aude a été inscrite dans une Ulis pro à l'intérieur d'un lycée professionnel et elle a pu suivre un CAP Assistant technique en milieu familial et collectif. Aude, à l'issue du premier CAP, voulait continuer ses études. Elle a été orientée vers la vente. La restauration, ça posait un peu problème parce qu'elle était trop gourmande. Et suite à un rendez-vous avec une personne de Cap Emploi, il nous a dit qu'il était préférable de réaliser un CAP en alternance pour une meilleure employabilité future. Au CFA, au niveau des matières professionnelles, différentes matières sont étudiées. La première, c'est la vente, dans laquelle elle va apprendre à s'exprimer à des clients, à diriger les clients au sein du magasin, à faire de la caisse. Ensuite, elle va avoir une matière où on va étudier vraiment plus tout ce qui est réserves, tout ce qui est réception de marchandises, codification, étiquetage, etc. Ensuite, elle va apprendre à mettre en valeur les produits en rayon : implantation, mise en rayon, etc. Avec elle, j'effectue un travail de relecture, j'écris à sa place quand ça doit aller plus vite ou quand c'est trop dur ou trop long. Je suis là pour les devoirs aussi. Je reformule les questions qu’elle ne comprend pas, je lui explique les textes... Avec Aude, ça a accroché assez rapidement. C'est une personne assez dynamique. Effectivement, les conditions étaient réunies puisqu'Aude était volontaire, participative. L'équipe, à 80 %, approuvait cette aventure. Et puis globalement, au niveau de l'entreprise, on avait des choses à lui faire faire, à lui apprendre. Et nous voici depuis un an en collaboration directe. Tu me redis pourquoi on contrôle la marchandise ? Pour avoir une bonne qualité. Elle passe une semaine ou une semaine et demie en CFA, à raison de toutes les trois ou quatre semaines. Aude, aujourd'hui, travaille sur un rythme de 25 heures par semaine, plutôt le matin, pour éviter la fatigabilité. Ses tâches sont très variées. Ça peut être du rangement, faire du contrôle de prix, du contrôle de rupture, de la réception, de la préparation d'opérations commerciales. Tout ça a pour but de lui montrer la diversité de ce qu'on fait dans la grande distribution, mais bien évidemment, d'acquérir une technique de travail et surtout de l'autonomie. Là, c'est au fond. Et je vais les avancer. Elle est curieuse et du coup, investie. Maintenant, il me faut beaucoup plus de temps à son égard pour apprendre, lui faire apprendre, l'éduquer, entre guillemets, au niveau professionnel, par rapport à une quelconque personne qui travaillerait avec moi. Je l'adore. Je m'entends bien avec lui. J'aime bien chez lui la confiance, le réconfort qu'il m'apporte, sa compréhension, sa gentillesse, sa sympathie. Il m'apporte beaucoup. Aujourd'hui, ni moi ni mon équipe ne voyons son handicap. On voit sa différence. Mais sa différence nous ouvre les yeux aussi sur plein de choses, sur la façon dont on se comporte. Et voilà. La trisomie, pour moi, c'est un mot, mais je ne vois pas ce qu'il y a derrière. Quelques difficultés, mais je ne pourrais pas l'expliquer. Après, je ne sais pas si la trisomie, c'est une seule formule, si elle est différente d'un individu à un autre. Moi, je connais Aude. Aude a toujours eu à cœur de suivre un parcours classique parce qu'en fait, étant la quatrième de la fratrie, elle a toujours voulu faire comme ses frères et sœurs, qui étaient assez brillants scolairement. Elle voulait suivre le même chemin qu'eux, donc ça l'a tirée vers le haut, elle a toujours voulu faire ça. Si elle avait préféré suivre une autre voie, n l'aurait écoutée. On l'encourageait, mais on ne l’a pas forcée. Mais ce qu'on lui proposait lui convenait, alors on a continué dans cette voie. Tu me diriges. -Quoi ? Je te dirige ? C'est à peu près ça. -Je pense que c'est ça. Oui, par là. Tu regardes la taille. Tu sais ranger par taille ? Normalement, oui. Je réussis avec mon handicap. C'est important pour moi et surtout pour maman, pour qu'elle soit fière de moi, surtout. Et ça, ça m'apporte beaucoup. Et ça m'aide à avancer.