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CHARLINE, ARTISTE

Charline a 28 ans. Sans être diagnostiquée autiste, difficile pour Charline de suivre un parcours scolaire classique. Après un passage en internat et en familles d’accueil, elle rentre en IME.Elle participe à des ateliers de danse, de chant et de cuisine. A 19 ans, elle enchaîne de nombreux stages. Après un parcours un peu chaotique, une assistante sociale lui parle de l’Esat Turbulences.

UNE VIDÉO PRODUITE PAR

Je m'appelle Charline. J'ai 28 ans et je travaille à l'ESAT des Chapiteaux Turbulents. Jusqu'à l'âge de 10 ans, j'ai été en famille d'accueil. Et après, j'étais à l'IMPro. Un IMPro, c'est une école pour enfants en difficulté. C'est... C'est pour aider... à s'intégrer pour plus tard, pour trouver un travail, après. Je faisais de la couture, je faisais du chant, je faisais de la danse, aussi. Ça se passait très bien. J'apprenais aussi à lire et à écrire. Avec les éducatrices, je faisais aussi un peu de cuisine. Après, elle a enchaîné différents stages qui ont plus ou moins marché, où elle faisait essentiellement de la cuisine. Mais comme la cuisine demande toujours, même en milieu protégé, un rythme très soutenu, Charline n'arrivait pas à suivre. Du coup, elle a cherché pendant pas mal de temps un endroit qui lui correspondait. C'est une assistante sociale qui connaissait les Chapiteaux Turbulents qui l'a orientée plutôt vers nous, comme elle avait quelques appétences artistiques. Elle a essayé la cuisine. On a vu que c'était trop dur pour elle, mais qu'elle avait ces appétences artistiques qui convenaient tout à fait aux Chapiteaux et pour Charline. Elle a besoin d'un espace de travail protégé, enfin, d'un espace protégé. On s'est rendu compte qu'elle avait des aspirations et que l'ESAT pouvait convenir et qu'on pouvait lui proposer un statut de travailleur dans le cadre de ce projet atypique, en fait, dédié à l'artistique. Je ne travaillais pas, avant. Je faisais que des stages, des stages... Ici, je suis payée. C'est très important pour moi. Au moins, ça me servira pour plus tard. Le fait de ramener, chaque mois, un salaire, une rémunération et d'avoir une fiche de paye, c'est très important pour la plupart. Ça surprend un certain nombre de familles qui ne pensaient pas qu'un jour, leur enfant aurait la possibilité d'avoir un statut, un statut qui s'apparente à celui du milieu ordinaire. En fait, on prépare des spectacles. Beaucoup de spectateurs viennent nous voir. On a aussi des événements... Avant les spectacles, on a des événements. On prépare les accessoires dont on a besoin. On travaille aussi sur les chants, sur les paroles de chansons. Ça nous arrive aussi de faire des costumes. Moi, je me vois très timide. Je suis quelqu'un de très timide et des fois, je le cache. J'arrive pas à le dire. Quand je sens que je suis très timide, je le ressens par rapport à mes émotions, aussi. Des fois, elles viennent toutes seules. Je l'exprime avec des larmes et des fois, avec la parole. Ce qui m'a vraiment frappé, dans son évolution, c'est la confiance qu'elle a pu prendre dans la relation à l'autre, qui était vraiment difficile. Elle a pu voir que la relation n'était pas dangereuse, qu'elle pouvait... faire confiance au cadre, aux personnes présentes. Je pense qu'elle avait peur de ce qui l'attendait ici. Je pense qu'elle était impressionnée par le cadre. Mais la danse a toujours été la question première. On a très vite vu qu'elle serait pour la danse. Dans ce corps qui était plutôt rigide, au début, lors d'un entretien... lors des entretiens avec le psychiatre, la psychologue et puis l'équipe pluridisciplinaire, on s'est dit que c'est par le corps que le travail allait se faire. La danse est ma passion depuis toute petite. J'en faisais quand j'étais petite. Des fois, c'est moi qui danse et des fois, c'est mon corps. Des fois, quand je parle, je parle avec mes propres moyens, comme la danse. Je m'exprime avec la parole et des fois, en dansant. Les mouvements viennent tout seuls. Quand je suis chez moi, je mets de la musique et je danse. J'écoute le rythme, j'écoute la musique et j'essaie de danser dessus. De temps en temps, je fais des chorégraphies dessus. Je me sens comme une danseuse. Son projet a beaucoup changé. Elle a trouvé sa voie, qu'elle doit encore creuser. Forcément, on doit toujours travailler. C'est vraiment une personne qui a beaucoup progressé. Maintenant, j'envisage sans doute de prendre mes responsabilités, de construire mon avenir. Construire mon futur, aussi. Je sais pas encore. Peut-être que petit à petit, ça va venir, aussi. Peut-être, avec le temps. Voilà. Je suis une jeune femme. Je m'appelle Charline. Je travaille. Et j'ai 28 ans. Voilà.