Noter la vidéo Nombre de vues Commenter NOTER LA VIDÉO NOMBRE DE VUES COMMENTER J’aime sur Facebook (nouvelle fenêtre)
Vu 1773 fois
OK
DESCRIPTION TRANSCRIPTION

AYMERIC, CONSEILLER COMMERCIAL

Aymeric a 25 ans. Atteint d’une agénésie de la main gauche il a toujours considéré son handicap comme un non sujet. Sa mère l’a toujours poussé à se débrouiller seul.

Je m'appelle Aymeric. J'ai 25 ans. Je suis conseiller commercial en Aquitaine. J'occupe ce poste depuis maintenant 2 ans et je travaille dans le secteur bancaire depuis plus de 6 ans. Actuellement, je suis en train de finaliser un diplôme en interne dans mon entreprise qui s'appelle le "bachelor", qui valide une équivalence à bac plus 3... afin de valider des connaissances et aussi des acquis, aussi bien personnellement que professionnellement, pour être plus en cohérence avec les solutions que je peux apporter à mes clients. Quand Aymeric était adolescent, c'était un adolescent comme les autres, très turbulent. J'étais souvent convoquée chez le CPE parce que les études ne l'intéressaient pas. Ce qui m'inquiétait le plus, c'était de savoir ce qu'il allait faire, parce que vu l'ado que c'était, qui s'intéressait surtout aux jeux vidéo ou au sport, énormément... Sorti de là, je me demandais ce qu'il pourrait faire. Je ne le voyais pas faire un métier manuel. Sans faire d'études, ça aurait été impossible, pour lui. C'était quand même assez inquiétant. Toutes les portes n'étaient pas ouvertes. Il fallait vraiment qu'il ait un métier autre que manuel. Effectivement, au niveau scolaire, au collège, j'étais un élève moyen. Il faut se l'avouer. J'avais 10 de moyenne en général, jusqu'à ce que j'arrive vraiment à mon stade de terminale, et même en première. Là, j'ai commencé à me spécialiser et à apprécier les matières que j'étudiais. Là, j'ai pu m'éclater, jusqu'au bac, que j'ai eu avec mention. La fac, c'était pas pour moi. C'est un monde où on est complètement lâché. J'ai besoin d'être encadré. Donc j'ai cherché vraiment... des études supérieures qui réussiraient à allier le plaisir et l'intérêt que j'ai vis-à-vis des entreprises. J'ai réussi à trouver une formation en alternance. J'ai fait de mon mieux. J'ai été embauché et j'ai validé mes exams, à partir de quoi ils m'ont proposé un CDI. Et depuis, "roulez jeunesse". Le boulot d'Aymeric consiste à gérer une clientèle de particuliers, essentiellement. Ce qu'on demande à Aymeric, d'abord, c'est la gestion de son portefeuille. Il doit être à même de savoir gérer ce qu'on appelle le risque, de savoir développer son portefeuille, et, en même temps, d'assurer différentes missions comme l'accueil en agence ou la participation en binôme à des entretiens patrimoniaux ou professionnels. Là où il a vraiment progressé, c'est sur le contact avec les autres. Je l'ai connu il y a maintenant 3 ans. Il était très emprunt, comme garçon, alors que maintenant, on sent qu'il a vraiment confiance en lui. Je sais pas si je peux dire si c'est réel ou pas, mais dans sa façon d'aborder les clients et de contacter les collègues, il s'assume à 200 %. On sent quelqu'un de plein d'allant, de bonne volonté, et c'est vrai que c'est positif. Ça dynamise une équipe. Un certain 21 juillet 1988, j'arrive, et, effectivement, petite surprise à l'arrivée... J'ai une agénésie de la main gauche. Ma main ne s'est pas développée. Au tout début, il y a le regard des gens. Après, on s'y fait. On fait abstraction des regards. Mais au début, ça a été un petit peu difficile, quand même. Il a fallu être honnête avec lui. Souvent, en se couchant, il disait : "Quand est-ce que ma main sera comme l'autre ?" Je lui disais : "Jamais, mon fils." Il y a des choses que je craignais qu'il n'arrive pas à faire : couper sa viande, se lasser les chaussures... Et tout ça, il a réussi à le faire, à force de volonté. Il a essayé, réessayé... Quand on l'a vu évoluer, après, on s'est moins inquiétés. Mon handicap ne m'empêche pas de gérer un dossier ni de téléphoner ou de parler à un client. Quand je parle avec les mains, je vois que les clients regardent et qu'ils sont curieux. Je ne me suis jamais mis de limite. Je fais mon job. À partir de là, on travaille comme 2 adultes. Sauf à tomber sur quelqu'un qui met ce point-là en avant, mais qui serait pas objectif par rapport à ce qu'on entend d'un engagement, je ne vois pas en quoi le handicap d'Aymeric freinerait l'évolution de sa carrière. Aymeric a toujours rigolé de son handicap. Ça lui passe au-dessus. Il a toujours fait avec, ou plutôt, sans. Et il se débrouille aussi bien que tout le monde. Il a toujours été autonome et débrouillard. En colocation, il faisait à manger autant que moi, il nettoyait autant. C'est pas un problème, pour lui. Il sait ce qu'il veut, vraiment. Il a des projets, des buts, et il se donne les moyens pour réussir. C'est une personne droite qui sait où elle va et qui va y arriver. Mon rêve le plus dingue ? Gagner l'Euro Millions, avoir une deuxième main... Non. C'est de continuer mon évolution. Pour l'instant, ça fait 2 ans que je suis conseiller. Je veux poursuivre tranquillement mon évolution, être capable de continuer à bien me former à mon métier pour répondre aux attentes des clients et continuer à évoluer le plus longtemps et le plus haut possible. Tant qu'on m'en donne les opportunités, j'avance.