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CITÉ ORIENTÉE - MÉLANIE, 17 ANS, FUTURE PROFESSEURE D'ESPAGNOL ?

Mélanie, 17 ans, en 1ère L, rêve depuis l’école primaire de travailler avec des enfants. Elle aimerait être professeur d’espagnol mais ne sait pas si elle saura faire preuve d’autorité sur une classe.

Je m’appelle Mélanie, j’ai 17 ans et j’habite à Asnières dans les Hautes Seines. J’habite avec mon père, ma belle-mère et mes deux demi-frères. Mes parents ont divorcé quand j’étais petite. Ma maman est cadre dans une banque et mon papa est cadre SNCF. Il me semble qu’il voulait faire prof. Asnières, je ne connais pas trop parce que je ne sors pas énormément. Les seuls moments où je sors, c’est pour sortir mon chien. Par contre à la Garenne, j’ai tous mes amis. On va sortir, on va aller manger un grec. Pas forcément, faire quelque chose, juste le fait d’être tous ensemble, ça nous suffit. En dehors de l’école, le jeudi soir, j’ai 1h30 de modern jazz. Quand j’étais petite, je voulais être maîtresse. Je sais que dans ma chambre, mes parents m’avaient acheté un tableau et avec ma petite sœur j’adorais jouer à la maîtresse. Je lui donnais plein de devoirs, d’exercices. Je suis en première L au lycée Paul Lapie à Courbevoie. Anglais en LV1, espagnol en LV2. L’espagnol m’a plu dans un premier temps en 4ème comme c’était une nouvelle langue, je la trouvais intéressante. Ensuite, j’ai un peu décroché et à partir de ma deuxième année de seconde, ça m’a vraiment motivé. Je me suis beaucoup plus investie. Plus tard, j’aimerai bien être professeur d’espagnol. Il n’y a aucune connexion, personne dans ma famille n’est d’origine espagnole, ni d’Amérique du sud. Si prof d’espagnol, ça ne marche pas, en dernier recours, prof en élémentaire. Traductrice ou interprète, voir dans le tourisme, non ça ne me plaît pas, je veux vraiment apprendre aux autres. Les questions que j’aimerai bien poser au professeur d’espagnol, déjà, combien gagne-t-il ? Quel est le temps de préparation des cours chez soi ainsi que la correction des copies ? Lorsqu’on rentre dans la vie active, comment ça se passe, est-ce qu’on bouge beaucoup ou a-t-on un emploi tout de suite ? Si non, faut-il attendre ? Je voulais me renseigner au sujet du rapport aux élèves, faut-il être très autoritaire ou autoritaire mais en étant un peu cool. Mon pire cauchemar, ce serait que dans ma classe, ce soit l’anarchie. Je pense à ma prof d’espagnol de 4ème. Elle savait tenir sa classe. Il n’y avait pas une mouche qui volait dans son cours. Mais, sinon, elle n’a jamais crié de toute l’année. Elle nous le disait une fois, on arrêtait. Comment peut-on faire la même chose ? PHILIPPE (Père de Mélanie) Elle a un côté social très développé. On la voyait bien dans les métiers de l’enseignement ou dans des métiers d’aide à la personne. Des métiers où l’on a un contact avec les gens. Je vois 3 phases vraiment, la Mélanie petite fille jusqu’à ma séparation avec ma première épouse où c’était un peu dur pour elle, même si elle ne l’a jamais vraiment montré. Une séparation pour les enfants, ce n’est jamais facile, elle a dû en souffrir à un moment donné. Ensuite, je verrai une deuxième phase pratiquement de la 6ème à aujourd’hui où c’était la Mélanie pas rebelle, pas méchante mais qui ne travaillait pas. Sans être des parents fouettards, on a quand même serré les vis de plus en plus. Et puis jusqu’à sa première seconde ça a été comme ça sans qu’on voit de réelle évolution. Elle l’a redoublé. Depuis cette année en première, on sent une évolution positive. Elle change, peut-être qu’elle murit aussi. Elle a l’air de plus savoir ce qu’elle veut faire. Elle a l’air bien décidé à faire prof d’espagnol, elle a l’air motivé. Elle travaille mieux parce que comme elle m’a toujours dit, elle n’a plus les matières parasites qui l’embêtaient comme les maths, la physique. Je mettrai la 3ème phase depuis le début de l’année. Finalement, je pense que ce métier de prof lui conviendrait bien. On fera de notre mieux pour l’aider dans son projet. Mélanie a le projet d’aller faire fille au pair en Espagne, ce sera peut-être l’occasion d’aller un peu plus en Espagne. MADAME LIPS (Professeur d’espagnol de Mélanie) Mon premier souvenir de Mélanie n’est pas très net, il remonte à deux ans et demi. A l’époque, elle était assez discrète, je pense un petit peu immature comme tous les élèves de seconde. Ensuite, il y a eu un grand changement quand elle a recommencé cette année de seconde. Elle n’était plus la même. Elle a pris conscience qu’elle n’avait pas été sérieuse pendant un an et qu’il fallait que son attitude change radicalement. Déjà, ça s’est vu dans son attitude en classe. Elle prenait vraiment la parole, évidemment je n’aurai pas pensé que ça voulait dire qu’elle souhaitait être professeur d’espagnol, mais en tout cas, elle participait beaucoup. Elle s’est mise à apprendre ses cours. Elle était très sérieuse. Un jour, elle me l’a dit qu’elle souhaitait être professeur d’espagnol. En ce qui concerne la profession, elle est encore jeune, je pense qu’elle a beaucoup de qualités pour être enseignante. C’est quelqu’un qui est très dynamique, qui est soucieuse des autres, qui est bienveillante et qui aime l’espagnol. Comme son envie d’enseigner l’espagnol est née au lycée, peut-être qu’elle aura envie de transmettre cette vocation aux autres. C’est une personnalité très tranchée, pas de demi-mesure, je pense effectivement qu’elle aime et quand elle aime, ça se voit. Quand elle n’aime pas, ça se voit aussi. Il faudra qu’elle fasse attention à ça parce qu’il faut quand même rester assez neutre, c’est évident. Elle m’a fait part de son intention de partir comme fille au pair après le bac. Moi, je lui ai déconseillé de partir tout de suite après le bac. Il vaut mieux avoir un bagage universitaire, la licence par exemple et partir ensuite. COLLEGE EVARISTE GALLOIS (Paris) On est au collège Evariste Gallois à Paris dans le 13ème arrondissement. Je viens faire mon stage. Je vais assister à un cours d’espagnol avec Madame Pini et sa classe de 5ème. Honnêtement, je ne sais pas parce que c’est une classe que je ne connais pas, je risque d’être un peu timide. J’ai peur de me tromper comme je ne connais pas tout donc je vais hésiter à prendre la parole devant la classe ou à répondre à une question posée par la prof. Je ne veux pas les embrouiller, leur faire apprendre de mauvaises choses. Vis-à-vis d’elle, je veux faire prof d’espagnol, si je me trompe… MADAME PINI (Professeur d’espagnol) Qu’est-ce-que tu as pensé de la séance que tu as observé aujourd’hui ? Je trouve que c’est une séance très intéressante parce que ce sont les élèves qui ont participé. Vous étiez assise, vous avez juste écouté leur intervention. Ils y mettaient vraiment du cœur parce que c’était un travail qui leur plaisait. Ce n’était pas un cours magistral. Vous étiez aussi très intéressée par ce qu’ils racontaient. Vous êtes passionnée par votre métier, par le travail réalisé et les élèves ont porté un réel intérêt au devoir qu’ils devaient faire. Moi, je me suis mise à leur place quand ils ont fait les exposés. Je me suis assise à leur place. Tu verras quand tu apprendras le métier qu’occuper l’espace et les mettre au tableau, c’est assez important. Je voulais savoir quelle attitude il fallait adopter vis-à-vis des élèves, que ce soit l’attitude du prof cool ou le prof hyper sévère, stricte. Effectivement, il faut trouver le juste milieu entre être trop autoritaire et trop laxiste parce que sinon tu te fais marcher sur les pieds très rapidement. Mais si tu es trop autoritaire, tu peux te mettre la classe entière à dos. Il faut vraiment savoir équilibrer et faire en fonction de ta propre personnalité aussi. L’autorité, c’est un tout. Ce n’est pas parce que tu élèves la voix que tu vas être autoritaire. Si tu demandes à un élève ce qu’évoque pour lui un bon prof, il te dira et j’en ai fait l’expérience parce que je leur ai demandé plusieurs fois, il te dira que c’est un prof avant tout juste. Pour être prof, on le dit souvent, c’est un métier à vocation. C’est une réalité, c’est un métier qui n’est pas facile. Par expérience, avant j’étais titulaire sur zone de remplacement, c’est-à-dire que je n’avais pas un poste fixe. Ça fait 8 ans que je suis ici, mais avant j’étais un peu dans tous les établissements sur Paris. J’ai tourné pendant 4 ans et du coup j’ai pu voir aussi différents collègues. Et je peux me permettre de dire que si tu n’aimes pas ce métier, si tu le fais par contrainte, tu vas vivre un enfer. Donc si tu veux vraiment le faire, va falloir que tu t’accroches parce que ce sont des études longues et c’est un concours qui est difficile à passer. Tu parles à quelqu’un qui est passionné, pour rien au monde je ferai autre chose, je suis ravie de faire ce métier, mais il y a des moments qui sont difficiles, il faut en avoir conscience. Je vous rassure, ça se voit que vous êtes passionnée. En tant que prof, est-ce qu’on fait aussi de l’éducation en plus de l’enseignement ? Oui. Je ne sais pas si tu t’en es rendu-compte à travers la séance, d’autant plus quand tu es avec un public de collégien, tu passes beaucoup de temps à la discipline, alors qu’au lycée ce serait peut-être différent. Personnellement, c’est pour ça que j’aime bien le collège, j’aime bien cette partie d’éducation. Ce que je voulais faire après le bac, c’est passer ma licence en espagnol pour ensuite partir 1 an voir plus soit en Espagne soit en Amérique latine. J’aimerai bien partir au Guatemala, parce que je sais que ma mère y est allée et qu’elle a adoré, pour être totalement immergé. Ensuite revenir en France et commencer mes études de prof pour devenir prof d’espagnol. Si je peux revenir sur mon propre exemple, c’est exactement ce que j’ai fait. J’ai fait ce que tu vas faire, c’est-à-dire une fac d’espagnol. Tu vas faire LLCE espagnol, Langue Littérature et Civilisation Etrangère. Mon année de licence, je l’ai passé aux Canaris parce que j’ai eu la possibilité de partir comme Erasmus. Ensuite, je suis revenue et je ne me sentais pas de passer le concours. Je suis partie 1 an comme assistante de langue dans un lycée avant de revenir en France et de passer le concours. Tu as quand même plusieurs possibilités qui s’offrent à toi. Après que tu veuilles partir au Guatemala, pourquoi pas, mais tu feras aussi en fonction de ce qu’on te propose. Tu as aussi la possibilité de partir comme fille au pair. Je t’encourage vivement de partir au moins 1 an avant de passer ton concours. C’est ce que la plupart de mes collègues ont fait. Je dirai même que c’est une obligation. Ce que j’ai trouvé de vraiment intéressant c’est que la prof s’est assise à la place des élèves qui passaient et non à son bureau. Quelque part, les élèves étaient confiants parce qu’elle se mettait à leur niveau. Elle les poussait vers le haut au lieu de se mettre à la place d’un jury, « je suis là pour vous examiner, attention à ce que vous dîtes sinon… » Je ne pense pas qu’elle m’ait appris grand-chose, mais en tout cas elle m’a conforté dans l’idée de partir parce qu’elle m’a dit que c’était très conseillé. Je vais rester sur ma position et je vais partir à l’étranger. Après, comme elle m’a dit, je peux m’ouvrir à l’Amérique centrale, ne pas rester cibler sur l’Espagne. Par rapport aux études, forcément, ça m‘inquiète parce que si elle dit que c’est long, difficile. En plus, je connais mon petit côté flemmard. Après je me dis si c’est vraiment ce que je veux faire, il n’y a pas de raison que je ne me donne pas les moyens et que je n’y arrive pas.