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CITÉ ORIENTÉE - MAGALY, 17 ANS, FUTURE DOMOTICIENNE ?

Magaly, 17 ans, en CAP électricité aimerait devenir domoticienne. Seule fille de sa classe, elle veut démontrer aux garçons qu’elle est aussi compétente qu’eux. Son rêve : créer une entreprise 100% féminine.

Je m’appelle Magaly, j’ai 17 ans et j’habite à Anthony. Mon père a été routier toute sa vie et ma mère travaille dans une usine qui fait des produits de canard. Je suis née à Avignon dans le Vaucluse. Ensuite, nous sommes partis vivre dans les Landes à Bats. Ensuite, à mes 16 ans, je suis venue vivre ici. Nous sommes dans le 92 à Anthony en Ile de France. J’habite avec ma belle-mère et mon copain. Mes rapports avec ma mère n’étaient pas très faciles donc je lui ai proposé de me faire émanciper comme ça je pouvais partir en Ile de France et je pouvais faire tous mes papiers toute seule. J’ai pu m’inscrire au code, m’inscrire au CFA, ouvrir mon compte bancaire toute seule. Du coup, je peux faire tous les actes civils d’une majeure toute seule. J’aime bien la campagne, le soleil, ici c’est la ville et il n’y a pas de soleil. J’aimerai plutôt vivre dans le sud du côté du Mont Ventoux. Quand j’étais au collège, je voulais devenir maître d’hôtel et travailler dans les grands restaurants à l’étranger. Donc, j’ai fait un stage dans un bon restaurant et ça m’a vite ramené à la réalité du métier, c’est beaucoup de ménage, beaucoup de nettoyage. La vie privée est mise de côté. C’est en faisant des rénovations d’appartement avec mon copain que j’ai voulu être électricienne parce que ça m’a beaucoup plu. Je suis en première année de CAP électricité au CFA de Rueil-Malmaison. Je compte finir ma deuxième année, obtenir mon CAP et ensuite faire un Brevet Professionnel (BP). Dans ma classe, on est 14 et je suis la seule fille de mon CFA à faire un CAP électricité. La domotique m’intéresse car c’est d’actualité. Les gens aiment pouvoir tout commander avec un seul appareil. Ça m’intéresse de pouvoir évoluer en même temps que la société donc j’aime bien l’idée de pouvoir poser ça chez les gens parce que ça leur améliore la vie. J’aimerai bien savoir s’il faudrait une formation spéciale pour la domotique parce que c’est différent d’installer une simple ampoule et un interrupteur. Existe-t-il des entreprises qui ne font que de la domotique ou peut-on mélanger les deux ? Plus tard, après mon BP, j’aimerai bien travailler pour acquérir de l’expérience et une fois mon expérience acquise, j’aimerai bien ouvrir une entreprise d’électricité ou tous corps d’état où il n’y aurait que des filles. Ce serait original et je pense que ça plairait aux gens. Pour rentrer dans le métier du bâtiment, il ne faut pas forcément être un garçon manqué, avoir des bras qui font la taille de vos tibias. C’est un métier où il faut aimer travailler avec les mains mais aussi avec la tête donc c’est dur, c’est physique. Il faut savoir avoir mal aux pieds, se lever tôt le matin, rentrer tard le soir, quand on aime son métier, c’est un peu comme des vacances. Quand je vais au travail, j’y vais avec le sourire. NICOLAS SOARES (Compagnon de Magaly) Magaly a essayé plusieurs métiers pendant le chantier. Elle a essayé la maçonnerie. Elle a essayé le carrelage, l’électricité, la plomberie avec moi puisque je suis plombier-chauffagiste. Je pense que l’électricité est le métier qui lui convient le mieux que ce soit au point de vue du poids des charges. Magaly a l’ambition de créer une entreprise féminine, c’est une très bonne idée. Je pense que je l’aiderai. De plus en plus de femmes ou d’adolescentes s’intègrent dans un monde d’hommes, c’est une bonne chose car elles ont une autre vision et une autre façon de conseiller les clients. PATRICK GOMEZ (Directeur du CFA du bâtiment Rueil-Malmaison) Magaly est une jeune femme qui est arrivée il y a 12 mois chez nous en nous demandant de suivre une formation en électricité. Nous avons quelques jeunes filles au sein de l’établissement, elles sont 5. Il ne faut pas se cacher, c’est très difficile aujourd’hui de positionner des jeunes filles en entreprise. Donc, il faut féliciter les entreprises qui osent embaucher des jeunes filles par le biais de l’alternance et par le biais de l’apprentissage. L’intérêt d’avoir une jeune femme, comme Magaly, dans une classe est un intérêt positif pour l’équipe pédagogique. Tout simplement, parce qu’avoir une apprentie au sein d’un groupe permet de tirer le groupe vers le haut. Les jeunes femmes qui viennent s’inscrire ont envie de réussir. Ce qui ne veut pas dire que les garçons n’ont pas envie, mais la motivation est beaucoup plus importante chez les jeunes filles que chez les garçons. Magaly sera très certainement demain une actrice de la domotique. Elle en a envie, elle a envie de réussir. Elle a envie de briller vers cette situation-là, d’être une salariée à part entière. Cette jeune fille a aujourd’hui un potentiel d’anticipation et c’est très intéressant puisque demain son métier va évoluer. Plus tard peut-être, je lui souhaite de devenir une chef d’entreprise liée à la domotique, à ces évolutions qui feront que demain nous aurons des bâtiments intelligents. ARNAUD CAUJOLLE (Electricien) Ici la boutique, c’est de la domotique avec des micros modules. Ça nous évite de passer des câbles partout donc on travaille sans fil. Il y a de la domotique avec du fil, c’est une domotique qui est quand même beaucoup plus poussée. Le problème, dans des appartements anciens, si on veut faire de la vraie domotique, nous devons éventrer l’appartement. Tu vois bien quand on fait de l’électricité, on passe beaucoup de fils, c’est pour cette raison que nous travaillons de plus en plus sans fil. C’est fiable, c’est rapide, ça fait peu de dégât et c’est l’avenir. Est-ce que la domotique a de l’avenir par rapport aux clients ? Est-ce que le prix peut les freiner ? La domotique, pour moi, c’est l’avenir. La domotique sans fil est le top. Quand on a passé la boutique en domotique, je pensais qu’on allait cartonner un peu plus et je m’aperçois que les clients sont assez freinés. Ils sont freinés effectivement par le prix, c’est en train de baisser parce que ça évolue extrêmement vite. J’ai vu des chantiers tout en domotique, c’est vrai que c’est marrant, c’est assez sympa. Il y a une panne, l’électricien ne doit plus rentrer dans l’appartement ou dans la maison. Il va tout gérer à distance avec son ordinateur, c’est assez incroyable. En fait, les électriciens purs et durs qui se salissent, un jour ou l’autre, vont disparaître. Non, parce qu’il y a quand même un travail en amont. Mais une fois que l’installation est faite, les diagnostiques sont beaucoup plus rapides. En cas de panne, les réparations peuvent être plus rapides aussi. Pourquoi tu t’es lancée dans le bâtiment ? Mon copain m’a fait découvrir le bâtiment puisqu’il est dedans, son père aussi, mon frère aussi, enfin toute ma famille. Ça m’a vraiment plu. J’ai touché à tous les corps de métier. C’est l’électricité qui m’a vraiment plu, ça a été un déclic. Et je me suis dit pourquoi ne pas faire électricienne si je peux. Je suis partie à Paris pour apprendre le métier. Après mon CAP, j’aimerai faire un brevet professionnel et pourquoi pas continuer ensuite en bac. Et ouvrir mon entreprise après 10 ans d’expérience je pense. Ouvrir ma société, tous corps d’état, seulement avec des femmes. Peut-être un secrétaire homme pour inverser les rôles. Monter ton entreprise, c’est bien. Des heures, tu vas en faire beaucoup plus que ce que tu fais aujourd’hui. Ça vous ne le voyez pas, mais le soir tard je suis encore au bureau parce qu’il faut faire les factures, les devis, il y a les rendez-vous de chantier. Ensuite il y a tout ce qui est administratif, c’est quand même très lourd. Et puis, il y a tout le social, les fiches de paie, faire les préparations, envoyer ça au cabinet. Des heures, il y en a énormément pour que ça puisse tourner. Est-ce que vous pensez que le mieux c’est de faire des études ou quand vous engagez quelqu’un vous regardez l’expérience et non les diplômes ? Quand je recrute quelqu’un, je ne regarde pas forcément l’expérience. Déjà, tu as une période d’essai. Tu vas voir tout de suite si la personne fait l’affaire ou pas, si elle connait son métier ou pas. Je pense que c’est pas mal de bien pousser. En plus, ça risque de t’ouvrir aussi des portes différentes et tu te diras peut-être que tu vas arriver à des postes importants parce qu’il y a un peu de tout en électricité. Le plus d’étude possible, c’est quelque chose qui te servira toujours. Dans les fiches de paie, tu as des niveaux, tu gagnes différemment en fonction des études que tu as faite. Donc, pousse dans les études si tu peux. Etre en apprentissage en alternance, c’est valorisant parce qu’on fait de la théorie et de la pratique. Ça nous permet d’avoir une expérience dans les deux. Etre dans une entreprise tous corps d’état, ça m’a vraiment permis de m’apercevoir que c’est vraiment l’électricité que je veux faire. J’ai pu toucher à tous les autres métiers. Il m’a montré la domotique dans la boutique. Je trouve ça intéressant, c’est sans fil, c’est avec fil, ça dépend de la domotique que l’on choisit. Je trouve que c’est quand même un peu trop facile. Je pense qu’être chef d’entreprise est très compliqué. Tout seul, je lui tire mon chapeau. J’aimerai bien être un patron présent sur les chantiers, avec les ouvriers pour voir ce qu’ils font et être avec eux. Et une autre personne qui s’occupe de trouver les clients, de faire les devis, comme ça, ça permettrait de faire les deux en même temps. L’année prochaine, je pars dans une nouvelle entreprise à partir de septembre. J’espère que grâce à eux, je vais apprendre l’électricité pure et dure.